Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et Il gravit la montagne pour prier

« Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et Il gravit la montagne pour prier. Pendant qu’Il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante ». 

Luc est le seul des synoptiques qui commence ce récit par : «Jésus (…) monta sur la montagne pour prier» (Lc 9,28), et il spécifie ainsi que la transfiguration du Maître se produit «pendant qu’il priait»(Lc 9,29). Il ne s’agit pas d’un fait secondaire, cette insistance nous dit quelque chose de l’intimité de Jésus avec Dieu. : Présence de Dieu son Père, bien sûr, dans la vie et le cœur de Jésus, paroles du Père aussi qui nous révèlent l’identité et la mission du Fils. C’est aussi une bonne nouvelle pour notre monde si souvent défiguré par la haine, la violence, les guerres, la course aux intérêts personnels. Le premier témoignage que nous pouvons lui donner, c’est celui de notre prière.

Qu’est donc cette transfiguration ? Le visage qui change, les vêtements éblouissants et la présence de Moïse et d’Elie ?

Saint Luc nous met en face d’une expérience indicible : c’est un vécu qui prendra sens plus tard mais qui annonce déjà le Christ ressuscité et la foi des premiers chrétiens.

« Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem».

Le mot « départ» traduit le mot grec « exodos », sortie. La transfiguration annonce ainsi l’Exode définitif où Jésus va délivrer les hommes de la mort, comme les Hébreux avaient été délivrés de la servitude d’Égypte… Exode définitif … à la Cène Jésus accomplit « la nouvelle et éternelle alliance ».

La vision est éblouissante pour Pierre, Jacques et Jean. Pierre veut la faire durer, il ouvre la bouche, mais …« il ne savait pas ce qu’il disait » ! Et la voix du Père intervient pour affirmer : « Celui-ci est mon Fils, écoutez-Le»… Le message est là : Écoutez-Le dans ce qu’Il vous dit, écoutez-Le dans ce qu’Il fait, écoutez-Le dans ce qu’Il fera … « Écoutez-Le » … marchez à sa suite …

Cet évangile est comme un résumé de toute la Révélation. Moïse et Élie présentent le Christ en gloire aux 3 apôtres Pierre, Jacques et Jean. Saint Luc souligne ainsi la cohérence de l’événement avec l’histoire du peuple juif : en présence des disciples, autour de Jésus il y a Moïse, c’est la Torah et Elie, ce sont les prophètes.

Les apôtres envoyés par Jésus seront responsables de l’annonce de la bonne nouvelle. Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes leurs héritiers. A leur suite, nous sommes envoyés pour annoncer la résurrection. Cette résurrection, personne ne l’a jamais vue. Mais eux en ont eu la révélation au jour de la Transfiguration et surtout au matin de Pâques. Ce mystère de la Transfiguration est le fondement de notre foi : le Christ ressuscité nous entraîne tous dans sa gloire.

Aujourd’hui, revêtu de lumière,
Jésus,
Tu révèles ta gloire aux témoins
Choisis par le Père.
Demain, dépouillé,
Devant tes frères,
A l’heure où sur la croix
Tu ouvriras les bras,
Tu seras l’humilié.
Vienne le troisième jour,
Tu te lèveras d’entre les morts,
Revêtu de lumière !

 

      Soeur Catherine Aubry

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LE DÉSERT : TERRE FÉCONDE

1

                   Evangile Luc 4, 1-13

En ce temps de carême qu’on vient de commencer, nous avons besoin de nous laisser pousser au désert. La communauté de Luc nous place en face d’un scénario qui nous fait peur : La tentation.

Jésus vient d’être baptisé -c’est sa confirmation de Fils de Dieu- aussitôt poussé au désert par l’Esprit et comme Fils de Dieu, Il est soumis à la tentation. « Mon fils, si tu t’offres à servir le Seigneur prépare-toi à l’épreuve. »Siracide.2, v.1. La tentation : elle s’en va et revient, jamais nous nous délivrerons totalement d’elle. « Ayant ainsi épuisé toute tentation, le diable s’éloigna de Lui jusqu’au moment favorable ».

