« Je donne ma vie pour mes brebis »

 

“ JE CONNAIS MES BREBIS….COMME LE PERE ME CONNAIT,

                     …..Et JE DONNE MA VIE POUR MES BREBIS…. Jn 10, 11-18

Sans en avoir conscience, nous vivons bien souvent comme si le Bon Pasteur ne s’occupait de son troupeau que collectivement . Nous oublions qu’il connaît et appelle chacune de ses brebis «  par son nom ». Ce n’est pas une connaissance abstraite et globale, mais une sollicitude vive, tendre, efficace…

Jésus essaie de nous le faire comprendre en nous parlant de ses relations avec le Père, «  son Père et notre Père » : « comme le Père me connait et que je connais le Père »…Ainsi le Christ «  connait bien la face de ses brebis » Pr 27,23 , il s’occupe de chacune avec un amour personnel, pour chacune une note de sollicitude qui n’est que pour elle, ne se répète pas pour une autre…

Ce lien si personnel vient précisément de la « connaissance »  qu’a Jésus de chacune des brebis, connaissance forte : celle qui unit Jésus à son Père !

Et pourquoi cet amour est-il si fort ? «  Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau ».

Donner sa vie et la recevoir de nouveau, c’est bien cela qui s’est passé à Pâques.. Jésus , fidèle jusqu’au bout au commandement du Père, a donné sa « vie humaine » et reçu  « la vie divine »…celle qu’Il veut dorénavant partager et donner à ses disciples…et à ceux vers lesquels il les envoie..jusqu’aux bouts du monde.

Donner sa vie, la recevoir de nouveau, c’est maintenant la mission des disciples… des baptisés..de nous, de vous, de moi…parce que dans le Christ…le Père m’aime…

 Aujourd’hui, jour de prière pour les vocations… le Père appelle toujours , à la suite du Fils, Bon Pasteur, à donner sa vie pour la recevoir de nouveau..Tous les baptisés reçoivent cette mission, chacun dans sa vie et son charisme personnels….

Laissons-nous surprendre par l’appel du Père….

Sr Catherine de la Présentation

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La sainte famille

« Les Parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur…selon ce qui est écrit dans la Loi.. »

Le Verbe de Dieu a choisi de s’incarner dans une lignée humaine, dans l’histoire du peuple d’Israël. Il assume cette histoire humaine avec ses gloires et ses ombres, mais aussi avec les promesses de Dieu faites depuis Abraham :Ne crains pas, Abram ! Je suis un bouclier pour toi. Ta récompense sera grande !

Jésus s’inscrit dans une « Grande Famille humaine »…dont la caractéristique depuis Abraham, précisément, est la foi en ce Dieu de la Promesse. Abraham, l’Ancêtre, qui fait confiance en la promesse d’une descendance, même lorsque Dieu lui demande de sacrifier son Fils, croyant que Dieu est capable aussi bien de ressusciter les morts (cf.Héb. 11..) et Dieu estime qu’il est JUSTE ; Sara qui a ri, mais croit que Dieu est le maitre de l’impossible, et tant d’autres…pour arriver à Marie et Joseph apportant l’Enfant au temple pour accomplir la loi.  Et voici Siméon qui reconnait, par sa foi, le Messie promis dans cet enfant si simple, et Anne qui discerne en lui l’attente d’Israël et en parle à tous. Et Marie avec Joseph, qui, certainement, ne comprennent pas vraiment les paroles de Siméon, mais qu’ils accueillent en toute confiance..

Après cela ?… quand ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée..L’enfant grandissait…rempli de sagesse…la grâce de Dieu était sur lui.

