« Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père »

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Ce dimanche des Rameaux reprend ce que nous sommes appelés à vivre durant cette Semaine Sainte qui débute en ce jour.

Jésus entre pour la dernière fois dans la ville de Jérusalem. Il n’en sortira pas. Jérusalem : Ville de la Paix. Assis sur un ânon, il entre dans la ville Sainte, ovationné comme un roi. Des manteaux sont jetés devant lui sur son chemin. Il est de la lignée de David, le rejeton de la souche de Jessé.

Nous voyons la prophétie du prophète Isaïe s’accomplir. Le Fils de Dieu ne se défend pas. Il fait face aux outrages et aux crachats. Sa force vient de son Père et il s’en remet à lui.

L’hymne aux Philippiens nous rappelle que le Christ doit s’abaisser pour s’élever. Lui qui va connaître notre condition humaine, qui prend notre condition de serviteur, va s’abaisser jusqu’à la mort sur la Croix. Ainsi Dieu l’ayant abaissé, le relève et le dote d’un nom qui est au-dessus de tout à l’égal de Dieu « Jésus Christ est Seigneur ».

 

La lecture de la Passion reprend les évènements que nous allons vivre et développer tout au long de cette semaine : Institution de la Cène, veillée de prière au Golgotha, arrestation et trahison, jugements, crucifixion, mort sur la croix, descente de la croix et silence.

Ce silence devant la cruauté des hommes, devant cet Agneau que l’on conduit à l’abattoir et qui ne se défend pas, Silence

Celui qui apporte la lumière, va descendre aux ténèbres. L’heure est venue. La réalisation de la promesse est là. Elle se réalise dans le silence. Silence devant ce mystère. Silence devant la souffrance et la cruauté. Silence et peur des disciples.

 

Un silence interrogatoire : Il était avec nous et nous ne l’avons pas compris. Nous n’avons pas compris ce qu’il voulait nous dire. Mais pourquoi cet aveuglement, pourquoi cette non compréhension ? Notre cœur est-il si lent à comprendre ? Ne sommes-nous pas trop encombrés par des futilités et n’oublions-nous pas ceux qui nous entourent : nos proches par exemple.

Dans le silence, je vous invite à méditer ce don de Dieu fait aux hommes en la personne de son Fils, créer à l’image et à la ressemblance de Dieu. « Qui m’a vu, a vu le Père » St Jean.

Et moi, en tant que chrétien, ma vie témoigne – t-elle de ma foi…

Sœur Corine op.         cru00e8che

L’entretien de Jésus avec Nicodème

L’Evangile de ce quatrième dimanche de carême s’enracine dans « l’entretien de Jésus avec Nicodème ».

On peut toujours imaginer une palette de raisons pour expliquer, ou justifier, la démarche nocturne de ce savant qui connaît les Ecritures sur le bout des doigts. Pourtant, le niveau, la qualité de l’échange c’est Jésus qui les fixe … La barre est haute car il s’agit des Ecritures connues par Lui sur le bout du cœur.

Il est question de naître d’en haut, de naître d’Esprit. Il est question de devenir une personne neuve, à tout âge, de redevenir un enfant en somme, pour se laisser guider par l’Esprit.

Déconcertant pour un notable juif. ….

Les perspectives de Nicodème et de Jésus sont difficilement conciliables. Le dialogue tourne court…

Tout érudit qu’il soit, et il l’est, Nicodème avoue – non pas son incrédulité- mais son incompréhension d’intellectuel. Une dimension lui échappe : « Comment cela peut-il se faire ? » (verset 9). Cependant l’aveu d’ignorance du pharisien pourrait ouvrir une brèche vers la vie de relation que Jésus lui offre.

« Si vous ne devenez comme des petits enfants …… vous n’entrerez  pas …» (Mc 10,15)

Mais Nicodème ne l’entrevoit pas … ne la soupçonne même pas cette communion, du moins pas encore….. Ses connaissances théologiques ne lui servent à rien sinon à l’égarer un peu plus.

Jésus ne cherche pas à le convaincre : comment le pourrait-il, puisque son témoignage n’est pas reçu ?

« Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas accueilli » (Jn 1,11)

« Vous n’accueillez pas notre témoignage » ( Jn 3,11)

Mystère de l’univers de la foi …

En fait, Jésus ne peut toucher qu’un corps blessé, qu’un cœur désarmé et ouvert, qu’une oreille à l’écoute.

