Car ma maison s’appellera « Maison de prière pour tous les peuples ».

« Seigneur, viens à mon secours ! » Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens ».

Ce n’est pas un hasard si ce récit de l’évangile se situe entre deux  multiplications des pains : Mat.14, 13 et Mat. 15,32.  Dans Jn 6,34,après la multiplication des pains,  Jésus  annonce : « Je suis le pain de vie ». Cela la femme cananéenne l’a  déjà deviné. C’est pourquoi elle a cette réponse désarmante et tellement juste  dans sa  simplicité : « Oui, Seigneur, mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ».  Jésus est précédé par sa réputation de guérisseur messianique : Seigneur, Fils de David ! ». Et la cananéenne sans aucune retenue, poussée par la souffrance dont elle voudrait être libérée pour sa fille et elle-même, en dépit des rebuffades qu’elle reçoit de la part  des disciples et de Jésus lui-même, crie…affirmant,  par cela même, sa foi en lui et son espoir d’être entendue. Elle se prosterne. Elle  montre  ainsi que de lui seul peut venir son salut, lui en qui elle  reconnaît,  par cette attitude, le bon Maître dont elle souhaiterait  partager la table.

L’émotion de Jésus s’exprime à travers son cri d’admiration: « Ô femme, grande est ta foi ! ».

Quelle aventure pour Jésus ! Après une controverse avec les pharisiens et les scribes, le texte dit qu’ « il se retira dans la région (païenne) de Tyr et de Sidon ». On peut penser qu’il voulait mettre un peu de distance d’avec ses détracteurs et prendre du repos. Mais ce fut le lieu, d’un changement  providentiel  de regard sur sa mission divine.

Isaïe l’avait prophétisé : « Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur …je les comblerai de joie dan ma maison de prière… » Es 56,7

Comblée, oui ! Au lieu de miettes qu’elle réclamait,  la païenne reçut le pain des enfants, Jésus lui-même, qui lui apporte l’amour du Père. Il la   restaure ainsi,  elle et son peuple, dans l’amitié avec le Dieu de l’Alliance, Ce Dieu qui nourrit, guérit, qui ressuscite en redonnant la joie de vivre.

L’humilité du Christ a rencontré l’humilité de la cananéenne ; rencontre merveilleuse, prémisse parmi d’autres, d’une aube nouvelle pour l’humanité.

Aujourd’hui, ce texte nous touche dans les profondeurs encore paganisées de notre être solidaire  du monde tellement « malmené par le démon » Mat. 15,22.

« Jésus, toi la Vérité révélée, vers toi nous venons demander la guérison de nos maux, de nos blessures, de notre péché. Entends  nos cris  montant du creux de nous-mêmes et du cœur de notre monde, à travers celui de la cananéenne : « Seigneur, viens à mon secours ».

 

                   Sœur Viviane

 

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