Avons-nous changé ?

Avons-nous changé ?

Question qui me poursuit au creux de ces mois difficiles, douloureux. Avons-nous changé, appris dans pareille épreuve ?

« Avez-vous changé ? Vivre de mon évangile vous transforme-t-il ? » Telle pourrait être la question de Jésus à la lecture de cette page d’évangile dérangeante. Page écrite en contexte de persécution, quand il faut choisir, radicalement.

Radicalement, voilà bien un adverbe dérangeant. Dérangeant car usé et abusé par toutes les dérives sectaires et leurs violences, qui sous ce prétexte peuvent « décerveler » les meilleurs et entraîner vers de la mort ceux qui désiraient juste « perdre leur vie à cause du Christ » car « il les avait saisis », comme un feu intérieur.

Comment lire alors un tel texte ? Nous qui aspirons à la reconnaissance sociale et l’approbation des nôtres, nous sommes pris à contre-pied par cette page qui nous rappelle avec force, rudesse même, que le Christ ne suscite pas l’assentiment ni la bienveillance, et que plus nous nous attachons au Christ et prenons au sérieux notre nom de chrétien, plus l’opposition peut être grande. Y compris au cœur de la cellule de base de nos sociétés, la famille.

Non qu’il s’agisse de ne pas aimer les siens. Mais nous pouvons être enfermés dans les projections de nos familles, leurs désirs, leur idéal pour nous. Empêchés alors d’aller à notre propre vie, ailleurs, risquée, incertaine. Il s’agit d’interroger le cœur de notre existence : en qui est-il ancré ? Qui anime notre vie, au plus intime ? Non un système, non un gourou, mais un homme qui rend libre puis passe son chemin. Un homme, mis en échec, l’échec de la croix.

« Prendre sa croix » n’est pas un dolorisme morbide d’un petit dieu sadique. Non, prendre sa croix, c’est suivre le chemin du maître et serviteur, dans le refus de la haine, dans l’annonce d’une bonne nouvelle pour les délaissés, car la croix du Christ est devenue l’arbre de vie. Prendre sa croix, conséquences de l’engagement en faveur du Christ et de son évangile. Prendre sa croix, c’est la planter dans toutes les situations qui paraissent sans issue, sans espérance ni joie de vivre. Prendre sa croix, c’est prendre avec le Christ la décision de vivre, avec ce que la vie charrie avec elle de bonheur et de douleurs.

Au temps de l’épreuve, comme celle de traverse le monde et chacun aujourd’hui, vivre de la confiance non en un clan, si affectueux soit-il, mais de la confiance au Christ qui ne peut nous délaisser dans le malheur. Il ne va pas nous en tirer par magie. Mais croire de toutes nos forces qu’il nous donne le courage de parcourir le chemin de la vie, malgré tout. En Christ il n’y a plus tant des pères et mères, fils et filles que des sœurs et des frères adoptifs de l’unique fils unique. Des amis de l’époux hors de toute appartenance ethnique, culturelle. C’est dans cette nouveauté de l’Évangile que les évêques du Rwanda ont écrit après le génocide qui a décimé leur pays : « Notre appartenance au Christ est-elle plus forte que notre appartenance ethnique ? »

Le Christ implore que nous puissions aimer en vérité, en justesse d’humanité. Et chacun le sait, ce voyage-là n’est pas sans peine. Voyage majuscule, bouleversant, qui s’affronte à ce qui fait mourir, à ce qu’il faut quitter, avec pour bagage ce minuscule essentiel, « quiconque donnera rien qu’un verre d’eau fraîche », celui-là accomplit tout l’Évangile.

Véronique Margron op.

 

Commentaire pour La Vie. 

Une belle conclusion de ce discours de Mission

Mat. Ch. 10 v. 37 à 42

En ce dimanche du temps dit ordinaire, nous voici à la conclusion du discours apostolique écrit par l’Evangéliste Mathieu, où il nous est redit d’une façon nette, sans ambages, d’aimer, d’aimer DIEU en premier et d’essayer d’aimer les humains dans cette lignée, de ce fait, de se renoncer à soi-même afin d’être digne du CHRIST !

Mathieu, comme disciple du CHRIST l’a déjà suivi depuis un temps et peut nous dire ce qu’il a connu de Celui-ci, les prodiges, les guérisons qu’il a fait, sa prédication, ses enseignements et c’est à la suite de ce vécu avec JESUS et les autres, que de disciples, ils peuvent être APPELES pour être APOTRES !