Le désert est propice à la tentation et pourtant aussi à la conversion, c’est en faisant l’expérience des forces mauvaises que se produit le processus dans lequel on parvient à l’expérience de la rencontre avec Dieu. Là s’obtient une transformation, une confrontation de salut, ou la tentation nous amène à nous enfermer en nous-même, en acceptant la fourberie qui séduit l’âme, pervers système de ce monde. Par ailleurs, elle peut faire choc au plus profond de notre intime, et en même temps nous réveiller de notre endormissement et susciter notre engagement en faveur de la Vie.

Dernièrement la situation de scandale, dans l’église et la société, les différentes situations du monde qui attristent notre cœur et frappent notre esprit, sont des moments très durs de l’histoire, qui touchent les plus fragiles. Quoi dire ? Quoi faire ? «Ne suffisent que sois pur et juste notre cause.  Il est précis que la pureté et la justice habitent en nous» affirma dans un poème Agostinho Neto.

Dans le désert, Jésus nous apprend à nous relever de toutes tentations, de l’égoïsmeet de l’indifférence. De fait que la tentation est individuelle mais qu’elle aboutit dans le collectif, la conversion étant personnelle s’exprime et est vécue socialement. Donc nous sommes appelés à être « autre Christ » qui regarde et s’approche avec tendresse pour guérir ou soulager les blessures de ceux que nous rencontrons ; à être constructeur d’une société solidaire et miséricordieuse, comme le dit Sr Véronique MARGRON : « Notre espérance, c’est de croire qu’il est possible de faire face à la réalité … et là d’être déterminée à ce que le mal ne puisse avoir le dernier mot». D’abord dans la simplicité des petits gestes qui deviennent des grandes actions.  Aujourd’hui les personnes ont besoin de tendresse et de miséricorde, d’écoute, de compréhension. Dalaï Lama nous rappelle : « Seul la solidarité compassionchangera le monde »

Jésus nous apprend le soin pour les autres, car l’être humain c’est quelqu’un qui a besoin d’être soigné, accueilli, valorisé et de lui permettre aussi  de soigner à son tour ;  comme le dit Sr Marie Christine dans son poème à l’occasion de la fête des droits des femmes: « Mais soyons vigilantes, toujours en garde des obstacles qui nous font trébucher… soyons bien attentives, bienveillantes à nos sœurs, à ses cœurs abîmés. »

Que la force de l’Esprit présent en tout ce qui vit et respire nous amène à vivre avec humanité au milieu de nos frères et sœurs et créer un autre monde possible.

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Sr. Ruth Esperanza TORRES CABEZAS op.

« L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon… »

Le texte de l’Evangile de ce jour vient après celui de la « miséricorde et de la bienfaisance », où Jésus nous convie à faire preuve de générosité, de donner sans compter : « une mesure bien tassée, secouée, débordante… ».

Aujourd’hui, Jésus nous donne un enseignement en quatre courtes paraboles: « l’aveugle guidant un autre aveugle, la relation entre le disciple et son maître, la paille et la poutre, le bon arbre et le mauvais ». C’est un enseignement sur la relation entre l’homme et Dieu et celle entre l’homme et son semblable. Cette relation, bien que don de Dieu, est aussi un exercice, un apprentissage. La page d’évangile de ce jour nous fait comprendre que le disciple est celui qui apprend du maître et humblement, fait comme lui ; c’est celui qui témoigne de la bonté de son maître.

C’est ainsi que Jésus veut à travers son enseignement, nous donner le portrait modèle du disciple. Il le compare à un bon arbre qui est reconnu à ses fruits. « Un bon arbre dit Jésus, ne peut porter de mauvais fruit ». Le disciple est comme un arbre qui prend racine dans la Parole de Dieu, se nourrit de la sève de l’Esprit Saint qui lui fait porter de fruit: amour, joie, bonté, bienveillance. Fidélité, douceur, maîtrise de soi, … (Ga 5, 22-23).

