Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean

Ce beau récit de la Transfiguration commence par une histoire d’amitié ! Être ami, au point de vivre ensemble des instants d’éternité, faisant l’expérience vraie d’une proximité du cœur qui permet de partager l’essentiel. C’est ce dont il s’agit dans l’Evangile de ce dimanche.

Aux 3 disciples, Jésus se révèle d’une blancheur comme aucune autre, éclatant de cette lumière jamais vue. C’est bien Lui, transformé, transfiguré, nous dit le texte. Quelle grâce ! J’étais au mont Thabor samedi dernier, et j’en rêvais, je l’avoue. C’est vrai que la lumière y est sans pareille !

Et comme si voir l’ami et le maitre ne suffisait pas, Moïse et Elie apparaissent !

…. Et comme si ça ne suffisait encore pas, la voix du ciel se fait entendre : « celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ». Cette parole avait déjà retenti, au baptême révélant la divinité de Jésus « celui-ci est mon fils, écoutez-le ! », elle le rappelle à nouveau ici, précisant qu’Il est source de joie pour nous.

Mais voilà, comme lors de tous ces moments tellement intenses, les disciples, hommes de notre trempe sont bouleversés, au point qu’il faille que Jésus s’approche d’eux, les touche et leur adresse la parole : « relevez-vous » … avant que le compagnonnage « ordinaire » reprenne !

Être à plusieurs, voir, entendre, être impressionnés, se laisser toucher et repartir.

Tous les sens sont nécessaires pour vivre des moments d’une telle intensité, afin de comprendre, comme on peut, au minimum, qu’il s’est passé quelque chose d’incroyable, jusqu’à voir que Jésus livre l’essentiel de lui-même : lui le Messie, bien que passant par la mort, ressuscitera. Oui, nous sommes très proches des récits que nous entendrons au matin de Pâques !

Je crois qu’il en est de même dans nos existences. Vivre en ami du Seigneur nous offre d’authentiques expériences de ce type qui font de nous de vrais témoins de lumière, éclatant de cette joie profonde !

Seigneur, donne-nous de voir, fais-nous entendre ta voix, touche-nous, afin que l’amitié avec Toi, transfigure nos vies !

                                                                                                          Sr Elisabeth Lemière

Reste dans le secret

Evangile du mercredi des cendres 2020 (Mt 6,1-6.16-18)

Six fois dans cette page d’évangile. Au cœur de l’entrée en carême, de la marche pour aller jusqu’au jardin des oliviers, l’arrestation de Jésus, le procès inique, la mise à mort et l’exécution de Jésus : rester dans le secret.
Le secret comme le lieu où se tiennent et les actions du croyant, son aumône, sa prière et son jeûne, et là où le Père voit.
Mais de quel secret s’agit-il ?
Car il existe de bien mauvais secrets. Ceux qui volent l’existence, l’empêchent d’aller vers de la vie. Ces secrets où la parole est interdite, empêchée. Ces secrets où l’autre, agresseur, autorité, vous enserre. Comme une pierre qui pèse sur l’âme de tout son poids et la maintient dans un abîme sans rai de lumière. Ils séquestrent plus encore la victime d’agressions, d’abus, de violences intimes. Secrets de la nuit noire.
Le secret qu’évoque Jésus ne peut être de ce côté, lui qui dira « je suis la lumière du monde (Jn 9), « celui qui fait la vérité vient à lumière. » (Jn 3, 21). La vie chrétienne est faite pour la lumière. Elle que nous célébrons en la nuit lumineuse où le Christ, descendu au séjour des morts, remonte victorieux, fracturant la porte du tombeau.

Cette lumière unique et douce de la nuit fendue par la vie, va de pair avec le secret dont parle Jésus aujourd’hui, avec le bon secret.
Un bon secret où la vie est laissée à son épaisseur, à sa pudeur, à son mystère. Cette pudeur qui procure une terre habitable pour la parole vraie. Un abri pour la confiance. Voilà le bon secret, tel les coulisses d’un théâtre. Ne pas tout exposer, non pour cacher absolument, mais juste pour protéger le mystère de l’existence qui doute, aime, cherche, pense. Ne pas avoir à être à nu devant un regard au pouvoir ainsi terrifiant.

Oui, la prière, le jeûne et le don sont de bons secrets. Ils ne sont pas là pour être exhibés, mis aux enchères, pesés et comparés. Car ce secret écarte de la comparaison et renvoie à l’ajustement à ce que je crois du Dieu vivant. Ni approbation, ni réprobation par d’autres. Dans nos fascinations d’une transparence qui serait le lieu de toute validation, ce bon secret nous met face à nous-même : et toi où es-tu ? que dis-tu de toi-même devant ton Dieu ?

