« Pour vous qui suis-je ? »

Mais qui est Jésus ? Une question de toujours qui engage notre réponse mais aussi toute notre vie !

Il ne suffit pas d’être un contemporain de Jésus pour découvrir qui il est. L’évangile de ce dimanche nous le relate. Jésus s’en inquiète même : « au dire des gens, qui suis-je ? ». Diverses sont les réponses : « Jean-Baptiste, Elie, un prophète ». Puis vient le tour des disciples de devoir se prononcer.

Pierre, l’homme au tempérament bien trempé se lance : « Tu es le Christ ! ». Quelle profession de foi ! Aux yeux des disciples, Pierre a tout bon car il reconnait que Jésus est le messie.

Jésus se dévoile alors, annonçant sa mort et sa résurrection. C’est sans doute aussi une belle occasion saisie par Jésus pour faire cheminer les disciples, les inviter à poursuivre leur chemin de reconnaissance et d’intimité avec lui, si proche d’eux, homme parmi eux … mais qu’ils doivent découvrir comme étant aussi le tout autre.

Quelle stupeur pour les disciples ! C’est donc à la hauteur de son enthousiasme que Pierre fait à Jésus « de vifs reproches », d’homme à homme à l’écart. Que lui a-t-il dit ? Nous n’en savons rien, si ce n’est qu’il n’y est sans doute pas allé de « mains mortes » puisqu’il s’entend «passe derrière moi, Satan !»

Oui Jésus lui répond à la hauteur de sa foi mais aussi de son tempérament, de ses illusions sans doute.

Comme il est doux qu’un « Pierre » avec son tempérament de feu suive Jésus.

Que nous soyons jumeau de Pierre ou plutôt de Jean, chacun de nous est invité à entrer un peu plus avant « dans les pensées de Dieu » en acceptant de passer à la suite du Christ de la mort à la vie, de l’ombre à lumière et ce, jour après jour !

Alors bons passages ! Tout un programme en ces jours de rentrée !

Sr Élisabeth Lemière o.p.

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Le peuple de Dieu est UN en Jésus-Christ

L’Apôtre Paul, gardé en prison par les Romains en attendant de pouvoir comparaître devant l’Empereur, à Rome, sur sa demande, ayant été accusé à tort par les Pharisiens de Jérusalem, écrit aux chrétiens non-juifs d’Ephèse, où il a vécu et prêché pendant plusieurs années.                                                                                                             En Eph 2, 13-18, voici ce qu’il leur dit :

… « …vous qui étiez bien loin du Dieu de l’Alliance, maintenant, dans l’union avec Jésus-Christ, vous avez été rapprochés par son sacrifice. Car c’est le Christ lui-même qui nous a apporté la paix, en faisant des Juifs et des non-Juifs, un seul peuple. En donnant son corps, il a abattu le mur qui les séparait et en faisait des ennemis, et Il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi juive, pour former, avec les uns et les autres, un seul  peuple nouveau dans l’union avec lui ; c’est ainsi qu’il a établi la paix.

Par sa mort sur la croix, le Christ les a tous réunis en un seul corps, et les a réconciliés avec Dieu ; par la croix, il a détruit la haine.

Le Christ est donc venu annoncer la Bonne Nouvelle de la paix à vous, les plus lointains, comme aux plus proches. C’est en effet par le Christ que nous tous, Juifs et non-Juifs, nous pouvons nous présenter devant Dieu, le Père, grâce au même Saint-Esprit ».

En Gn 1,26, Dieu avait dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. » Le projet était séduisant. Or, la Bible décrit ensuite comment le serpent, par ses interventions fallacieuses, fait croire au couple (Adam et Eve) que Dieu est jaloux de son pouvoir et ne veut surtout pas qu’ils deviennent « comme des dieux ».