Une étape importante ! Au verset 1 du Chapitre 10, JESUS appelle les 12 disciples, « Il leur donne pouvoir et puissance sur les esprits impurs de façon à les chasser et à guérir toute maladie et toute langueur. » Et voici que les noms sont donnés à entendre et Mathieu nous souligne bien que parmi les autres il était publicain, donc de ce fait pas le parfait correspondant à la loi.

Et c’est de suite après l’Appel : «l’Envoi ».  « Partez et en partant : Prêchez et dîtes que le Royaume de DIEU est proche, guérissez les malades, réveillez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons… » et JESUS leur donne des consignes : ne vous chargez pas de choses superflues pour ces étapes que vous aurez à faire, mais n’oubliez pas de donner la PAIX à ceux qui vous accueillerons, et puis si on ne vous accueille pas, qu’on n’écoute pas vos paroles, que cette PAIX vous revienne.

« Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups… Ne vous inquiétez pas de ce que vous direz, l’Esprit vous sera donné et parlerez pour vous…. N’ayez pas peur ! Confessez mon nom sans crainte ! Ne craignez pas, vous valez mieux que beaucoup de moineaux… » Ne soyez pas étonnés, il y aura toujours des dissensions… vous ne serez pas toujours reconnu même dans vos familles, vos amis, vos proches…

Et surtout pour me suivre, il faudra laisser beaucoup sur la route… Car pour me suivre, je dois être le premier : Aimé, Préféré… !

Et lorsque vous serez accueilli, c’est moi qu’on accueillera et à cause de moi c’est DIEU le PERE qui sera accueilli ! Qui vous écoute m’écoute ! Et ensuite il y a ces versets magnifiques, sur lesquels nous pouvons méditer ;

« Qui accueille un prophète à titre de prophète, recevra récompense de prophète !

« Qui accueille un juste à titre de juste, recevra récompense de juste !

« Qui donnera à boire à un petit à titre de disciple, en vérité je vous le dis Il ne perdra pas sa        récompense ! »

Ces enseignements sont de grandes richesses ! Ils peuvent se comprendre de deux façons car celui qui annonce JESUS et son Royaume peut être accueilli comme prophète, comme juste, comme serviteur…et celui qui reçoit peut être aussi prophète, juste, serviteur… Comment reconnaître en chacun de nous, en chaque humain des signes qui le personnalisent :

Je te reçois car tu es la sagesse ! Je t’accueille car tu es le souffrant de ce jour ! Je t’accueille car tu as la beauté du cœur ! Je te reconnais, tu es la persévérance !… tu es la Joie… Je te reçois, tu es mon soutien… etc.

Il y a quelques jours, lorsque nous étions en grande pandémie, nous avons bien senti entre nous, en famille, entre amis, et lorsque nous avons eu l’occasion d’accueillir des personnes de services divers : hospitaliers, éboueurs, facteurs, agents des pompes funèbres, pompiers …etc, combien les personnes avaient de la valeur, des richesses insoupçonnées parfois et toujours : générosité, don, oubli de soi et cela pour l’autre…

Pour nous chrétiens, essayons de rassembler tout ce vécu merveilleux, ce vécu donné pour l’autre qui était l’humain à sauver, l’humain à faire vivre, à faire revivre, à consoler, l’humain à aider à  faire des passages et parfois le Grand Passage … Des renoncements à ce que l’on voudrait pour soi pour pouvoir donner au frère. Des croix à porter par amour des autres ! Pouvons-nous présenter à DIEU notre PERE toutes ces missions qui rejoignaient bien la MISSION de JESUS donnée aux Apôtres.

« Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche…

                          ne perdra pas sa récompense ! »

 « Ce que vous avez fait à l’un des plus petits des miens, c’est à moi que vous l’avez fait ! »

                                              Mat. Ch. 25 v. 35   

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Sr. Marie Christine COUSIN

 

 

 

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps.

Matthieu  10, 26-33

« Ne craignez pas ces qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme; craignez plus tôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi  bien que le corps »

A propos de l’évangile d’aujourd’hui je vous propose méditer avec la prier de sainte jeanne de la croix

La Prière de Saint Jean de la Croix « Je meurs de ne pas mourir » :

Et je vis sans vivre en moi.
Embrasée par mon désir,
Je meurs de ne pas mourir
Si je vis sans vivre en moi,
Sans Toi je ne peux pas vivre.
Exister sans moi, sans Toi,
Est-ce donc mourir ou vivre ?
Mille morts serait la vie
Hors du suprême désir.
Je meurs de ne pas mourir.