Rappelons-nous, dans l’Évangile de Marc, la place du secret entourant l’identité de Jésus. Comme lors de l’épisode de la rencontre avec les démons (Mc 1, 34) : Jésus leur interdit de parler « car ils savent qui il est ». Un interdit qui n’est pas là pour préserver son autorité. Mais pour approcher de la vérité du Christ, il faut consentir à marcher à ses côtés, humblement, pauvrement. Peiner jusqu’à la colline du Golgotha, lieu du don ultime de l’art d’aimer. Là et seulement là se dévoile le secret de son identité de Fils bien aimé du Père, introduisant alors chacun en sa vérité.

Voilà notre chemin de carême, dans cette montée vers Jérusalem, non pour parader ni comptabiliser, mais pour rester à ses côtés jusque dans sa mort. Jusqu’à entendre « le Christ est ressuscité, mais c’est en secret » .

Véronique Margron op.  

Publié dans la Vie, 26 février 2020

Apothéose des Béatitudes !

Mathieu Ch. 5  v. 38 à 48

Au début du 5éme chapitre de L’Evangile de Mathieu, nous entendons « le sermon sur la montagne : Les Béatitudes »  « Heureux les pauvres, Heureux les miséricordieux ! …. » Et c’est à la suite de ce texte que nous trouvons ces passages qui nous instruisent, comme un déploiement de ce que nous avons à vivre ou d’essayer d’en vivre aujourd’hui.

Ce qui semble merveilleux, c’est que JESUS s’appuie fortement sur ce qui a été dit dans la loi de Moïse, sur le roc, mais pour aller plus loin, donner une autre dimension. Cette loi était de Dieu pour son peuple, elle était un préliminaire, un marche – pied pour ensuite aller plus haut. Jésus le dit : « je ne suis pas venu  abolir la loi et les Prophètes, je ne suis pas venu abolir mais accomplir » et comment !

Jésus, Fils de Dieu, Fils de l’homme au sein du peuple choisi par Dieu va vivre cette nouvelle loi, et nous l’enseigner. Et c’est avec autorité, assurance et puissance qu’Il le fera.

Et c’est une réaction en chaîne : A chaque enseignement : Il dira, « Vous avez appris qu’Il a été dit:  Eh bien! moi je vous dis … »  Et ce jour nous entendons : « vous avez entendu qu’il a été dit : « œil pour œil, dent pour dent » Or moi, je vous dis de ne pas résister au méchant… à qui veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui aussi le manteau… A qui te demande, donne, et à qui désire t’emprunter, ne tourne pas le dos…. »

Et c’est sur cette ultime  et dernière marche de l’échelle que Jésus nous dit :

« Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi, or moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent » de sorte que vous deveniez fils de votre Père qui est aux cieux ».

Jésus nous redit des choses évidentes : aimez ceux qui nous aiment, c’est normal… saluez nos frères seulement, tous nous le faisons, mais aimez ceux et celles qui nous font du tort, qui agissent contre nous et leur vouloir du bien, alors là, c’est bien le summum de l’Amour ! C’est bien à cela que nous sommes appelés et nous sommes souvent loin de ce « parfait comme votre Père céleste est parfait ».

Jésus le pédagogue, lui qui a vécu tout au long de sa vie cette miséricorde, cet amour jusqu’à la donner, sa vie pour nous, pour tous les humains. Lui qui nous donne son Esprit pour que nous dépassions nos limites. Avec sa grâce, son amour c’est possible d’aller plus loin… Nous avons un Dieu exigeant, mais Il croit en nous, Il veut notre bonheur, notre réussite, et tellement proche de nous.

Quel beau passage de Bonne Nouvelle que nous présente Mathieu. Il peut déjà nous préparer à entrer en cette nouvelle période du Carême, oui, essayons de nous imprégner des Béatitudes, de tout cet enseignement sur l’Amour, le Pardon, la Miséricorde !

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Marie Christine COUSIN op

Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisien…

Mt 5, 17-37

L’Évangile de Mathieu est l’Évangile le plus marqué par la culture juive, il emploie donc souvent ce procédé littéraire de l’hyperbole. S’arracher un œil ou se couper une main relève ici de l’exagération propre à l’hyperbole. C’est juste une manière de donner plus de force à ce que l’on affirme.

