Salon de lecture

L’esprit des lettres est une émission de KTO qui propose chaque mois de rencontrer trois auteurs. Il se trouve que l’émission de mars, (à revoir ici), a rassemblé deux auteurs que je vous recommande chaudement :

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Christiane Rancé est l’auteur de La passion de Thérèse d’Avila chez Albin Michel. L’anniversaire de Thérèse qui fête gaillardement ses 500 ans n’y est sans doute pas pour rien. L’auteur, qui s’intéresse aux figures spirituelles féminines (elle a écrit une biographie d’Edith Stein et un recueil de textes de Catherine de Sienne), s’était faite remarquer par un précédant livre magnifique : Prenez-moi tout mais laissez-moi l’extase, en 2012, au Seuil, qui lui avait valu en 2013 un double prix : le prix du livre de spiritualité Panorama-La Procure et le prix des écrivains croyants (qui a désormais changé de nom pour devenir le prix Écritures et Spiritualités).

La passion de Thérèse d’Avila se lit comme un roman. On y trouve une Thérèse adolescente plus que vivante, puis un brin mondaine, pas totalement insensible à son charme. On y comprend combien il lui a fallu de temps et de persévérance dans une prière plus que plate avant d’être bouleversée par le Christ. On découvre qu’elle aimait la musique, autant que faire à manger pour ses soeurs, toujours attentive au corps, bouleversée par l’incarnation de son Seigneur, au point de reprendre Jean de la Croix, quand il en fait un peu trop question mortifications. Donc, vraiment, une lecture très agréable qui donne envie de retourner aux textes de Thérèse (notamment dans la traduction de Marcelle Auclair).

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L’autre auteur de cette soirée était notre frère Jean-Pierre Brice Olivier. Il se moque car je fais tout le temps de la pub pour son livre. Mais c’est mérité, et visiblement, je ne suis pas la seule à en penser du bien.

Jean-Pierre Olivier réhabilite l’incarnation. Celle du Christ, certes, mais la nôtre, indissociablement. Mieux que de longs commentaires, je vous en livre un extrait :

« Rappelons-nous – quoi qu’il arrive – que tout est chemin vers Dieu, aussi le pire. Dans l’évangile, le fils dit prodigue est un bon exemple que la route vers le père peut être longue et sinueuse. Tous les sens peuvent conduire au sens. Comme la Samaritaine, notre soif d’amour nous égare peut-être sur des chemins faciles ou tortueux ou nous entraîne dans des habitudes qui masquent l’essentiel de notre désir. Or, c’est Dieu qui nous cherche et lus attend au bord du puits dans le plein midi de nos tourments. Avec Lui, notre mal d’aimer se transformera en notre bien d’aimer.

Peut-être aussi que la traversée par des croyants de ces lieux d’une humanité blessée, perdue, souffrante, permet que ces terres – alcool, drogue, sexualité, etc. – soient visitées par Dieu ; à la condition que ces croyants l’emmènent avec eux. Jésus ne répugne à rien : touchant le lépreux il visite la lèpre; appliquant sa salive sur les yeux de l’aveugle, il pénètre l’aveuglement. Jésus n’a pas tourné le dos au péché, ni à la mort, ni aux enfers. Sans doute accepte-t-il de se laisser conduire, par toi, dans ces lieux obscurs, dans cette détresse et dans cette laideur, qu’il veut, avec toi, souffrir et transfigurer. » (p. 74)

Bonne lecture !

Anne Lécu o.p.

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