Cette vie où je crois vivre,
Où j’agonise sans Toi,
Est la mort qui va me suivre
Jusqu’à ce que je Te voie.
Ecoute, Seigneur, la voix,
Les plaintes de mon désir !
Je meurs de ne pas mourir.

Etant si loin, si loin de Toi,
Quelle vie a-t-il, mon être,
Sinon la mort sans effroi,
Sans mourir et sans renaître ?
Seigneur, j’ai pitié de moi,
J’ai pitié de mon désir.
Je meurs de ne pas mourir.

Le poisson sorti de l’eau
Voit la fin de sa misère :
La mort qu’il subit lui vaut
La Mort, une mort plénière.
Moi je vis dans la douleur
Qui n’a ni nuit ni lumière,
Car je vis plus que je meurs.

Quand j’adore Ton image
Dans le Très Saint Sacrement,
Ton regard ne me soulage
Que pour creuser mon tourment.
La chair dressant ses barrages
Sur les flots de mon désir,
Je meurs de ne pas mourir.

Si j’exulte d’allégresse
A ta présence, Seigneur,
De ne pas Te voir sans cesse
Se décuple ma douleur.
Vivant ainsi dans la peur
Terrible de mon désir,
Je meurs de ne pas mourir.

Ah ! Sors-moi de cette mort,
Seigneur, donne-moi la vie !
Ouvre Ta source aux transports
De ma soif inassouvie !
Je meurs d’espoir, de remords,
Et de crainte, et de désir.
Je meurs de ne pas mourir.

Je redouterai la mort,
Je pleurerai sur ma vie
Tant qu’elles seront flétries
Par des péchés sans remords.
Quand luira, Seigneur, le jour
Où je pourrai dire : « Amour
Je vis de vivre toujours ? »

Saint Jean de la Croix (1542-1591)

Diana Sierra op 001D3A5E-1BA3-4CEB-8A9A-FB8E0306D140_1_201_a

 

Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement

En cette fête du saint sacrement, l’évangéliste saint Jean nous invite à méditer en profondeur sur le don que le Christ fait de lui-même à l’humanité. Il est le pain vivant descendu du ciel et donné pour la vie du monde. Jésus annonce clairement que le pain qu’il donnera est sa chair. Suite à ces paroles, les juifs se mirent à s’interroger. « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? ». Cette interrogation demeure légitime si nous comprenons matériellement et non spirituellement les paroles de Jésus, car, manger la chair et boire le sang de quelqu’un demeure inacceptable. Mais il s’agit d’aller plus loin pour saisir le sens des paroles de Jésus. Si Jésus insiste dans son propos en disant : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous », c’est parce qu’il veut que les Juifs fassent preuve de décentrement pour une compréhension profonde de ce qu’il annonce. Jésus veut nous dire qu’il nous faut nous nourrir de ce qu’il est, Lui qui a été jusqu’à offrir sa vie sur la croix pour que le monde ait la vie et qu’il l’ait en abondance.

Qu’est-ce qui caractérise la vie de Jésus ? Il y a l’amour sans limite et sans condition qui a marqué chaque décision de sa vie. Jésus a donné sa vie, son Corps et son Sang pour la vie du monde. Il est source de salut, car celui qui mange la chair de Jésus et boit son sang a la vie éternelle. En quoi consiste cette vie éternelle inaugurée dès maintenant dans le quotidien de notre vie ? Elle est avant tout une relation intense et profonde avec Jésus Christ, le Fils de Dieu : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui » ; « et je le ressusciterai au dernier jour ». Par ces paroles, Jésus montre que lui seul est capable de nous donner la vie éternelle, le salut. Il s’est fait nourriture, une vraie nourriture. Le geste de Jésus ouvre à la vraie vie, à la source vraiment vivifiante. Accepter de manger cette nourriture c’est choisir le chemin de la vie éternelle.