De nouveau l’Évangile nous invite à « penser autrement »

Les scribes et les pharisiens n’ont pas enseigné ni pratiqué ce que Jésus enseigne dans les versets. 1-12 (les béatitudes). Ils n’étaient pas pauvres d’esprit, car au lieu de reconnaître leurs péchés, ils voulaient se justifier (Luc 16:15; 18: 9-12).

Ils ont seulement mis l’accent sur les choses extérieures, la purification extérieure (15: 2; 23: 25-28) etc., mais Jésus enseigne la pureté du cœur (5: 8; 15:19). La justice enseignée par Jésus est plus grande que la justice indiquée et pratiquée par les scribes et les pharisiens; par conséquent, la justice des disciples de Jésus doit être plus grande que la « justice » de tels dirigeants. Les pharisiens s’étaient donné comme but d’être les meilleurs des juifs, par un respect de la Loi et le plus strict et le plus rigoureux possible. Ils étaient les plus pieux, les plus fervents. Sur ce plan, personne ne pouvait rivaliser avec eux,

Ils étaient hypocrites (ch. 23), satisfaits de la « justice » de l’apparence (Luc 11:42, 43), et ils « négligeaient la justice et l’amour de Dieu ». Leur justice était de parler beaucoup et de faire peu. « Dans le fauteuil de Moïse sont assis les scribes et les pharisiens. Donc, quoi qu’ils vous disent de garder, gardez-le et faites-le; mais ne faites pas selon leurs œuvres, parce qu’ils disent et ne font pas » (23: 2 , 3). Dans ce cas on remplace juste le mot Loi par le mot Amour et le tour est joué : l’Amour devient juste une nouvelle Loi, une Loi encore plus implacable que la précédente. Une loi se situant à un autre niveau.

Ils ont négligé des choses importantes. Mat. 23:23, « Vous donnez la dîme pour la menthe, pour l’aneth et le cumin, et vous laissez la chose la plus importante de la loi: la justice, la miséricorde et la foi. »

Ils n’aimaient pas les pécheurs, mais les condamnaient plutôt pour avoir mangé avec les autres pécheurs (Luc 5:30; 15: 1, 2). Jésus était associé aux pécheurs et nous devons l’imiter, car « Ceux qui sont en bonne santé n’ont pas besoin d’un médecin, mais des malades ».

Notre justice doit être plus grande, plus haute que la justice des scribes et des pharisiens en toutes ces choses pour entrer dans le royaume de Dieu.

Avec cette nouvelle logique, les disciples d’aujourd’hui sont appelés à faire de leur expérience de vie chrétienne, un chemin avec eux-mêmes et envers les autres.

Diana Mireya SIERRA op 001D3A5E-1BA3-4CEB-8A9A-FB8E0306D140_1_201_a

DISCIPLES D’AUJOURD’HUI

Mt 5,13-16

Avoir soin de découvrir le Mystère que recèle la Parole de Dieu est un défi, le défi de chaque jour qui nous confronte dans la suite du Christ.

Si l’Evangile d’aujourd’hui nous mets en garde dans notre mission de disciples à partir de la métaphore d’être sel de la terre et lumière du monde, déjà le prophète Isaïe dans l’ancien testament nous éclairait sur la praxis, le savoir-faire (Is 58,7-10).

On sait que le sel empêche la décomposition, c’est ainsi que l’alliance du sel signifie la pérennité d’un pacte, les disciples donnent saveur au monde et en assurent la survie devant Dieu.  D’ailleurs dans l’antique maison palestinienne, le boisseau c’est le lieu de la lampe lorsqu’elle ne sert à rien. Le v. 16 révèle la nature de cette lumière « afin de voir vos bonnes œuvres ».

A ce point-là, entre l’ancien et le nouveau testament il y a vraiment un lien de jonction.

Le monde nous étonne avec la nature en flammes, les virus qui prennent place, surtout chez les plus démunis, les innombrables violations à tous les droits, violences incontrôlables, mais en même temps toute la solidarité pour la défense de la justice, les  efforts réalisés pour une conscience écologique, les dénonciations de violations etc. Cela atteint le sommet de notre foi et notre engagement de Chrétiens et Chrétiennes au nom de serviteurs de Dieu et des êtres humains.

Sel de la terre et lumière du monde, chacun seul et en communauté exerce sa mission universelle dans la foi par un enfouissement et un rayonnement plutôt que par une conquête de Chrétiens.

Etre Lumière du monde et sel de la terre n’est pas réservé aux seuls chrétiens, mais à tout être humain qui agit en faveur de la vie. A nous de le reconnaître et de l’annoncer! N’est-ce pas là aussi un défi?

