« Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, sa parenté et sa maison »

14ème dimanche du temps ordinaire

Marc 6, 1-6

« Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, sa parenté et sa maison ».

Un prophète, c’est un homme passionné de Dieu et  chargé par lui  de   rappeler les exigences de l’Alliance : l’amour réciproque de Dieu avec sa créature et l’amour du prochain.

Chacun de nous, prophète par son baptême, a –t-il conscience que l’autre, celui avec qui il se trouve dans la  vie, le travail…est un prophète pour lui. Il lui dit Dieu, par son existence même et par le mystère qui l’habite,  qu’il en ait conscience ou non. Mon attitude vis-à-vis de lui n’est-elle pas, souvent, semblable à celle des juifs de la synagogue de Nazareth ? Ils écoutent Jésus et sont « frappés d’étonnement », « ébahis » selon une autre traduction. « Quelle est cette sagesse qui lui est donnée ? ». Ils posent la bonne question mais n’ont  pas le cœur assez libre pour trouver la vraie réponse.

L’humanité de Jésus est bien réelle. Elle est enracinée dans une lignée, dans une terre, un village. Il partage avec tous  la même tradition religieuse.  Beaucoup de ceux qui l’approchent ne voient que cette réalité extérieure, mesurable. Pourtant à la synagogue, dans son enseignement, et par ses actes de puissance, Jésus se situe au-dessus du registre familier du village. Mais  Ils ferment leurs oreilles et détournent leur regard de la perception du mystère qui émane de lui. Ils se privent d’en saisir la source.

Cette attitude de ses contemporains se retrouvera tout au long de ses 3 années de vie publique : « De Nazareth que peut-il sortir de bon, dit spontanément Nathanaël ? » Jn 1,46 et à Nicodème, la réplique des pharisiens : « Cherche bien et tu verras qu’aucun prophète ne surgit de Galilée » Jn 7,52.

Et nous, que voyons-nous du mystère de la personne que nous côtoyons quotidiennement?

Chacun est unique dans son humanité.  A celui qui a donné sa foi au Ressuscité, Saint Paul dit :

« Désormais nous ne regardons plus personne d’une manière simplement humaine : si nous avons connu le Christ de cette manière, nous ne le connaissons plus ainsi maintenant » 2Co 5,16.

Croyons en son pouvoir de transformer notre regard, miracle indispensable, pour que la connaissance de son Mystère se transmette les uns par les autres et irrigue ainsi toute l’humanité.

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Soeur Viviane Martinez

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« Levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ».

Évangile de Jésus Christ selon Saint Mathieu 14,13-21 (18ème dimanche du temps ordinaire)

Dans ce passage de l’Évangile, les disciples, ceux des premières communautés chrétiennes, reconnaissent Jésus ressuscité à la bénédiction eucharistique qu’il prononce, à la fraction et à la distribution du pain. A travers cet évènement, ils comprennent que leurs attitudes de cœur et d’esprit doivent être converties : les temps ont changé. Avec Jésus, la peur, la pauvreté individuelle et ecclésiale, devant l’immensité de la tâche, s’estompent. Ils découvrent simultanément, que la clé de cette libération se trouve dans une relation personnelle et communautaire au Christ, à l’image de la communion que Jésus entretient avec son Père : « Levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction…». Parce qu’il lui a tout donné, Jésus nous dit qu’il reçoit tout de son Père. Dans ce « tout », il y a son immense compassion pour les foules, dont nous sommes, affamées de la vraie vie et en quête de guérison. A leur tour, les disciples reçoivent ce don de compassion essentiel à l’annonce de l’Évangile, don de charité qui mûrit dans le cœur à cœur de la prière et dans le « prendre soin » des frères proches et de ceux de la « périphérie ». « Tous mangèrent à leur faim », mais tous ne devinrent pas disciples pour autant.

Que par la solidarité authentique des chrétiens, Christ puisse continuer à inviter l’humanité à venir se rassasier aux douze corbeilles, inépuisables de la tendresse et de la libéralité divine.

Sr Viviane Martinez

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