La suite nous indique comment le couple s’est alors coupé de Dieu, et a perdu ainsi la faculté de monter vers la  ressemblance  de Dieu.                                                           Un coup d’œil sur l’actualité mondiale nous montre que l’humanité semble, en effet, assez loin de cette ressemblance divine, même si, dans le monde entier, beaucoup de petits gestes de solidarité, de fraternité et d’amour, beaucoup de recherche et d’innovation, un besoin de vraie liberté et de vie spirituelle, de moments de silence, de prière et de méditation, tendent à frayer un nouveau chemin vers Dieu, pour notre bonheur.

De son côté, Dieu n’a pas perdu de vue son projet initial! Relisons le texte de Paul :

« Par sa mort sur la croix, le Christ les a tous réunis en un seul corps, et les a réconciliés avec Dieu ; par la croix, il a détruit la haine ».

En Jésus, mort et ressuscité, Dieu a redonné à tout homme la possibilité de tendre à nouveau vers la ressemblance. Oui, mais … comment ?                                                     St Jean nous en donne la clé :

« Mes biens-aimés, si Dieu nous a aimés ainsi, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres….Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour, en nous, est accompli ». Première épître de St Jean,4, 11-12.

Belle perspective ! Et, pourquoi pas ?

 

Sr Elisabeth Frey

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Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit

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En célébrant aujourd’hui la Fête de la Sainte Trinité, nous célébrons celle d’un  » Dieu amour »,  qui nous invite continuellement  à partager son amour généreux, à le recevoir et à lui répondre de tout notre cœur.
 
Il est certain que  du point de vue théologique, on a écrit beaucoup, sur ce grand mystère. Mais nous sommes conscientes d’ être toujours très loin de la réalité. D’ailleurs rappelons-nous  qu’un jour Saint Augustin marchait  le long de la mer, tout en réfléchissant pour arriver à comprendre ce mystère qui le dépassait. Sur son chemin il rencontre un enfant qui avait creusé un trou dans le sable et qui avec une cuillère il cherchait à y mettre toute l’eau de la mer. Augustin lui dit que cela est vraiment impossible. D’une manière très convaincue, Augustin lui dit qu’il est impossible. L’enfant lui répond très convaincu:  » oui, c’est vrai, mais  j’aurai fini avant que vous commenciez à comprendre cette histoire de la Trinité… »
 
Nous sommes donc invitées à nous contenter de ce que nous dit la Bible. Cette révélation s’est faite très progressivement. Dans la première lecture, nous voyons Dieu s’adresser au Peuple élu. Il lui fait mesurer toute l’étendue de la générosité d’un Dieu qui aime son peuple. Il a vu la misère de celui-ci étant esclave en Egypte…pour la sauver, Il lui a fait passer la Mer Rouge…Il l’a conduit et l’a accompagné dans sa longue marche à travers le désert.
 
Dans la seconde lecture, Saint Paul va beaucoup plus loin, il nous dit clairement que nous sommes adoptés par Dieu. Nous sommes donc des fils, et nous pouvons l’appeler Père.Dans ce sens, Dieu a voulu nous introduire dans sa vie intime. Nous sommes ses enfants bien-aimés, nous sommes frères et sœurs du Christ.  Cela s’est réalisé grâce à l’Esprit Saint.
 
Évangile nous parle du dernier rendez-vous des disciples avec Jésus, durant lequel ils ont reçu l’envoi en mission:  » Allez…de toutes les nations faites des disciples. Baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit ».  Après cet envoi, il est hors de question de rester plantés là en se posant des questions sur le tombeau vide. Il est urgent et vraiment indispensable de commencer à comprendre que l’événement de Pâques n’est pas une fin, mais un commencement. Tout ce que Jésus a pu faire ou dire au cours de sa vie terrestre, était une préparation à cette nouvelle aventure des Apôtres. Avec la première alliance, Dieu ne s’adressait qu’au petit peuple d’Israël.  La Nouvelle Alliance est offerte à tous les peuples du monde entier.
 
Il nous revient à nous aussi aujourd’hui,  d’être envoyées et passionnées de cette histoire d’amour entre un « Dieu- trinitaire »: Père, Fils et Saint Esprit et l’humanité, et  d’accueillir cette présence aimante, non seulement en inscrivant son nom sur nos corps par le signe de la croix, mais  en vivant l’amour fraternel  en dimension universelle.
 
