Une main tendue

Après l’Evangile de la multiplication des pains, la Parole de Dieu ce dimanche nous invite à méditer sur la main tendue que Jésus offre à Pierre. Après que la foule a été rassasiée, elle cherche Jésus parce qu’il lui avait donné à manger. Les disciples, ceux qui étaient les plus proches de Jésus, ne pouvaient pas comprendre la façon d’agir de leur maître.

Jésus part seul. Peut-être veut-il  prendre un moment de vis-à-vis avec son Père ? Mais peut-être désirait-il aussi mettre de la distance avec ses disciples. Leur laisser la possibilité de partager entre eux, de ressentir l’effet produit en chacun par le miracle dont ils venaient d’être témoins.

L’image de cette barque qui s’éloigne est pour moi le signe d’un appel fait aux disciples de s’éloigner de leurs certitudes ; de prendre le temps du discernement, pour accueillir le message de l’évènement de la multiplication des pains qu’ils venaient de vivre.

Jésus viens vers eux. L’Evangile précise que c’était vers la fin de la nuit à la quatrième veille, au petit jour. C’est le moment où, entre « chien et loup », on  n’arrive pas à distinguer, à faire la différence entre les choses.

Jésus vient vers ses disciples. Il marche sur les eaux. Ses disciples voient un fantôme, une apparition surnaturelle d’un mort ! Ils sont effrayés. Jésus leur parle. Il les rassure : « Courage, c’est moi, n’ayez pas peur ».

Alors Pierre ose se lancer ce défi « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne que je vienne près de toi ». « Si c’est bien toi », Pierre a besoin d’être convaincu de la véritable identité de celui qui leur parle ; sa confiance n’est pas aveugle. « Viens », c’est la réponse sans ambigüité, de Jésus. Alors Pierre sauta le pas et marche vers Jésus manifestant, dans un premier temps, une intrépide assurance.

Mais très vite, la fureur des éléments de ce lieu de mort qu’est la mer, a raison de sa foi. Devant l’anormalité de la situation, la frayeur reprend le dessus..

Alors il crie,  comme Jonas le fit en son temps coulant au fond de la mer. « Seigneur, au secours ! ». A ce cri, Jésus tend la main et le rattrape : « Homme de peu de foi ! ». Le cri de Pierre est pourtant un cri de foi à l’adresse de celui qui pouvait, dans l’urgence, le sauver ; mais comptant sur lui-même pour marcher sur l’eau, peut-être n’avait-il pas compris que sans Jésus, il n’y a pas de salut possible. Pierre a besoin de temps pour connaitre, accueillir et comprendre le message et la personne de Jésus. Il doit continuer à mettre au clair dans sa vie l’image qu’il a de Jésus. Son cheminement avec lui devra le conduire à dire « vraiment tu es le Fis de Dieu », non pas parce que Jésus l’a sauvé des eaux, mais parce qu’il a découvert que celui qui lui tend la main est celui seul qui peut le « sauver ».

Dans ma vie, et même après des années de consécration, de temps de prière… j’ai expérimenté comme Pierre des élans de certitudes où je crois tout pouvoir faire, supporter, assumer seule, où c’est ma raison qui l’emporte… et comme Pierre, des moment de foi en celui qui me tend la main et qui «  me sort du gouffre des eaux », comme le dit le psaume.

Jésus me rappelle, que dans ma relation avec Lui, si le doute s’insinue, je dois être attentive à toujours prendre la main qu’il me tend dans la médiation de sa parole, des sacrements , mais aussi des  médiations  humaines.  Soyons conscients que la main tendue de Jésus passe par notre relation avec les autres. Soyons une  main tendue les uns vers les autres,  et accueillons avec humilité la main que les autres, au nom de Jésus, nous tendent.

Soeur Amanda Mancipe

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