Que veut dire demeurer dans le Christ ? Demeurer dans le Christ c’est puiser en lui la force de vivre, même en temps d’épreuves. Demeurer dans le Christ c’est regarder dans la même direction que lui et repartir chaque jour sur le chemin de l’espérance. Demeurer dans le Christ c’est laisser résonner sa parole au plus profond de notre liberté, c’est vivre en intimité avec lui. Ainsi déclare-t-il « celui qui mange ce pain vivra éternellement ». Toute communion à son Corps et à son Sang sera donc une communion avec lui et même une communion à sa mission.

L’Eucharistie est bien le repas qui nous unit au Christ. Elle redit et actualise ce don de Jésus. L’Eucharistie apparaît en conséquence comme l’aliment précieux qui donne au chrétien de vivre de la vie de Jésus. La plénitude de vie recherchée par le disciple du Christ est bien sûr l’union à lui et dont la possibilité est garantie par l’Eucharistie. C’est cette union au Christ qu’évoque Saint Augustin en affirmant : « vous recevrez ce que vous êtes, devenez ce que vous recevez ».

Puissions-nous devenir réellement ce que nous recevons !

 

Pascaline Bilgo op

Dieu amour, tendresse et miséricorde

Les textes de cette fête nous donnent à contempler les rôles spécifiques de chacune des trois personnes de la Sainte Trinité ainsi que la communion qui les caractérise.

Nous pouvons commencer ce temps par un signe de croix, nous prions ‘Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit’. Signe de notre appartenance et de notre reconnaissance au peuple chrétien, le même que le jour de notre baptême. Il est l’expression de notre prière, il marque et rythme la célébration des sacrements. Bref, il est au cœur de notre vie spirituelle.

Dieu, sur qui nous nous appuyons dans la foi, n’est pas un Dieu solitaire. Il est Père, Fils et Esprit. Jésus nous a révélé les secrets de Dieu en utilisant un langage qui nous est familier : il nous a parlé de son Père, lui le Fils, pour exprimer tout l’amour qui les unit, cet amour qui est don et vie. Il s’est mis à notre portée, avec des mots que nous pouvons comprendre. Il s’est « placé » ainsi à nos côtés, comme le Seigneur l’avait fait jadis auprès de Moïse (1èrelecture). Cela nous permet, à notre tour, de parler de Dieu avec nos mots à nous, si limités soient-ils face à l’Inexprimable. Nous pouvons alors lui parler comme à un Père et tout autant comme à un frère.

L’évangile résume bien le dessein de Dieu : son Fils est venu pour sauver le monde et non le juger, si bien que celui qui croit échappe au jugement. Le salut proposé et promis à chaque homme de bonne volonté inclut le pardon, pardon offert et donné gratuitement. Une seule ‘condition’ de la part de l’homme : « croire en celui que Dieu a envoyé dans le monde ». Une nouvelle fois Dieu nous propose de choisir la VIE. VIE qu’Il nous donne.

 

Pour terminer comment ne pas reprendre, chacun a notre compte, ce verset de la deuxième lecture de ce dimanche, 2 Co 13, 13 : « Que la grâce du Seigneur Jésus, l’amour de Dieu et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous ».

Belle fête à toutes les Mamans.

 

Sr Françoise-Marie op.  

Viens, consolateur souverain

 

Viens, Esprit-Saint,
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.
Viens en nous, père des pauvres,
viens, dispensateur des dons,
viens, lumière de nos cœurs.
Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes
adoucissante fraîcheur.
Dans le labeur, le repos,
dans la fièvre, la fraîcheur,
dans les pleurs, le réconfort.
O lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu’à l’intime
le cœur de tous tes fidèles.
Sans ta puissance divine,
il n’est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.
Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.
Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.
A tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient
donne tes sept dons sacrés.
Donne mérite et vertu,
donne le salut final
donne la joie éternelle.

Tous, d’un même coeur

« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus , et avec ses frères » Ac 1, 14.

Aujourd’hui dernier dimanche du temps pascal, Jésus est parti au ciel vers le Père, les Apôtres se retrouvent dans la solitude et le vide comme ils l’ont déjà expérimenté au moment de la mort en croix du Maître.

Mais leur solitude est habitée d’une double expérience celle de la présence terrestre de Jésus et celle si particulière de la résurrection. Il n’est pas difficile d’imaginer tout ce qui peut leur passer par la tête, aussi bien dans leur histoire collective, groupe des douze, que dans leur histoire personnelle.