B O N N  E      FÊTE      DE     LA   SAINTE   TRINITÉ  !
Soeur Maria Fabiola Velasquez          images

Le pas de la liberté

 

Frères,
je vous le dis :
marchez sous la conduite de l’Esprit Saint,
et vous ne risquerez pas de satisfaire les convoitises de la chair.
Car les tendances de la chair s’opposent à l’Esprit,
et les tendances de l’Esprit s’opposent à la chair.
En effet, il y a là un affrontement
qui vous empêche de faire tout ce que vous voudriez.
Mais si vous vous laissez conduire par l’Esprit,
vous n’êtes pas soumis à la Loi.
On sait bien à quelles actions mène la chair :
inconduite, impureté, débauche,
idolâtrie, sorcellerie, haines, rivalité,
jalousie, emportements, intrigues, divisions, sectarisme,
envie, beuveries, orgies
et autres choses du même genre.
Je vous préviens, comme je l’ai déjà fait :
ceux qui commettent de telles actions
ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu.
Mais voici le fruit de l’Esprit :
amour, joie, paix, patience,
bonté, bienveillance, fidélité,
douceur et maîtrise de soi.
En ces domaines, la Loi n’intervient pas.
Ceux qui sont au Christ Jésus
ont crucifié en eux la chair,
avec ses passions et ses convoitises.
Puisque l’Esprit nous fait vivre,
marchons sous la conduite de l’Esprit. (Ga 5, 16-25)

 

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Marchez !

Tout un programme. Plus, un art de vivre. Marcher en son corps, marcher en son intelligence, comme en son cœur. Marcher dans sa foi. Consentir au mouvement, à l’imprévu, à la déroute parfois aussi. Et repartir, sans savoir ce qui passera à chaque pas. Marcher : La vie évangélique est là dans ce verbe de décision, de mouvement et de lenteur. Marcher, ou rencontrer des terres inconnues, en soi, en l’autre. Les apprivoiser, les aimer. Marcher, ou le propre de l’humain, capable de se relever, de ne pas rester le nez collé à la poussière et de prendre le risque du déséquilibre qu’impose le déplacement du corps comme du regard ou de l’âme.

Aux Galates, et aux lecteurs que nous sommes, Paul offre un guide à cette marche, afin qu’elle ne se transforme pas en errance et en épuisement : Marcher sous la conduite de l’Esprit au grand vent de la liberté. Elle qui est au centre de l’annonce de Paul à la Galatie : « Car vous, c’est pour la liberté que vous avez été appelé » (5,1). Le moteur de la marche est là : devenir libres. La liberté, et non plus la soumission ni l’esclavage de la loi. C’est d’elle que nous sommes libérés par le Fils. Non que la Loi de Moïse ne fût pas importante, qu’elle n’ait pas été une pédagogue dans l’Alliance avec Dieu. Mais voilà, la manifestation définitive de Dieu n’est pas la Loi, mais le Christ. Et le Christ crucifié, pendu au bois de la Croix. Là est toute notre liberté, comme notre force. Car c’est le Christ qui rend libre et l’esprit du Christ qui conduit en cette liberté, la fortifie et lui fait porter des fruits de justice et de bienveillance, de douceur et de paix. Des fruits qui dessinent les traits du visage du Christ. Lui qui a épousé la cause des pécheurs, afin que plus personne ne soit exclu de son amour, de son salut.

Alors, s’écarter de la « chair » ne signifie nullement oublier sa condition mortelle et limitée. Pas davantage considérer que ce qui vient du corps est mauvais et qu’il faudrait bannir nos sentiments, le sens de la caresse, ou du goût du bon vin. Non, s’écarter de la chair, c’est renoncer à l’autarcie prétentieuse de réussir par ses seules œuvres, comme par la seule conformité à la loi – ce qui peut bien s’avérer similaire. Le salut est un don. L’Esprit aussi. Ils ne se méritent jamais, mais se reçoivent pour qui simplement les implore en se tournant vers le Père comme un fils. Rien de plus. Comme le larron en sa dernière heure.