Autant que  » le fruit manifeste de la qualité de l’arbre » comme nous dit Siracide dans la 1ére lecture, autant les vertus témoignent de la qualité du disciple. Il fait comme son maître, agit bien, pose de bonnes œuvres. Les actes que nous posons souvent peuvent refléter ce que nous sommes et  donner une idée de ce qui nous habite. N’est-ce pas que  « l’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ! » Et par conséquent tire du mauvais de son cœur qui est mauvais. La sainteté, c’est de nous laisser habiter par le Christ, de le laisser agir afin qu’il transparaisse  en nous ; ainsi, nous témoignerons de lui et nous donnerons du goût à ceux et celles qui s’approchent de nous.

Demandons au Seigneur de nous envahir de son Amour qui nous fasse « jouer aux anges qui voient Dieu » (hymne) et ainsi, porter le bon fruit que lui-même attend de chacun de nous.

Sœur Evelyne OUEDRAOGO  

Charité sans frontière

Dans cet Evangile  de Saint Luc, Jésus nous livre tout un enseignement sur l’amour-charité, et spécialement ce qu’il entend par l’amour des ennemis. Cela va très loin, et pourtant ne tient qu’en trois mots :

. Faire du bien à ceux qui vous  haïssent,

. Souhaiter du bien à ceux qui nous maudissent,

. Prier pour ceux qui nous maltraitent.

Selon un commentaire (Homélies en prison), « aimer son ennemi, c’est travailler à changer le regard qu’on porte sur lui. Ne pas voir en lui qu’un ennemi à abattre ». Il est, certes, celui qui est contre moi, qui me calomnie, qui me détruit et bien d’autres choses encore. Mais il n’est pas que cela. Il n’est pas que méchanceté, il ne se confond pas avec le mal qu’il fait. Il faut, envers et contre tout, maintenir en soi la conviction que cet ennemi peut changer et évoluer vers le meilleur de lui-même.  Aimer son ennemi, c’est le confier à Dieu. Prier pour lui, pour qu’il change et quitte le monde de la haine. Réfléchir avec d’autres chrétiens, en Eglise, en équipe, pour s’ouvrir soi-même à l’évangile, pour se convertir soi-même et peu à peu voir en tout homme, en mon ennemi aussi, un « fils du Dieu très haut »comme dit notre texte d’aujourd’hui.

Cependant, dans ce passage de l’évangile de Luc, Jésus ne fournit aucune recette pour régler nos problèmes avec nos ennemis, petits ou grands. Mais il montre une direction, il offre une lumière dans la nuit de la violence et de la haine. Et surtout, ce passage montre Jésus qui, finalement, est le seul qui ait su aimer au-delà de toute haine.

Dans ce même enseignement sur l’amour sans frontières, Jésus en vient à parler aussi de la non-violence, de la joue qu’il faut tendre, du manteau qu’il faut laisser prendre et des deux mille pas qu’il faut faire, c’est-à-dire du temps qu’il faut accepter de perdre avec un homme dans la joie ou la peine, avec ses frères ou ses sœurs  en communauté, sous le regard de Jésus.

Volontiers nous dirions : « Ce n’est pas réaliste, c’est même idiot! » du point de vue humain.  Mais c’est un nouveau style de vie que Jésus veut inculquer, un nouveau regard sur la vie, les événements, les personnes et sur Dieu même. Il s’agit en effet d’inverser nos réflexes ordinaires : réflexe du talion, qui nous fait rendre le mal pour le mal, la violence pour un oubli ; réflexe de l’égalitarisme, du donnant-donnant, du « rien pour rien », qui nous fait guetter en tout la récompense immédiate et mesurable.