Jésus ne peut être reconnu par l’homme que dans sa pauvreté, dans sa maladie, sa faiblesse, sa petitesse, dans la misère de son péché.

L’évocation du serpent d’airain dressé dans le désert n’arrive qu’à la fin de la méditation de Jean. Elle est là pour appuyer tout ce qui précède : la conversion du cœur, voilà l’esprit d’enfance retrouvé, la voilà la « re-naissance » possible dans l’Esprit, dans l’amour.

Et c’est bien de retournement dont il s’agit : passer des certitudes de l’intelligence à l’assurance du cœur qui croit tout, espère tout, attend tout … C’est le cœur de l’homme qui est à changer.

Jean s’appuie sur les textes de la première alliance pour s’adresser à ce notable, membre de l’éminent Sanhédrin. Il s’agit pour Nicodème de passer de convictions ancestrales à la fragilité d’un signe : un signe … qui guérit par un seul regard ?

Le véritable caducée c’est le Christ en croix. Oui, la mort de Jésus est salvatrice

La croix : le signe, la manifestation, la preuve que « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique  pour que tout homme qui croit ne périsse pas mais ait la vie éternelle». (verset 16)

Le vrai problème n’est pas le mal que nous avons commis mais bien l’amour de Dieu qui nous sauve. La part de ténèbres qui nous habite, nos terres en friche n’empêchent pas que nous soyons fait pour la lumière, la beauté, la vérité, l’unité.

La croix est Vie pour tous ceux qui la regardent comme telle. Le regard croyant et la prière au Christ crucifié peuvent nous libérer du mal, faire la vérité en chacun, à condition de ne pas en rester aux questions … de Nicodème  et ce n’est pas toujours si facile ….. Sa démarche nocturne n’est-elle pas, peut-être, le signe d’une certaine nuit spirituelle ?

Soeur Françoise Chantal       Sr Françoise Chantal

Dieu a tant aimé le monde

[Chers lecteurs, vous noterez exceptionnellement ce dimanche, deux commentaires.    Nos soeurs sont prolixes et la webmaster parfois un peu perdue dans ses tableaux...]

« Car Dieu a tant aimé le monde  qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé. » Jn 3,17

            Alors pourquoi dit-on souvent que les chrétiens sont dans le monde, sans être du monde ? Jean dit ailleurs (dans le prologue) que le Christ « est venu chez lui » (Jn1, 11) Le monde, c’est donc chez lui…? Dieu a tant aimé le monde… et nous ne serions pas du monde ?

            Xavier Léon-Dufour définit le monde comme le lieu de notre rédemption. Quand Dieu a créé le monde, il a vu « que cela était bon », mais nous avons défiguré cette œuvre magnifique (nous continuons de le faire !)… Or Dieu a toujours compassion de l’humanité pécheresse qu’il a tant aimée et qu’il ne se lasse pas d’aimer.

            Dieu « a envoyé son Fils dans le monde… pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

Le monde d’aujourd’hui ? Terrorisme, tortures, massacres, destructions, corruption… Comment Dieu peut-il aimer ce monde, comment peut-il encore y être « chez lui » ? au point de renouveler pour nous chaque matin le sacrifice rédempteur ? Se peut-il que tous les criminels dont nous entendons parler tous les jours, que tous les criminels potentiels que nous sommes, appartiennent au Seigneur et qu’il les aime tellement qu’il continue de nous envoyer son Fils ?

            Toutes ces questions, chacun et chacune d’entre nous se les pose. Qui pourra répondre ? En réalité, avons-nous vraiment besoin d’une réponse ? L’amour ne s’explique pas. Nous vivons de cet amour. Il est la source de notre joie, une joie que « nul ne pourra jamais nous ravir » (Jn 16,22). Mais c’est une joie qui ne peut que se traduire en amour, amour de nos frères et sœurs en humanité, amour… de nos ennemis : ceux qui commettent ces crimes odieux sont aussi aimés de Dieu ! Il faut que nous les aimions aussi !

            Dieu « a envoyé son Fils dans le monde… pour que, par lui, le monde soit sauvé. » Le monde d’aujourd’hui comme celui d’hier. Engagés avec lui, nous n’avons pas le droit de baisser les bras.