Quitter une religion du mérite et de la seule conformité à des règles, comme la mesure du vrai.

Se déclarer en faveur d’une foi liée à la Promesse tenue en Christ, totalement et définitivement. Sur le bois de la Croix, le Christ a banni toute malédiction : tout peut être restauré en nous et la vie porter du fruit en abondance. Un fruit qui ne se décide pas, mais demande du soin puis se reçoit, se goûte et se partage.

Que faire alors ? Grâce à l’Esprit du Christ qui fait lentement marcher vers la liberté, nous détourner de ce qui est  tapi en nous et nous maintient fixés au sol, ligotés à de la violence: « idolâtrie, haines, rivalité, jalousie, emportements, intrigues, divisions, sectarisme et autre chose du même genre… » Et être conduit à recevoir un cœur de chair, celui-là même du Dieu fait chair.

« Je vous donnerai un cœur neuf et je mettrai en vous un esprit neuf j’enlèverai de votre corps le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon propre esprit. » (Ezechiel, 36, 26)

Ce jour est là, à l’œuvre : Pentecôte.

Reste à marcher, ensemble., sous la conduite de l’Esprit.

Véronique Margron op              IMG_3138 - Version 2

 

Dernier livre paru : Solitudes nuit et jour, Bayard, 2014

« Le monde les a pris en haine parce qu’ils ne sont pas du monde » Jn 17,11-19

Un professeur de français dirait à ses élèves : « que de répétitions ! » Et il les renverrait à un dictionnaire de synonymes ! Pas moins de 18 fois le mot « monde » dans le chapitre 17 de saint Jean. Et, pour corser l’affaire, pas toujours le même sens….. Il y a donc un risque de mécompréhension.

Le monde serait comme un lieu très négatif, un lieu dont les apôtres ( les Onze) et les disciples (nous) devraient être protégés, absolument. Car pour « celui qui va à sa perte », c’est déjà, peut-être, trop tard …Et pourtant quand Dieu fit le monde … Il vit « que cela était bon ». Gn 1. Alors ?

Alors … à y regarder d’un peu plus près, il y a le monde et le Mauvais (avec une majuscule) : Le Père a envoyé Jésus dans le monde :

« Le Verbe était la lumière du monde, Il venait dans le monde, Il était dans le monde et le monde fut par lui et le monde ne l’a pas connu » (Jn 1,9-10)

Alors ? Si le Père a envoyé son Fils et si les disciples sont envoyés à leur tour dans le monde c’est parce que le monde n’a pas à être exclu du Salut.

« Je ne te prie pas pour que tu les enlèves du monde mais pour que tu les gardes du Mauvais »

C’est toute la création –le monde créé – qui « gémit en travail d’enfantement »   ( Rm 8,22)

Mais, il y a un secret.

Ce secret s’appelle la sanctification.C’est la manière originale, spécifique, unique, pour un frère de Jésus d’être au monde sans appartenir au Mauvais. C’est être dans le monde sans y être englouti, englué, noyé. C’est n’être pas complice d’un monde qui met l’homme au rang d’objet.

« Sanctifie-les dans la vérité ».

La vérité c’est l’antinomie du Mauvais. La vérité c’est le contraire de Satan, le menteur, le calomniateur, le tentateur :

« Non, pas du tout, vous ne mourrez pas … vous serez comme des dieux … »  (Gn 3,4-5)

« Le monde les a pris en haine pare qu’ils ne sont pas du monde »

 L’Observatoire de l’Eglise en détresse, soutenu par l’AED, a publié en 2014 une étude sur la persécution des chrétiens dans le monde. Il y a la persécution officielle et l’hostilité populaire qui peut lui ressembler beaucoup. Le nombre de chrétiens persécutés s’élève à 100 voir 150 millions. Et le Malin s’appelle alors Boko Haram, Daech, Mafia, Règne de la drogue etc …

Au fait, le pape François – comme Jean l’évangéliste – aime aussi les répétitions.Il use et abuse des mots mondanité, mondain(e) ! L’avez-vous remarqué dans « la Joie de l’Evangile ? »

Alors ? Alors le Diabolus peut aussi s’appeler surconsommation, individualisme, engagement frileux, immanence, récupération, etc …

Alors ?