Face au précepte que nous a laissé le Seigneur, nous prenons conscience du peu de place que tient dans notre cœur la gratuité, la vraie, celle qui ne sera connue de personne hormis Dieu.

En conclusion, l’Evangile nous invite à faire valoir ce qui pour nous est essentiel à notre vie de tous les jours. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment… Sommes- nous capables d’amour ? Pour réaliser pleinement le programme du Christ, il nous est demandé de faire confiance à l’agir de Dieu. Jésus nous commande d’œuvrer dans le monde comme Dieu le fait lui-même avec nous : vivre le pardon et être miséricordieux. Dieu ne juge ni ne condamne personne, il pardonne aux pécheurs et nous demande de l’imiter. C’est une immense responsabilité qu’il nous confie ; il laisse la liberté d’exercer notre propre jugement. Prions pour que le Seigneur nous apprenne  à pardonner comme Lui, à aimer comme Lui,à juger comme Lui, à être miséricordieux comme Lui et à être généreux comme Lui.

Soeur Catherine Ouedraogo o.p.

Heureux êtes vous !

Heureux êtes vous ceux qui cherchent Dieu, car vous trouverez le chemin conduisant au Règne de Dieu !!!

Vous me direz… mais ce règne n’est-il-pas qu’une illusion si nous regardons la réalité de notre monde actuel ? Cette Parole n’est-elle pas jeter de la poudre aux yeux envers ceux qui n’ont rien ?

Non, Jésus est là s’adressant à eux, les apôtres, la foule nombreuse des disciples et la grande multitude de gens venant des diverses horizons. Et s’adressant plus particulièrement aux disciples, il leur dit : « Heureux les pauvres…. Heureux ceux qui ont faim… heureux ceux qui pleurent….Heureux les persécutés….Heureux, car choisissant de suivre le Christ, ils choisissent la vie, le désir de construire avec Lui dès maintenant le Royaume de Dieu…. Bref, ils choisissent le bonheur !!! Mais pas un bonheur édulcoré comme le proposent nos sociétés de consommation. Un bonheur bien souvent fondé dans la domination, le rejet de Dieu, l’argent, le pouvoir, la compétition, sans prendre en considération les laissez pour compte de notre société. Oui, l’homme est libre de choisir le bonheur ou le malheur, la liberté véritable ou l’esclavitude – bonheur illusoire. Tout dépend, s’il désire entrer dans le plan de Dieu ou non. Le discours des Béatitudes est situé dans l’évangile de Luc après l’appel des disciples par Jésus et des guérisons…ou si nous préférons après des actes posés par Jésus aux yeux de tous. Maintenant, il se tient sur un plateau – entre une monté et une descente – et s’adresse à eux et à la foule. Ils ont tous vu ou entendu ce qu’il peut faire, Ils sont dans un entre-deux : monter/descendre, vie/esclavitude, bonheur/malheur, faim/ rassasiés…

Il est temps maintenant pour Jésus de passer à une nouvelle étape, celle d’enseigner à partir des Béatitudes. Il interroge l’homme sur sa quête de bonheur, de vie. Inclut-elle le bonheur des autres ou reste-t-elle égocentrique ? Est-elle respectueuse de l’autre ou seulement ma personne compte ? Est-elle centrée sur la confiance en Dieu ou en l’argent ? Cette quête est-elle nourrie par la foi et l’amour de Dieu ou par une soif de pouvoir pouvant aller pour certaines personnes en arriver à croire qu’ils peuvent écraser les petits, si chers au cœur de Dieu, sans connaitre l’impunité ?