Soeur Marie-Thérèse Perdriault    IMG_0077

Celui-ci est mon fils bien-aimé.

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C’est bien souvent sur des montagnes que le Bible raconte les histoires les plus importantes. Et c’est souvent de nuit.

C’est sur une montagne qu’est monté Abraham avec son fils, son fils unique, chéri, celui que  – croyait-il  – Dieu lui demandait. Et quelle nuit ! C’est sur une montagne que ce fils, l’unique, et le premier d’une multitude de frères, lui est rendu.

C’est sur une montagne que Moïse a reçu de Dieu la loi qui fait vivre, et c’est en descendant de cette montagne qu’il entendit le peuple danser autour d’un veau. Et c’est pourtant là, au coeur de cette immense déception, sur cette montagne, que Dieu, qui jamais ne se lasse, de nouveau dicta la loi à son ami Moïse, dont le visage resplendissait de cette rencontre infinie et intime. Moïse transfiguré, lui l’homme qui ne savait pas parler, transfiguré au point de laisser un voile couvrir son visage, peut-être par délicatesse envers ceux qui n’auraient pas compris.

C’est sur une montagne, dans le désert, qu’Elie voulut mourir, de lassitude et de désespoir, et pourtant, Dieu vint le relever en lui faisant porter des galettes par des corbeaux, en le laissant dormir aussi, le temps qu’il lui fallait pour être prêt à le reconnaître, lui le grand Dieu, créateur du ciel et des mondes, de l’homme surtout, ce grand Dieu qui ne fait pas de bruit, qui n’est ni dans le feu, ni dans le vent, ni dans les cris de guerre, mais dans le silence d’une brise ténue, légère, aussi silencieux que le souffle de l’homme, quand il respire.

Et voilà Jésus qui prend avec lui ses plus proches et qui monte sur une montagne. Peut-être d’ailleurs est-ce la nuit, le texte ne le dit pas. Mais pour qu’ils soient ainsi éblouis et qu’ils souhaitent dresser des tentes, qui sait ?

Mais le plus important, ce n’est pas encore cela, ni cet éclat, ni la rencontre avec Moïse et Élie, ni la stupéfaction de Pierre. Le plus important c’est la voix. Cette voix qui désigne le Christ « Celui-ci est mon Fils bien aimé ». Cette voix désigne le fils unique, que le Père accepte de perdre en le donnant à ses frères. Cette voix désigne en même temps le fils unique qu’est l’homme depuis les commencements du monde. Abraham aussi est le fils bien aimé de Dieu. Et Isaac, et Moïse et Elie, chacun d’eux est le fils bien aimé de Dieu. Et toi, et moi, chacun de nous le sommes.

La transfiguration du Seigneur, c’est cette promesse faite à Pierre, à Jacques, à Jean, pour qu’après la résurrection ils comprennent et qu’ils l’annoncent : la chair de l’homme, son corps, sa vie, est transfigurée par l’incarnation du Verbe, car c’est devenu la maison de Dieu. Et chacun de nous sommes ce fils bien-aimé qu’il aime de façon unique.

Si nous pouvions seulement croire que c’est vrai, combien de violences seraient évitées !

Sr Anne Lécu o.p        Soeur Anne Lécu

Je le veux, sois purifié !

40Un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »

Saisi de compassion, Jésus étendit la main… Qu’est-ce qui a suscité cette compassion ?

La lèpre, évidemment : une maladie terrible, pratiquement incurable au temps de Jésus, et qui plongeait le malade dans un isolement absolu. Mais je crois qu’il y a autre chose : le lépreux sait bien qu’il ne doit approcher personne, et pourtant, il vient auprès de Jésus. Quelle confiance ! Il n’a pas peur d’être repoussé. Cette foi-là est bien faite pour toucher le cœur de Jésus. Elle s’exprime aussi en paroles : « Si tu veux, tu peux ». D’autres malades diront : « Si tu peux » Lui est sûr de Celui à qui il s’adresse : tu peux. Dans un même mouvement, il avoue sa lèpre (elle pouvait ne pas se voir au début) et sa foi en Celui qui, il le croit vraiment, va le purifier.