Seigneur « ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du Mal » ….

Sœur Françoise-Chantal  Sr Françoise Chantal

Demeurer

Les adieux de Jésus en  Jn 13, précèdent la vigne véritable de Jn 15,1-8
          « Moi je suis la vigne;vous, les sarments. Celui qui demeure en moi,et moi en lui,celui-là porte beaucoup de fruits;car hors de moi vous ne pouvez rien faire. »Jn15,5.
             
Les sarments ont besoin de la vigne,les fruits sont portés par les sarments; la vigne, les fruits,les sarments s’épanouissent au x bons soins du vigneron. Un fruit est signe de vie pour l’arbre qui le porte, il est un signe de patience,un signe d’effort quotidien vis à vis de celui qui l’a planté.
Les fruits doivent bien s’accrocher aux sarments,les sarments  à la vigne et ses racines sont constamment à la recherche de substances nécessaires pour sa croissance et  sa fécondité.
« Si quelqu’un ne demeure pas en moi,il est jeté dehors comme les sarments et il se dessèche; les sarments ,on les ramassent et on les jette au feu et ils brûlent » Jn15,6 .
  
         
Porter de fruits demande beaucoup d’effort. Le vigneron à le souci de sa vigne,il veille sur le moindre détaille pour sa réussite . Dieu veille sur nous, quand nous lui faisons confiance. C’est pourquoi les sarment sont taillés, émondés pour donner une bonne récolte.
           
Saint Jean nous rappelle qu’il n’existe pas de beauté sans difficultés, pas de beauté sans efforts, sans souffrances. Cela me rappel que l’orpailleur archaïque ne dira pas le contraire,il sait qu’on acquiert pas l’or en creusant dans tous les sens. La vie chrétienne demande des choix quotidiens en fonction des recommandations et des attitudes de Jésus.
Il peut nous arriver d’être ailleurs que dans la vigne, pas de panique cependant. Rappelons nous que hors de la vigne véritable ,nous ne pouvons rien faire;sans vérité,joie partagée aux autres,sans pardon donné et reçu, sans paix et fraternité,nous nous coupons de la vigne.
Mon entretien avec un patient découragé par sa maladie,après des semaines d’hospitalisations, me dis avoir vu en celle-ci un temps de réflexion, un temps de repos,de prise de conscience: il reconnait avoir trop travaillé,ne se reposant pas ; courant partout, il ne s’intéressait à personne: »désormais,ma sœur, je me donnerai du temps de repos ,j’organiserai des rencontre avec mes voisins, ,je m’ouvrirai à la vie ». N’est – ce pas porter des fruits?
         Serons-nous des sarments soucieux du bon développement de la vigne ?
         Resterons nous dans la vigne pour porter de bons fruits ?
Soeur Angelina o.p.
Angelina

« Je donne ma vie pour mes brebis »

 

“ JE CONNAIS MES BREBIS….COMME LE PERE ME CONNAIT,

                     …..Et JE DONNE MA VIE POUR MES BREBIS…. Jn 10, 11-18

Sans en avoir conscience, nous vivons bien souvent comme si le Bon Pasteur ne s’occupait de son troupeau que collectivement . Nous oublions qu’il connaît et appelle chacune de ses brebis «  par son nom ». Ce n’est pas une connaissance abstraite et globale, mais une sollicitude vive, tendre, efficace…

Jésus essaie de nous le faire comprendre en nous parlant de ses relations avec le Père, «  son Père et notre Père » : « comme le Père me connait et que je connais le Père »…Ainsi le Christ «  connait bien la face de ses brebis » Pr 27,23 , il s’occupe de chacune avec un amour personnel, pour chacune une note de sollicitude qui n’est que pour elle, ne se répète pas pour une autre…

Ce lien si personnel vient précisément de la « connaissance »  qu’a Jésus de chacune des brebis, connaissance forte : celle qui unit Jésus à son Père !