Je pense particulièrement à Pierre : à sa proclamation de foi en Jésus, son émerveillement à la Transfiguration, son reniement et sa déclaration d’amour inconditionnel lors d’un dernier dialogue avec Jésus ressuscité. Et encore à la douce présence de Marie, sans doute apaisante au milieu des souvenirs qui s’entrechoquent dans la tête de tous, elle aide, car elle en a fait l’expérience, à vivre ce temps qui s’ouvre plein d’inconnus : comment aller porter cette Bonne nouvelle au monde entier, pour accomplir les dernières volontés de Jésus réaffirmées au moment de son Ascension ?

Dans ce temps de grande vacuité, non seulement liturgique, mais encore sociale crée par la crise sanitaire, réentendre la prière de Jésus à son Père, pour essayer d’entrevoir quelle sera la vie d’après pour chacun des futurs témoins de la vie, la passion et la résurrection de Jésus, peut éclairer nos pas et assurer notre marche incertaine.

Se réapproprier ces mots si denses de sens, un testament spirituel pour ancrer définitivement en eux l’assurance que Jésus est venu d’auprès du Père pour que « tout être de chair » reçoive la vie éternelle. « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ ». La prière de Jésus est encore plus explicite : Moi, je prie pour eux, ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi ».

Un dimanche qui rejoint singulièrement, l’aujourd’hui de chacun, nous ne savons rien ou presque de l’avenir qui nous attend personnellement et en Eglise, dans ce monde de l’après pandémie que nous venons de vivre. Une chose est sûre nous devons changer et traverser la crainte qui voudrait nous saisir ; mais la prière de Jésus nous invite à vivre entre mémoire et espérance, continuité et peut être rupture pour reprendre inlassablement le chemin qui conduit au bonheur, la rencontre du Père.

Il me semble qu’il est bon et c’est ma conviction, en ce moment, où l’Esprit nous est promis de s’accrocher aux paroles de Jésus, là seulement est l’unique espérance de voir que la vie n’est pas terminée, le chemin n’est pas disparu, la mission est toujours là et qu’il est possible de balbutier au plus profond de nous-même, « Abba, je viens vers toi ».

Dans un contexte bouleversé je crois que les relations tissées au jour le jour, dans la confiance, le respect et la douceur de la foi partagée quand c’est possible, sont préludes de cette vie éternelle auprès du Père.

Encore une fois Jésus ressuscité, glorifié dans ton ascension auprès du Père Envoie à ce monde que tu aimes tant ton Esprit Saint !

Monique Colrat op  

Quelle présence dans l’absence ?

Concrètement parlant, aussi bien dans le passé que par les temps que nous vivons aujourd’hui, nous constatons qu’aucun fondateur ou fondatrice d’une oeuvre, ne peut espérer que celle-ci se perpétue, si ses « disciples »n’accueillent pas son message dans un esprit d’amour compréhensif, de fidélité à la tradition qu’il est en train d’innover, ainsi que dans une dynamique d’obéissance à ses premières intuitions.

Toutefois, loin de brider les forces de créativité et d’éteindre les initiatives qui peuvent survenir au cours de l’histoire, une telle fidélité suscite nécessairement une adaptation à la vie.

Etant donné en particulier ce que nous vivons actuellement, je suis  convaincue, peut être  plus qu’auparavant, que vivre de l’esprit et de  l’exemple d’un fondateur, permet vraiment de surmonter les difficultés et les épreuves qui se présentent dans la vie quotidienne, pour avoir la sagesse, le courage et la force d’aller de l’avant sur le chemin emprunté, avec réalisme, audace et espérance, à l’exemple des premiers disciples de Jésus.

Avant de retrouver vers son Père, Jésus avait donné mission à ses Apôtres d’être ses  témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’ aux’ confins de la terre (Ac 1,8).. .. C’est dans ce sens alors que Philippe, à la suite d’une persécution qui ravage l’Eglise de Jérusalem descend en Samarie et y baptise tous ceux qui croient en Jésus. Afin de confirmer l’authenticité de cette évangélisation, Pierre et Jean se déplacent pour aller imposer les mains aux nouveaux baptisés, pour leur conférer le don de l’Esprit, et pour achever ainsi leur initiation chrétienne.