De tout temps la lèpre a été considérée comme le symbole du péché.

Lorsque nous venons à Jésus, à l’Eucharistie par exemple, nous venons avec notre poids de péché. Et il peut être très lourd ! Mais le lépreux est venu quand même, avec son horrible maladie. Qu’importe, si nous sommes sûrs de Celui que nous allons approcher ! « Préparons-nous à la célébration de l’Eucharistie en reconnaissant que nous sommes pécheurs ». Si nous faisons nôtre ces paroles du prêtre, avec quelle foi ne chanterons-nous pas « Seigneur, prends pitié » (ou prends compassion, c’est à peu près pareil), sûrs que nous sommes d’être purifié de notre lèpre et de pouvoir rencontrer Jésus sans aucune crainte !

Nous serons capables alors d’implorer la même grâce pour ceux qui nous sont proches, et aussi, pour tous ceux dont on nous raconte chaque jour les atrocités. Aucune lèpre jamais rebuté Jésus…

Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »

Soeur Marie-Thérèse Perdriault IMG_0077

Une scène familiale

Un tableau en trois scènes dans ce passage de Marc :

Une scène familiale

Jésus, avec Jacques et Jean, quitte la synagogue pour se rendre dans la maison de Simon et d’André. Dans cette maison, l’inquiétude : la belle-mère de Simon est malade et Jésus, mis au courant, se rend à son chevet, lui prend la main et la fait lever, ce qu’elle fait immédiatement pour se mettre à les servir.

Deux remarques sur ces quelques lignes :

« Il la fit lever » : dès ce début de l’Évangile, Marc suggère déjà par ces mots le cœur de la foi de la communauté chrétienne : la résurrection d’entre les morts.

« Elle les servait » : trait caractéristique aussi de la communauté chrétienne où chacun doit être au service des autres.

  • C’est par ce service – notre foi en actes – que nous pouvons révéler que Dieu est relation et que chacun compte pour lui.

Une scène publique

Le soir, la nouvelle de cette guérison a fait le tour de la petite ville. La foule se presse autour de Jésus pour qu’il guérisse les malades, les possédés. Jésus accueille, il ne se dérobe pas, il est attentif à chacun et en guérit beaucoup. Il n’est pas dit qu’il guérit tout le monde mais sa compassion, sa sollicitude n’étaient-elles pas déjà bienfaisante et source d’espérance pour tous.

  • Sommes-nous toujours attentifs à être ces personnes remplies de compassion pour celles et ceux qui souffrent ? Nos gestes, nos attitudes révèlent aux autres ce qui nous fait vivre ou au moins leur posent question sur ce qui nous habite si notre agir est toujours réponse aimante à ceux qui nous entourent.

Un moment de solitude et de prière

Le matin suivant, pour échapper à la foule, il se retire seul dans la montagne pour prier, pour garder le contact avec son Père dont il ne veut que faire la volonté sans se laisser prendre par la réussite de sa mission et l’attente immédiate de la foule. Devant l’expression de Simon, il témoigne par son « partons ailleurs » que sa véritable mission est de proclamer l’Évangile à tous et non d’être reconnu en tant que guérisseur. L’intimité avec son Père lui donne de rester « le Fils du Père » et de travailler pour le Royaume selon cette identité.

  • Cette conduite nous interpelle afin de prendre, nous aussi et chaque jour, le temps de relire notre journée devant notre Dieu pour rester dans sa volonté et ne pas tomber dans la tentation d’être celui ou celle que les autres attendent mais d’être en toute humilité le témoin de l’amour.

 Seigneur à ta suite donne-nous le courage et la force d’être des relais de l’Amour du Père pour chacun de ceux que nous côtoyons dans l’humilité et la douceur, dans la recherche incessante de ce que tu attends de nous là où nous sommes et dans le cœur à cœur avec toi pour que nous aussi soyons les fils du Père, les témoins du Royaume et non les porteurs de notre propre volonté aussi généreuse soit-elle.

Soeur Catherine Aubry     425121_108950605897511_1585549933_n

Qui peut être prophète du Seigneur ?

Qui peut enseigner en Son Nom, aujourd’hui ?

Ce sont les questions que j’ai perçues au travers des lectures de ce dimanche et au cœur d’une actualité encore brûlante…

Etre prophète du Seigneur, non de sa propre initiative mais de celle-là même du Seigneur qui envoie (Dt. 18, 15-20).