Et pourquoi cet amour est-il si fort ? «  Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau ».

Donner sa vie et la recevoir de nouveau, c’est bien cela qui s’est passé à Pâques.. Jésus , fidèle jusqu’au bout au commandement du Père, a donné sa « vie humaine » et reçu  « la vie divine »…celle qu’Il veut dorénavant partager et donner à ses disciples…et à ceux vers lesquels il les envoie..jusqu’aux bouts du monde.

Donner sa vie, la recevoir de nouveau, c’est maintenant la mission des disciples… des baptisés..de nous, de vous, de moi…parce que dans le Christ…le Père m’aime…

 Aujourd’hui, jour de prière pour les vocations… le Père appelle toujours , à la suite du Fils, Bon Pasteur, à donner sa vie pour la recevoir de nouveau..Tous les baptisés reçoivent cette mission, chacun dans sa vie et son charisme personnels….

Laissons-nous surprendre par l’appel du Père….

Sr Catherine de la Présentation

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« Avez-vous quelque chose à manger ? » (Luc 24,41)

Sur le chemin d’Emmaüs, pour eux disciples du Christ, ils marchent, ils parlent toujours écrasés par la mort de leur maître. Ils sont littéralement anesthésiés par la souffrance qu’ils partagent. Ils essayent de l’accepter mais c’est impossible. Pourraient-ils tout juste essayer de la comprendre ? Un inconnu se joint à eux, un lettré, qui connaît bien les Écritures. Ils l’écoutent sans se rendre compte qu’ils sont fascinés par ce qu’il leur dit. Au moment où les routes se séparent, les disciples sont les premiers à insister pour que cet homme les suive et partage leur repas. L’inconnu accepte. Au cours de la collation, au moment même où l’inconnu « rompt le pain », leurs esprits embués par le chagrin s’éclaircissent. Ils « voient ». C’est le Seigneur.

La crucifixion de Jésus et sa mort abominable sur la croix semblent avoir paralysé les disciples, et c’est le geste vital de partager le repas qui ouvre leur esprit.

Nous retrouvons la même chose chez les apôtres. Le Christ est là au milieu d’eux, ils ne le reconnaissent pas. Mais cette fois-ci, le Christ parle et leur dit « :

« La paix soit avec vous ».

Alors que le geste du partage du pain avait réveillé les disciples d’Emmaüs, la parole de Jésus adressée aux apôtres, remplis de contradiction, ne semble pas suffire pour les faire croire. C’est alors que Jésus leur demande si ils ont à manger. Et quand le Christ mange avec eux, on a l’impression que les doutes sont dissipés pour les apôtres.

Alors le Christ enfin reconnu reprend son rôle de guide auprès d’eux. Il leur redit que chaque étape de sa vie est annoncée dans les Écritures et que les péchés sont pardonnés en son nom.

Ils ont été témoins de la vie du Christ et de sa résurrection et c’est à eux (nous ?) maintenant de témoigner auprès de tous.

 

Sr Martine Bourquin IMG_3147

Jésus vient, et il se tient au milieu, en disant : « Paix à vous ».

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Jésus vient, les portes étant closes, et il se tient au milieu, en disant : « Paix à vous ».

Thomas (dont le nom signifie jumeau), notre frère le plus ressemblant, n’est pas là lorsque Jésus vient rencontrer les siens. Il n’est pas là où vient le Christ, « au milieu » de nos existences, malgré les portes fermées.

Il peut nous arriver d’être ailleurs qu’au milieu, dans des périphéries cette fois peu réceptives à l’évangile, quand nous nous faisons le centre de notre existence, alors que là, est la place de Dieu.