Dans une société, à l’époque de Jésus comme à notre propre époque d’une autre manière, où la structure politique, économique, et sociale oublie trop souvent ceux qui sont chers aux yeux de Dieu, à savoir les plus humbles, les plus pauvres, ceux qui ont faim de justice, ceux qui souffrent, ceux qui sont devenus les « invisibles » de nos sociétés, Jésus nous questionne sur notre vie, nos relation avec Lui et avec les hommes, et particulièrement avec ceux qui connaissent telle ou telle carence dans leur vie, blessures, douleurs… Jésus n’est pas ici pour faire la révolution des pauvres contre les riches. Le verset d’évangile qui suit le texte qui nous est proposé nous le rappelle : « nous devons aimer nos ennemis ». Jésus est un homme  de dialogue, de tendresse, de miséricorde et non de violence et fermeture. Il est celui qui nous offre son épaule dans les moments difficiles pour pouvoir y reposer sa tête, celui qui écoute, est présent, est avec le plus petit, celui qui n’a plus de voix ou de force face à l’injustice.

A l’homme de désirer vivre en vérité de l’esprit des béatitudes dans le quotidien de sa vie, dans sa relation à l’autre – dignité, justice, solidarité, fraternité… dans le partage juste du bien commun,… un monde où « l’amour du Christ nous presse » (2 Co 5,15).

Les Béatitudes nous invite à contempler combien Dieu est à l’écoute de l’homme dans sa propre histoire, ses faiblesses, ses cris …. En Lui, tout homme peut espérer en un monde juste et dire en toute confiance avec le psalmiste au psaume 33, 9.18 : « Heureux qui s’abrite en Lui, Pour les justes, les yeux de Yahvé, Ils crient, Yahvé écoute, de toutes leurs angoisses il les délivre. Proche est Yahvé des cœurs brisés, il sauve les esprits abattus. » En lui notre bonheur, la vie.

Soeur Pascale Moisy o.p.   

La conversion des jarres

 

Aujourd’hui 11 février, nous fêtons notre Dame de Lourdes, et célébrons la journée mondiale des malades.

L’évangile qui nous est donné à lire, nous l’avons déjà lu il y a peu de temps, c’est celui des noces de Cana. Lors d’une fête, la mère de Jésus invite les serviteurs présents à faire « tout ce que Jésus leur dira ».

Or, que dit-il ? de remplir d’eau des jarres dédiées à la purification. Pas de problème, car elles sont là pour cela. Puis, il invite les serviteurs à puiser dans ces jarres. Le maître de maison, amené à goûter le contenu de ces jarres découvre que c’est du vin.

Voilà le miracle de Cana : le rituel, les gestes de purification ont trouvé avec le Christ leur accomplissement. Il ne s’agit plus de protocoles qui garantiraient la validité d’une célébration, mais de fête et de joie. Les jarres ont trouvé leur accomplissement quand elles offrent du (bon) vin aux convives.

Il n’est jamais trop tard pour entendre la force de ce texte. A la fin de l’évangile de Jean, nous retrouverons la mère de Jésus (qui chez Jean n’a pas de nom) au pied de la croix de son fils, avec le disciple bien aimé.

Le disciple en question n’a pas de nom, lui non plus. Manière de dire que nous pouvons écrire le nôtre sur son front. Il n’est plus question de vin. Mais du côté du Christ sortira de l’eau et du sang. Il achève par sa vie le retournement et l’accomplissement de tout rite : il est le nouveau vin du monde. Plongés dans sa vie donnée, dans son amour offert, nous pourrons puiser de quoi vivre : la force de donner à d’autres des mots de consolation ou un geste de douceur qui signifient ce que Dieu dit depuis le commencement du monde. Il veut la vie des hommes. « Dieu n’a pas fait la mort, il ne prend pas plaisir à la mort des vivants » (Sg 1).

La maladie et le malheur insensés, (et Dieu sait qu’ils peuvent l’être) ne nous retire pas la capacité d’offrir à l’autre une manière de présence qui adoucit l’épreuve. Voilà le vin de la dernière heure que nous pouvons tirer de ces vieilles jarres que nous sommes si nous nous laissons transformer par ile Christ.

 

Sr Anne Lécu o.p.