Être au Seigneur sans partage pour être rendu capable de parler en son Nom, d’enseigner …

Avoir le souci des affaires du Seigneur, chercher comment lui plaire, dire ce qu’IL pourrait dire ; faire ce qu’Il pourrait faire…Tout un programme semé d’embûches…

Mais nous savons bien que depuis la venue de Jésus en notre chair et dans notre histoire, tout a été dit. En tout cela, Jésus est bien notre seul maître, parce qu’il tient son autorité du Père de la Vie. Dès lors, impossible à qui ne vit pas de Son Esprit de parler au Nom de Dieu.

Se risquer à donner une interprétation de sa Parole, qui malgré tout, ne se laisse jamais saisir et nous échappe toujours, c’est fondamentalement accepter notre vocation baptismale de prophète (Co. 7, 32-35).

Notre critère demeure celui du contenu du message avec la cohérence de sa Parole dans les Écritures et de son Action dans notre Histoire humaine et Ecclésiale. Mais il nous appartient encore de rendre ce message audible pour nos contemporains sur ce terrain de notre commune humanité. Là, s’exerce le « sensus fidei ».

Ceci nous engage alors à parler et agir pour ce qui nous tient à cœur, ce qui nous fait vivre et aimer cette condition humaine que nous avons en partage. Cette attitude de cœur nous replace dans l’humilité d’une tâche modeste et provisoire, qui nous oblige à nous questionner, à nous repositionner et à creuser toujours plus profond, en nous remettant à « Celui qui sonde les cœurs et les reins » .

L’attachement à notre Seigneur est bien alors, cette consécration de toute notre personne, corps et esprit, à son service, comme les figures de Anne et de Symeon, que nous retrouverons demain, au temple, accueillant Jésus et révélant, en partie, à ses parents ce que serait cet enfant. Celui que tout le peuple espérait, qui parlerait avec autorité (cit.) comme en témoigneraient ses actes, et qui pourtant serait rejeté et condamné à mort, avant d’être reconnu par une poignée de prophètes, prêts à mourir pour Lui, pour être fidèles jusqu’au bout à cette transmission.

Ils ont transmis le message, pas toujours de la meilleure manière, mais il a traversé les temps et notre humanité.

Et si Dieu le veut, l’Evangile continuera à se transmettre tant qu’il y aura des prophètes suscités par son Esprit Saint.