La  deuxième lecture nous explique de quelle manière les premiers chrétiens se heurtent  à la calomnie et à la persécution de leurs adversaires ; mais comment aussi,  Pierre leur indique la ligne de conduite à tenir: ils ne doivent jamais renoncer à témoigner de leur foi et de l’espérance qui les habitent. Ils doivent toujours réagir avec douceur, respectant leurs ennemis. En agissant de cette manière, ils imiteront de près le comportement de Jésus au moment de sa passion.

Certes,  c’est avec une bonne pédagogie que Jésus  fait progressivement pénétrer ses disciples dans la réalité de la foi.  D’ailleurs, pour les rassurer dans leur engagement,  au moment de les quitter, il leur promet de rester présent parmi eux. C’est pourquoi il implore filialement de son Père, l’envoi de l’Esprit: celui-ci ouvrira les yeux de leur foi pour les établir dans la communion de pensée et d’amour qui lie le Père et le Fils. Mais concrètement, pour les disciples, quel est le chemin à suivre dorénavant?  Jésus leur dit clairement:  » Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements ».

Il est fort intéressant de constater qu’après leur avoir souvent  demandé « qu’ils croient « en lui, Jésus  demande aux disciples  de  » l’aimer ». D’ailleurs, rappelons-nous que ce thème revient souvent au cours du dialogue d’adieux. Nous remarquons également que  » l’amour » est lié à l’obéissance, parce qu’aimer Jésus, c’est observer dans la pratique ses commandements et garder fidèlement ses paroles.

Nous avons tous l’expérience que lorsqu’on aime quelqu’un, on « sent, on perçoit » ce qui lui ferait plaisir, et sans aucune contrainte on fait tout pour lui faire plaisir, pour accomplir sa volonté…

Moi, je prierai le Père…

Sans aucune impression de contrainte, Jésus est totalement soumis au Père, dans une attitude d’amour filiale fidèle. A aucun moment durant sa vie, il ne se met au centre du monde, bien au contraire, Jésus faisait toujours référence au Père, raison pour laquelle aussi, souvent il le prie.

Et Il vous donnera un autre Défenseur, qui sera pour toujours avec vous: c’est l’Esprit de vérité

C’est curieux de constater que parmi les évangélistes, Jean est le seul a nommer le Saint Esprit comme un « défenseur ». Ce mot traduit un mot grec de la langue juridique. Le « Parakletos » dont on a fait « Paraclet » signifie « celui qui est appelé près de quelqu’un pour le défendre »… en d’autres termes:  « l’avocat, le conseiller, le consolateur, le défenseur ».

Nous devons remarquer aussi que ce « défenseur » est aussi lié à la « vérité »…donc, le procès dans lequel les disciples sont engagés, et nous aussi aujourd’hui  dans tout ce que nous vivons, c’est en vérité le procès de Dieu.

 BONNE ROUTE  POUR  L’ASCENSION….

                                                                      Heureux chemin pour LA PENTECÔTE

 

Soeur Maria Fabiola Velasquez     

Le bon pasteur et les mercenaires

Jésus est bon pasteur. « Bon », non comme une appréciation moralisante, paternaliste. Il est le bon pasteur car sa bonté est primordiale, essentielle, elle qui ne peut être découragée. Par trois fois, le récit le dit : il se dessaisit de sa vie, non comme un défi ou pire un goût du morbide. S’il affronte la mort, c’est pour ceux qu’il aime, il « met sa vie dans la paume de sa main » tel le petit berger David qui met sa vie en jeu pour défendre les brebis de son père Jessé (1 S 17, 34 ; 19, 5). Au contraire des faux bergers, des mercenaires qui exploitent le peuple. Rappelons-nous le chapitre précédent : l’aveugle-né, chassé de la synagogue et traité de menteur et de pécheur par les pharisiens qui préfèrent leurs certitudes à la vérité, leurs prérogatives à la vie retrouvée de cet homme perdu dans la nuit depuis sa naissance.

Drames d’aujourd’hui, comme d’hier et de toujours : faire du bien pacifiquement n’augure pas d’une existence qui coulerait des jours tranquilles. Dans beaucoup d’endroits du monde, de la violence, de la calomnie se déchaînent trop souvent. Pourtant nous affirmons, opiniâtres, sans nous voiler le cœur, que l’avenir l’emportera. Car c’est ce qu’annoncent le tombeau vide, la croix déjà, d’où coulent le sang et l’eau. Est-ce pour cela que la proximité avec le Christ nous apprend ce mystère de l’existence ? Que la mort est au cœur de la vie et non à son terme seul. La vie peut alors devenir – redevenir – vivante, ouverte, en affrontant la mort, au-dedans. La vie qui jaillit à travers la mort et devient, maintenant, pépite de vie divine.

