Dieu a tant aimé le monde

[Chers lecteurs, vous noterez exceptionnellement ce dimanche, deux commentaires.    Nos soeurs sont prolixes et la webmaster parfois un peu perdue dans ses tableaux...]

« Car Dieu a tant aimé le monde  qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé. » Jn 3,17

            Alors pourquoi dit-on souvent que les chrétiens sont dans le monde, sans être du monde ? Jean dit ailleurs (dans le prologue) que le Christ « est venu chez lui » (Jn1, 11) Le monde, c’est donc chez lui…? Dieu a tant aimé le monde… et nous ne serions pas du monde ?

            Xavier Léon-Dufour définit le monde comme le lieu de notre rédemption. Quand Dieu a créé le monde, il a vu « que cela était bon », mais nous avons défiguré cette œuvre magnifique (nous continuons de le faire !)… Or Dieu a toujours compassion de l’humanité pécheresse qu’il a tant aimée et qu’il ne se lasse pas d’aimer.

            Dieu « a envoyé son Fils dans le monde… pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

Le monde d’aujourd’hui ? Terrorisme, tortures, massacres, destructions, corruption… Comment Dieu peut-il aimer ce monde, comment peut-il encore y être « chez lui » ? au point de renouveler pour nous chaque matin le sacrifice rédempteur ? Se peut-il que tous les criminels dont nous entendons parler tous les jours, que tous les criminels potentiels que nous sommes, appartiennent au Seigneur et qu’il les aime tellement qu’il continue de nous envoyer son Fils ?

            Toutes ces questions, chacun et chacune d’entre nous se les pose. Qui pourra répondre ? En réalité, avons-nous vraiment besoin d’une réponse ? L’amour ne s’explique pas. Nous vivons de cet amour. Il est la source de notre joie, une joie que « nul ne pourra jamais nous ravir » (Jn 16,22). Mais c’est une joie qui ne peut que se traduire en amour, amour de nos frères et sœurs en humanité, amour… de nos ennemis : ceux qui commettent ces crimes odieux sont aussi aimés de Dieu ! Il faut que nous les aimions aussi !

            Dieu « a envoyé son Fils dans le monde… pour que, par lui, le monde soit sauvé. » Le monde d’aujourd’hui comme celui d’hier. Engagés avec lui, nous n’avons pas le droit de baisser les bras.

Soeur Marie-Thérèse Perdriault    IMG_0077

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Je le veux, sois purifié !

40Un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »

Saisi de compassion, Jésus étendit la main… Qu’est-ce qui a suscité cette compassion ?

La lèpre, évidemment : une maladie terrible, pratiquement incurable au temps de Jésus, et qui plongeait le malade dans un isolement absolu. Mais je crois qu’il y a autre chose : le lépreux sait bien qu’il ne doit approcher personne, et pourtant, il vient auprès de Jésus. Quelle confiance ! Il n’a pas peur d’être repoussé. Cette foi-là est bien faite pour toucher le cœur de Jésus. Elle s’exprime aussi en paroles : « Si tu veux, tu peux ». D’autres malades diront : « Si tu peux » Lui est sûr de Celui à qui il s’adresse : tu peux. Dans un même mouvement, il avoue sa lèpre (elle pouvait ne pas se voir au début) et sa foi en Celui qui, il le croit vraiment, va le purifier.

De tout temps la lèpre a été considérée comme le symbole du péché.

Lorsque nous venons à Jésus, à l’Eucharistie par exemple, nous venons avec notre poids de péché. Et il peut être très lourd ! Mais le lépreux est venu quand même, avec son horrible maladie. Qu’importe, si nous sommes sûrs de Celui que nous allons approcher ! « Préparons-nous à la célébration de l’Eucharistie en reconnaissant que nous sommes pécheurs ». Si nous faisons nôtre ces paroles du prêtre, avec quelle foi ne chanterons-nous pas « Seigneur, prends pitié » (ou prends compassion, c’est à peu près pareil), sûrs que nous sommes d’être purifié de notre lèpre et de pouvoir rencontrer Jésus sans aucune crainte !

Nous serons capables alors d’implorer la même grâce pour ceux qui nous sont proches, et aussi, pour tous ceux dont on nous raconte chaque jour les atrocités. Aucune lèpre jamais rebuté Jésus…

Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »

Soeur Marie-Thérèse Perdriault IMG_0077

Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?

Ceux que le Fils de l’homme vient de placer à sa droite n’ont pas eu conscience d’avoir rencontré Jésus lorsque, au cours de leur vie quotidienne, et attentifs à ceux qui avaient faim, ou soif, ou froid, ils venaient à leur aide. C’était simplement avec leur cœur qu’ils allaient vers les autres, et leur motif d’agir ainsi n’était sans doute pas d’abord un motif religieux. Pourtant, Jésus a reçu chacun de ces pas vers l’autre comme des pas vers lui.

Cette page de l’Evangile de Matthieu que nous lisons aujourd’hui, peut-être provoque-t-elle en nous un certain malaise : Il y a tant et tant de nos frères et sœurs en humanité aujourd’hui qui ont faim, soif, froid, qui sont enfermés, torturés… Si le Fils de l’homme venait aujourd’hui, qui placerait-il à sa droite ?

En même temps, un sentiment d’impuissance cherche à nous envahir : Que puis-je faire de vraiment utile pour venir en aide à toute la souffrance du monde ? Oui je peux donner une pièce au sans domicile qui attend à la porte de l’Eglise le dimanche ou dans les couloirs du métro. Oui je peux faire un modeste don à quelque association humanitaire. Mais n’est-ce pas dérisoire en regard de tout ce dont m’informe journellement la télévision ou la radio ?

Le Christ, c’est vrai, ne m’a pas demandé de soulager toute la misère du monde. Lui-même, lors de sa vie sur la terre, ne l’a pas fait. Il n’a pas même guéri tous les malades de Palestine. Il a s’est concentré, semble-t-il, sur ceux qui l’approchaient et qui lui faisaient confiance.

Alors, aujourd’hui, pour nous, que signifie cette parole si encourageante et si terrible à la fois : « C’est à moi que vous l’avez fait » ? Nous vivons dans des lieux et des contextes différents. Elle n’a donc pas la même signification concrète pour chacun de nous. Je crois que ce qui est crucial c’est de ne pas se dérober, ne pas « passer de l’autre côté » comme le prêtre et le lévite de la parabole du bon samaritain. Rester attentif à la fois à ceux que nous côtoyons et au murmure de l’Esprit au fond de nous.

Entre autres, je crois le Seigneur nous demande en ce moment dans ce domaine de faire tout ce qui est en notre (petit) pouvoir pour sauvegarder notre environnement. Je crois que cela peut contribuer – de façon infime mais réelle – à nourrir, à désaltérer, à vêtir, à consoler le Christ présent en chacun de nos frères et sœurs aujourd’hui et demain. Nous ne devons pas nous dérober.

Soeur Marie-Thérèse Perdriault     IMG_0077