Tous, d’un même coeur

« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus , et avec ses frères » Ac 1, 14.

Aujourd’hui dernier dimanche du temps pascal, Jésus est parti au ciel vers le Père, les Apôtres se retrouvent dans la solitude et le vide comme ils l’ont déjà expérimenté au moment de la mort en croix du Maître.

Mais leur solitude est habitée d’une double expérience celle de la présence terrestre de Jésus et celle si particulière de la résurrection. Il n’est pas difficile d’imaginer tout ce qui peut leur passer par la tête, aussi bien dans leur histoire collective, groupe des douze, que dans leur histoire personnelle.

Je pense particulièrement à Pierre : à sa proclamation de foi en Jésus, son émerveillement à la Transfiguration, son reniement et sa déclaration d’amour inconditionnel lors d’un dernier dialogue avec Jésus ressuscité. Et encore à la douce présence de Marie, sans doute apaisante au milieu des souvenirs qui s’entrechoquent dans la tête de tous, elle aide, car elle en a fait l’expérience, à vivre ce temps qui s’ouvre plein d’inconnus : comment aller porter cette Bonne nouvelle au monde entier, pour accomplir les dernières volontés de Jésus réaffirmées au moment de son Ascension ?

Dans ce temps de grande vacuité, non seulement liturgique, mais encore sociale crée par la crise sanitaire, réentendre la prière de Jésus à son Père, pour essayer d’entrevoir quelle sera la vie d’après pour chacun des futurs témoins de la vie, la passion et la résurrection de Jésus, peut éclairer nos pas et assurer notre marche incertaine.

Se réapproprier ces mots si denses de sens, un testament spirituel pour ancrer définitivement en eux l’assurance que Jésus est venu d’auprès du Père pour que « tout être de chair » reçoive la vie éternelle. « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ ». La prière de Jésus est encore plus explicite : Moi, je prie pour eux, ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi ».

Un dimanche qui rejoint singulièrement, l’aujourd’hui de chacun, nous ne savons rien ou presque de l’avenir qui nous attend personnellement et en Eglise, dans ce monde de l’après pandémie que nous venons de vivre. Une chose est sûre nous devons changer et traverser la crainte qui voudrait nous saisir ; mais la prière de Jésus nous invite à vivre entre mémoire et espérance, continuité et peut être rupture pour reprendre inlassablement le chemin qui conduit au bonheur, la rencontre du Père.

Il me semble qu’il est bon et c’est ma conviction, en ce moment, où l’Esprit nous est promis de s’accrocher aux paroles de Jésus, là seulement est l’unique espérance de voir que la vie n’est pas terminée, le chemin n’est pas disparu, la mission est toujours là et qu’il est possible de balbutier au plus profond de nous-même, « Abba, je viens vers toi ».

Dans un contexte bouleversé je crois que les relations tissées au jour le jour, dans la confiance, le respect et la douceur de la foi partagée quand c’est possible, sont préludes de cette vie éternelle auprès du Père.

Encore une fois Jésus ressuscité, glorifié dans ton ascension auprès du Père Envoie à ce monde que tu aimes tant ton Esprit Saint !

Monique Colrat op  

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