Pas de crainte cependant. Nous avons des ancêtres prestigieux, qui comme Thomas étaient ailleurs. Augustin par exemple, pousse ce cri dans ses confessions : « Tard je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle, tard je t’ai aimée ! Mais quoi ? Tu étais au dedans de moi, et j’étais, moi, au dehors de moi-même. Et c’est au dehors que je te cherchais ! ». Thérèse de Jésus, dont nous fêtons les 500 ans ces jours-ci, s’effondre à l’aube de ses 39 ans et tombe aux pieds d’une statue du Christ quand elle comprend que pendant près de vingt ans, elle était là peut-être physiquement mais en même temps absente à sa présence.

Thomas le premier, a eu ce cri de reconnaissance, de stupeur et de joie : « Mon Seigneur et mon Dieu »

Thomas, Augustin et Thérèse et tant d’autres viennent nous assurer de cette magnifique nouvelle : quand nous ne sommes pas là, Dieu revient. A la deuxième heure, à la cinquième et jusqu’à la onzième heure, il revient, et se tient là, « au milieu », et nous donne rien de moins que sa paix. Parce que désormais notre foi a un socle autrement plus solide que nous-mêmes et nos efforts si vigoureux soient-ils. Elle a pour socle la foi de Jésus lui-même, qui à l’heure de sa passion et de la trahison des siens, dans sa grande prière au Père, témoignait pour nous de notre propre foi. « Ils ont gardé ta parole ; ils ont cru que tu m’as envoyé » (Jn 17).

Cette confiance déposée indistinctement entre les mains de son Père et entre nos mains est pour l’éternité marquée de la trace des clous et de la plaie dans son côté. Nous pouvons nous y blottir, car ces plaies crient que la finitude de l’homme, sa douleur même, sont devenues maison pour Dieu. L’eau qui s’en écoule a lavé toute accusation. Son sang s’est uni à celui des martyres connus et inconnus de tous les temps. Il nous en est promis mystérieusement un vin de fête. Le Christ, confondu avec les bandits, a déchargé les bandits de leur fardeau. L’accusateur de nos frères a été rejeté.

Thomas d’un coup, comprend cela. « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Si le Christ lui-même a déposé entre nos mains sa confiance, nous pouvons nous appuyer sur cet acte de foi définitif pour croire, sans voir. Et proclamer avec Jean, en unissant nos voix à celle d’un peuple innombrable : « Et telle est la victoire qui a triomphé du monde : notre foi » (1 Jn 5,4). Cette foi, fondée en lui, marquée par ses blessures, qui se déploie « avec douceur et respect » (1 P 3,16).

Anne Lécu o.p.    Soeur Anne Lécu

Se lever

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Dans la nuit encore profonde, dans les larmes qui ne veulent se tarir, dans le deuil qui ne fait que commencer, Marie se lève et se presse. Pourquoi se hâter puisque son amour est mort et la nuit froide ? Elle le sait, elle qui était là, au pied de la croix et jusqu’au bord de la tombe dans ce jardin. Serait-ce son secret ? Là où s’enracine sa force pour se lever ? Elle a habité, totalement, la joie et la souffrance d’aimer. Alors, une autre connaissance est en elle, hors de tout savoir, folle pour beaucoup : son amour est plus fort que le roc de la mort. La Madeleine réveille en nous l’aube du jour nouveau du monde. Le tombeau n’est ni vide, ni plein, il n’est plus. Le Christ, crucifié pour avoir aimé, a déserté la mort et s’en est retourné en son vrai lieu : dans les cœurs, intimes, secrets, de celles et ceux qui le cherchent, l’espèrent, l’annoncent, le prient.

L’aube se lève à peine, serait-ce celle de l’espérance ? interrogeait Geneviève Anthonioz de Gaulle en terminant le récit de sa Traversée de la nuit.[1] Oui, ce matin, l’espérance fut réveillée par une femme qui s’est redressée contre le désespoir et l’état des choses.

Pâque est une signature : Le Père a rendu le fils aux hommes, à chacune et chacun. C’est à nous, désormais, de faire connaître le secret de Dieu : la pierre précieuse a renversé la pierre tombale.

 

Très belle fête à tous

 

Sr Véronique Margron, op.       IMG_3138 - Version 2

[1] Seuil, 1998