Christine     photo

Le règne de Dieu est tout proche

Maintenant que Jean Baptiste – dernier prophète de l’Ancien Testament – est jeté en prison, sa prédication terminée, l’Evangile peut être annoncé. La Bonne Nouvelle, déjà mentionnée dans quelques passages de l’Ecriture, Dieu l’annonce au monde en y envoyant Jésus Christ pour instaurer son Royaume : Es 52,7 « Comme ils sont les bienvenus, au sommet des montagnes, les pas du messager qui nous met à l’écoute de la paix, qui porte un message de bonté, qui nous met à l’écoute du salut, qui dit à Sion : « Ton Dieu règne ! » ; Es 61,1 « l’Esprit du Seigneur Dieu est sur moi : le Seigneur, en effet, a fait de moi un messie, il m’a envoyé porter joyeux message aux humiliés, panser ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs l’évasion, aux prisonniers l’éblouissement » Le caractère nouveau de l’Evangile concerne avant tout la personne de Jésus Christ car c’est en Jésus Christ que va s’accomplir la réalisation des promesses (Dn 12,4-9). « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle », Paroles que nous entendrons le Mercredi des Cendres lors de l’entrée en Carême. Ainsi, le salut est offert en la personne de Jésus dans un appel pressant à se convertir. L’annonceur de la Bonne Nouvelle de Dieu est lui-même l’objet de cette annonce. Jésus débute sa mission en Galilée , carrefour des nations, brassage entre Juifs et païens. De ce fait, la Galilée est un champ d’action prioritaire de Jésus, là s’accomplit la prophétie d’Es 8, 23-9,1 : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière ; sur les habitants du pays, une lumière a resplendi ». Sommes – nous concernés par cette annonce de la Bonne Nouvelle ? Quelle est notre priorité ? A ses débuts de prédicateur, Jésus s’entoure d’hommes. D’abord Jésus appelle des pécheurs : Simon et son frère André, Jacques et Jean surnommés fils du tonnerre. Chez l’évangéliste Marc, leur réponse ne se fait pas attendre. Ils laissent tout et suivent le maître. Ainsi Marc veut souligner la puissance de la Parole de Jésus par son appel et l’obéissance des hommes pour leur réponse. Leur réponse aussi rapide, me surprend toujours, réponse sans condition, sans objection. Surprenant non. Mais quelle est donc cette autorité de Jésus pour que des hommes soient prêts à tout quitter pour lui ? Le regard de Jésus se porte sur des pécheurs de poisson, Jésus va les envoyer pour pécher non plus du poisson mais des hommes. Ils abandonnent leurs filets, c’est-à-dire la vie quotidienne avec tout ce qu’elle comporte pour vivre une vie nouvelle dans un acte de foi car l’avenir est à écrire, à vivre. Suivre Jésus, c’est devenir disciple. L’appel vient de lui et il lui est généralement répondu par une obéissance immédiate. C’est devenir des ouvriers dans sa moisson. Le disciple n’est pas seulement celui qui suit mais c’est aussi celui qui se charge de sa croix. C’est-à-dire suivre le Christ jusqu’au don total de soi pouvant aller jusqu’à la croix : Mt 16,24 «  Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive. ». Ainsi Jésus entreprend un ministère itinérant qui requiert un maximum de liberté de vie et d’action. Il va s’entourer d’hommes dont il prendra soin afin que ceux-ci puissent continuer à témoigner par la Parole et leurs actes qui le monde qui est le leur jusqu’à aujourd’hui et demain. Cet appel de Jésus à l’annonce de la Bonne Nouvelle et à le suivre, nous concerne tous. A nous, selon nos possibilités, nos capacités, nos aptitudes, à répondre à cet appel et à en inventer peut-être de nouvelles modalités. cru00e8cheCe trésor nous avons a le faire connaître, le partager afin qu’il vive et que Dieu sera toujours à nos côtés si nous gardons la foi en lui.

Soeur Corine Haramant     

« Soyez féconds, soumettez la terre et remplissez-la. » (Gn 1, 28)

Journée mondiale des migrants et des réfugiés.

La mondialisation est inscrite dès l’origine dans le projet de Dieu.

Et quand le Seigneur appelle Abraham pour être père de son peuple, c’est en vue de l’humanité tout entière : « Je rendrai ta postérité nombreuse comme les étoiles du ciel et par ta postérité seront bénies toutes les nations de la terre. » Gn 22,4

Mais qu’en est-il aujourd’hui ?

Persécutions, violences, misère… contraignent nos frères à quitter leurs pays… Combien paient de leur vie, victimes de trafiquants peu scrupuleux… marchandise humaine dans un monde où l’argent est roi ! Méditerranée, immense cimetière…

Des frontières se hérissent… des murs se dressent toujours plus nombreux depuis la chute du mur de Berlin…

Par ailleurs…

« Médecins sans frontières », « Reporters sans frontières »…

« …sans frontières » toujours plus nombreux…

… Église sans frontières qui « ouvre ses bras pour accueillir tous les peuples, sans distinctions et sans frontières pour annoncer à tous que ‘Dieu est amour’ . »

Semaine mondiale de prière pour l’unité, semaine mondiale des missions…

Journée mondiale de la Paix, journée mondiale des communications sociales, journée mondiale des lépreux…  journée mondiale du travail, journées mondiale de prière pour les vocations…

Presque autant de journées mondiales que de jours dans l’année !…

Et nous ? Comment nous situer dans ce monde de contradictions ?

Si nous n’avons pas tous la possibilité d’agir, nous pouvons tous ouvrir nos cœurs, nous laisser toucher par la misère de nos frères… ne nous laissons pas sombrer dans la « mondialisation de l’indifférence ».

N’avons-nous pas nos propres exils ?

Soyons d’un peuple de marcheurs car « nous n’avons pas ici-bas de cité permanente, nous recherchons celle de l’avenir. » He 13,14

« Et moi, en terre d’exil, je Lui rends grâces… » Tb 13,8

Sr Michel de la Présentation.   CIMG1925_1