Il s’agit de rester dans le creux de la main du berger. Car lui jamais ne nous quittera, roc de notre humanité. Rien ne peut nous séparer de son amour, de son amour qui fait du bien et jamais ne nous utilise. Il connaît chacun par son nom, avec tout ce que nous sommes. Il sait lire en nos cœurs, en nos peurs, en nos ombres, avec une infinie bonté. Rien ne l’effraie, veilleur inquiet du bonheur des siens.

 

Un chemin si nous le voulons : apprendre à reconnaître sa voix, unique parmi mille autres, en nous mettant à l’écoute de sa Parole par les Écritures, par le témoignage de la foi. Alors nous pourrons identifier les mercenaires qui profitent de nos incrédulités, de nos peines, de notre malheur, pour nous livrer à des loups modernes, y compris en prétendant venir à notre secours. Le bon pasteur mène à la liberté, eux à la dépendance, à la perte du désir, de la confiance intime. Voilà aussi pourquoi « il y a d’autres brebis ». Jésus va voir ailleurs, pour offrir à tout un chacun son amour, sa sûreté. Invitation à faire de même : sortir. Dehors, à l’air libre. « Rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. » prophétisera Caïphe, décidé, avec les grands prêtres et les pharisiens, à le tuer. (Jn 11, 51) L’unité tend désirée par Jésus ne ressemble pas à une colonne militaire. Mais à des mains qui se serrent, se soutiennent, se respectent. Et demeurent ouvertes, accueillantes.

Véronique Margron, op.

 

 

Alors que les portes étaient verrouillées…

 

Parlerons-nous de coïncidence d’évangile avec la situation actuelle de confinement que nous vivons ? Ou carrément plutôt d’expérience originale de temps pascal ? Les disciples eux, étaient enfermés par crainte des juifs. Et nous, nul n’ignore ce qui explique notre peur et nous contraint à rester dans nos maisons. Pourtant, la clôture ou n’importe quel verrouillage n’empêche le Ressuscité de circuler. Il entre ! Et il dit : « La paix soit avec vous ». Son message semble bien provocateur étant donné que les disciples traversaient désespérément des moments pénibles à cause des évènements douloureux qu’ils venaient de vivre. En revanche, le souhait de Jésus se fait de la place dans leur cœur. Il ne reste pas vain puisqu’ils furent remplis de joie. Paix et joie, fruits de la miséricorde de Dieu. Celui qui prend en compte la misère de l’autre, sait le rejoindre dans cette misère pour lui offrir la paix et la joie. Le Christ nous surprend aussi agréablement dans cette présente crise de sanitaires avec tous ses effets secondaires. Au cœur de nos épreuves, il nous annonce quand même sa paix et sa joie. C’est le sens de sa miséricorde. Miséricorde qui touche également nos réactions d’incertitudes, de doutes, de manque de confiance, de désolation.

Thomas, par sa première attitude face à la nouvelle de la résurrection du Christ nous permet de considérer notre fragilité comme le point de départ de la grâce de la foi en Dieu. Pouvons nous croire sans que lui-même Seigneur ne nous en fasse le don ? Tout comme lui, les autres disciples ont bénéficié de cette foi déjà par le don de la paix que Jésus leur a offerte en arrivant.  La paix tranquillise, rassure et met en confiance. Pour cela, Jésus donne doublement sa paix à Thomas en acceptant de répondre à ses besoins humains qu’il a exprimés. Il lui fait toucher son côté, ses mains…  Nous aussi, osons lui dire ce que nous attendons, pas forcément pour croire en Lui mais simplement et d’abord pour êtes arrachés aux griffes de la crainte, de la désolation, du désespoir ; même si la déclaration du Ressuscité après la proclamation de la foi de Thomas est là une invitation à prendre le risque de quitter nos sécurités terrestres pour nous laisser élever vers les réalités d’en haut, à grandir tout simplement dans la foi car elle est plus que ce que nous pouvoir voir ou maitriser humainement. Oser faire une totale confiance en la Vie sans nous. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Puisse Dieu Lui-même nous tenir la main sur ce chemin de la foi, chemin de persévérance.

 

Soeur Virginie Dolebzanga