Mais rien ne se passe d’extraordinaire… « Il leur était soumis », dit-on de Jésus avec ses parents… Aucun enseignement, aucun miracle, aucun fait remarquable… Jésus n’a donc rien fait qui vaille la peine d’être raconté ? pendant trente ans ? Mais… : « s’il n’a rien fait….il a cependant fait des merveilles », nous dit st Bonaventure… «  Mieux vaut un homme patient qu’un preneur de ville écrivait déjà Salomon ». Plus tard Jésus affirmera : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur». Et, en vérité, il sera doux et humble, lavera les pieds de ses disciples, s’anéantira aux yeux de tous, de telle sorte qu’on disait : « N’est-ce pas le fils du charpentier ?..»,et autres paroles semblables..et se vérifie la parole de l’Apôtre : « Il s’anéantit lui-même prenant la condition d’esclave », et d’un esclave inutile par sa manière de vie humble et méprisée ».( Cf St Bonaventure : Méditations sur la vie du Christ).

Alors, que conclure ? Est-ce que cette histoire n’est pas…(toutes proportions gardées…), celle de beaucoup de familles d’hier et d’aujourd’hui ? L’enfant parait : la famille, les parents l’ont espéré, attendu en rêvant, projetant, bâtissant tant de projets…La vie se déroule avec des réalisations et …des contre-temps, sans rien d’extraordinaire apparemment :…En fait, comme pour Marie et Joseph, accueillir un enfant est une mission : faire grandir, épanouir, se réaliser la vocation d’un Fils de Dieu, dans la réalité de la vie quotidienne, fondée sur la promesse : «  Je suis pour toi un bouclier… »

Cette fête de la Sainte Famille nous invite à offrir au Seigneur nos familles d’aujourd’hui, les nôtres, toutes celles dont nous connaissons et partageons les joies et les réussites, mais aussi les préoccupations, voire les angoisses du lendemain et de l’avenir. L’aventure de la famille, en nous faisant rendre grâces pour la foi en actes, nous demande aussi attention et aide pour l’aider à grandir,…comme le Christ :

 Marie le porta comme un nourrisson,

Le prêtre le porta comme une offrande,

La croix le porta comme un supplicié,

Les cieux le portèrent comme Dieu :

Bénie soit sa volonté

Béni soit celui qui habita parmi nous !

(St Ephrem , Hymnes)

Soeur Catherine de la Présentation      photo

Le grand commandement !

Il y en avait tellement de recommandations dans la casuistique juive du temps de Jésus : 613 dit-on !… « Voyons le plus grand, l’accomplir sera les respecter tous. Plus facile et moins casse tête ! » se dit ce Docteur de la Loi !

Mais voilà que Jésus le renvoie précisément à la Loi, mais regardée sous un autre angle. Oui, le premier et le plus grand, c’est bien aimer Dieu de toutes ses forces et facultés : ton cœur, ton âme, ton esprit… Mais nouveauté : le deuxième lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Dès l’Exode – cf la première lecture de ce jour – Dieu avait appris à son peuple comment aimer son prochain en actes et en vérité. Mais de là à penser que ce qui est fait aux plus insignifiants est fait à Dieu lui-même, c’est une autre histoire…. un scandale…

Pas une autre histoire, au contraire, Jésus va plus loin : tu aimeras ton prochain comme toi-même et cela est semblable à l’amour que tu as pour Dieu. C’est tellement vrai qu’un autre jour, Jésus expliquera ainsi comment le Roi jugera à la fin : « dans la mesure où vous l’avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Mt 25,40.

Aujourd’hui Jésus m’invite à réaliser le même projet : aimer le prochain que je vois pour aimer Dieu que je ne vois pas. Le milieu où je vis me donne certainement des occasions chaque jour..Ce ne sont sans doute pas des réalisations spectaculaires – tout le monde n’est pas appelé à affronter des situations périlleuses- mais l’humble quotidien nous donne tant d’occasions d’aimer..il suffit d’ouvrir les yeux dans notre communauté familiale ou religieuse, voire lire le journal, écouter la radio…La prière pour les frères, aussi, c’est aimer.

Et cette capacité d’aimer, nous l’avons déjà, puisque grâce au Christ lui-même : « L’amour de Dieu a été répandu en nos cœurs par le Saint Esprit qui nous a été donné ». Rom 5,5b.

En route, Bonne semaine !

Soeur Catherine de la Présentation  photo