 Sr Ruth Esperanza Torres C.SONY DSC

La présentation de Jésus au temple

Aujourd’hui comme hier, à qui sommes-nous capables de rendre un culte, voire de nous consacrer?

Pourquoi ne pas avoir inclus le verset 5 à la première lecture de ce jour Malachie ( 3, 1_4)
En effet , il éclaire pour moi toute la signification de ce jour. Quel est ce Dieu à qui l’on présente en offrande le bien le plus précieux d’un couple humain , la vie du premier né et encore aujourd’hui sa propre vie, par la consécration religieuse,pour certains.

Ce verset 5 nous dit: « Oui le Seigneur de l’Univers déclare : Je viendrai au milieu de vous pour vous juger. Je m’empresserai d’accuser ceux qui pratiquent la divination, qui commettent l’adultère, qui prononcent de faux serments, qui retiennent le salaire des ouvriers, qui oppriment les veuves et les orphelins ou qui font du tort aux étrangers, tous ceux qui ne tiennent aucun compte de moi. »
Par ces paroles, Dieu s’identifie aux plus faibles de la société car au travers d’eux Lui-même est atteint.
Ceci est au fondement des activités caritatives des religieuses et religieux, aujourd’hui encore car Dieu aujourd’hui comme hier, ne change pas.

Pour présenter l’offrande de nos vies, en toute justice, il faut donc avoir été purifié de ce qui nous empêche d’être à Lui en justice et vérité.
Jésus, le seul vrai juste est capable d’être tout entier offert à Lui et de nous entraîner dans ce don de nous-mêmes. C’est bien ce qu’éclaire la lettre aux Hébreux (2,14-18) « Il Lui fallait donc se rendre semblable en tout à ses frères, pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu, afin d’enlever les péchés du peuple ».
Comme tout au long de sa vie,Jésus ne cesse de se conformer aux usages des hommes afin de confirmer leur désir de fidélité à ce Dieu et d’assumer pleinement leur condition humaine pour les sauver de tous péchés et de la mort.

En venant au monde, et en étant présenté à Dieu par ses parents, comme n’importe quel autre couple humain le faisait, Jésus nous laisse entendre qu’il est pour nous, en sa condition humaine,seul  médiateur auprès du Père pour rétablir notre communion avec Lui. C’est pour cela que nous tentons de marcher à  sa suite.

Avec Syméon, nous pouvons dire : « Nos yeux ont vu le Salut que tu préparais à la face des peuples: lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » et nous pouvons proclamer avec Anne, les louanges de Dieu et parler du Seigneur à tous ceux qui attendent leur délivrance.

Belles missions pour tous les consacrés. Puissions nous y être fidèles par la grâce de Dieu et de son fils Jésus Christ.

Sr Christine Panin op  

Quand Jésus appelle

L’évangile de ce dimanche nous invite à tourner nos regards vers les débuts de la vie publique de Jésus et de sa prédication. Jean le Baptiste s’efface par son arrestation pour lui laisser la place. Le temps des promesses cède à l’accomplissement de toutes les prophéties. Dieu par son Fils parle désormais avec son peuple en direct, sans intermédiaire. Jésus annonce que le Royaume de Dieu est tout proche, il est même là. Le Royaume s’est davantage approché des hommes, il vient dans notre monde, dans la réalité de chaque homme, là où il vit. C’est lui Jésus qui manifeste cette proximité de Dieu par son action. Dans ce texte il commence tout de suite, car le contenu de sa prédication est la libération de l’homme. Il guérit les malades et toute infirmité du corps. Il va initier les disciples qu’il appelle à venir derrière lui à cette mission. Sortir les hommes de ce qui les entrave vers la vie nouvelle qu’il inaugure par sa présence. Il prend Pierre et son frère André, ainsi que les deux fils de Zébédée comme collaborateurs de ce nouveau projet. De pêcheurs de poissons, il fera d’eux des pêcheurs d’hommes pour le Royaume qu’il annonce. De la mer à la terre, les nouveaux appelés laissant tout derrière eux, (le métier, la famille) suivent le nouveau Maître ; il va leur apprendre non seulement comment pêcher des hommes, mais surtout comment nouer une relation forte avec Lui, celle de la confiance qui implique un changement de vie, de regard sur le monde, autrement dit, une conversion, l’unique condition pour entrer dans le Royaume. Tirer les hommes de la terre vers le Royaume, c’est leur donner le salut.

Aujourd’hui encore, le Seigneur choisi des collaborateurs pour l’accomplissement de sa mission. Il appelle chacun, chacune de nous.

Sommes-nous d’accord pour tout quitter pour lui ?

 

Sœur Henriette Kaboré op