Avançons-nous avec pleine assurance

Avançons-nous donc avec assurance
vers le Trône de la grâce,
pour obtenir miséricorde
et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.

Hb 4,16

 

L’auteur de l’épitre aux Hébreux insiste sur ce mot, parrhêsia, qui signifie à la fois, l’assurance de ceux qui parlent « ouvertement » à Dieu et aux hommes, la loyauté et le courage de la vérité. Peu avant, l’épitre avait déjà eu cette parole encourageante :

« Sa maison, c’est nous, si toutefois nous gardons inébranlable l’assurance (parrhêsia) et la joyeuse fierté de l’espérance » (Hb 3, 6).

Cette assurance joyeuse et grave tout à la fois est une forme d’anticipation de la fin des temps. La victoire a eu lieu, et le Christ l’a portée. Si nous ne sommes pas dispensés de traverser la nuit avec lui, il nous a été donné de croire que la nuit n’est pas le dernier mot prononcé sur ce monde et ce temps.Alors, Jésus accepte tout, y compris les demandes un peu étonnantes des siens. Lorsque les fils de Zébédée lui demandent de siéger l’un à droite et l’autre à gauche, ils font preuve d’une certaine assurance que Jésus ne méprise pas. Et ils nous apprennent que l’on peut tout demander à celui qui nous prend comme nous sommes ; il réorientera nos demandes si elles sont un peu mal dégrossies. Venez comme vous êtes, ne cesse-t-il de nous dire. N’ayez pas peur. Vous voulez être à côté de moi ? mieux encore, vous serez avec moi. Vous voulez partager mon pouvoir ? mieux encore, vous partagerez ma victoire, mais c’est une victoire de pauvre, afin que tous y soient associés.

Le trône de la grâce est pour tous, et si le Christ y siège, c’est avec toute l’humanité qu’il a entrainée dans sa victoire. Il nous faut en vivre pour que d’autres trouvent en Lui pleine assurance.

Anne Lécu o.p. 

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Une parole tranchante

Trancher.

Trancher non pour tuer, non pour blesser. Trancher pour comprendre, distinguer, séparer. Trancher ce qui fait vivre et ce qui fait mourir, ce qui est ténèbres et lumière en nous. Trancher, car tout ne se vaut pas.

En ces temps si douloureux pour les victimes des crimes commis par des membres de l’Église, en ces temps de tempête hivernale pour tous les catholiques de bonne volonté, bouleversés, interdits, devant ces désastres, oui, il importe que la parole tranche et soit efficace. Qu’elle nomme pour de vrai et fasse ce qu’elle dit. Qu’elle qualifie le crime comme elle sait nommer le miracle de la bonté, de la justesse de vivre, de la générosité. Qu’elle qualifie ce qui détruit comme elle raconte la merveille des vies données pour le Christ, telles celles des témoins de l’Église Algérie, en son humilité et son humanité. Telles celles de tant et tant de visages inconnus, ordinaires, quotidiens, burinés par la vie, par l’engagement et la souffrance d’aimer.

Alors oui la parole est là pour être énergique, pour sauver et libérer.

Faisons un détour par une vieille histoire.

Il était une fois deux femmes[1], prostituées, venues solliciter l’arbitrage d’un jeune roi. Deux femmes qui vivent sous le même toit, de « mauvaise vie », marginalisées, pointées du doigt par la bonne société. Deux femmes sans nom, indifférenciées, on parle de l’une et de l’autre, sans homme, ou alors avec trop d’hommes, de passage, pour que l’un ou l’autre se reconnaisse responsable de l’avenir. Dans ce tobu bohu,comment distinguer le vrai du faux, le bien du mal ? La seule chose de certaine, c’est qu’un des deux nouveau-nés est mort.

Elles se disputent un bébé comme une propriété : la première des femmes se présente au roi comme une victime : son bébé lui a été enlevé par l’autre qui par négligence a provoqué la mort de son propre nourrisson. Mais la seconde se défend, soutenant l’inverse.

Qui croire ? au nom de quoi ? Comment sonder leur cœur et leurs reins, comment discerner le ténébreux, l’avidité, le mensonger, en l’une ou l’autre ?

Le roi Salomon ne veut pas juger sur de seules apparences, sur ouï-dire. Il doit faire la vérité, afin que sa parole coupe la vie de la mort. Il demande alors une épée, pour trancher justement, en coupant l’enfant en deux, puisque toutes deux revendiquent cet enfant unique, sans témoin.

Mais voilà que la femme dont l’enfant était vivant, prise aux entrailles, au risque de le perdre, supplie qu’il soit donné à la première, afin qu’il reste vivant.

L’ordre du roi oblige chacune d’elles à se dévoiler en sa vérité. Si la première préfère donner l’enfant plutôt que de le voir mourir, l’autre réclame sa mort plutôt que de le voir partir avec sa rivale.

Décidément, tout ne se vaut pas. La vérité et la justice se font quand ce miroir trompeur des apparences se brise enfin. La vie, alors et alors seulement, peut être sauvée et libérée de l’emprise et du mensonge.

Notre parole doit rendre des comptes à la parole du Christ qui jamais ne retient ni n’emprisonne. Si elle ne le fait pas, elle est du côté du « mentir ». Autrement dit du « je m’en tire ».

Notre parole agissante, énergique doit, dans la fidélité au Dieu vivant et vrai, extraire ce qui fait mourir et démasquer ce qui enlise, confond, détruit.

Et ainsi rendre à la vie et à l’avenir aux vies brisées.

 

Véronique Margron o.p.

[1]1erlivre des Rois, chapitre 3, versets 16 à 28

Jésus fixa son regard sur lui et l’aima

«  Une seule chose te manque ; va, vends tout ce que tu as, donnes-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis- moi »

Dans cette page d’évangile, il est question d’un jeune homme en dialogue avec Jésus. En abordant Jésus, il porte en lui un souci  auquel il veut à tout prix trouver une réponse déterminante pour sa vie. On peut pourtant constater un Paradoxe : Il a tout pour son bonheur et néanmoins, il sent un manque, une insatisfaction, il a une aspiration à une félicité parfaite. C’est dans cette quête profonde qu’il s’adresse à Jésus : «Bon maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en partage ? »

Conscient qu’il ne peut pas par lui-même trouver la bonne voie qui va lui permettre d’avoir la vie éternelle en partage, alors il a besoin d’un guide bien éclairé qui est déjà sur le bon chemin et qui pourra l’aider en toute sûreté à emprunter la bonne voie. Pour ce faire, il va trouver Jésus, en toute confiance, il lui pose sa question et ainsi un dialogue s’établit entre lui et Jésus. Si ce jeune homme a osé freiner l’élan de Jésus qui était sur le point de s’en aller, c’est que ce n’est pas un hasard, probablement qu’il a déjà écouté Jésus, l’a admiré et s’est laissé toucher par ses Paroles. Il est donc un des auditeurs de Jésus. Les Paroles de Jésus, certainement l’ont bouleversé dans son  for intérieur.

Le  jeune homme de l’évangile qui d’ailleurs n’est pas nommé, pourrait  être chacun de nous aujourd’hui. Nous pouvons avoir une multitude d’interrogations dans nos cœurs voire des préoccupations .Mais laquelle est la prioritaire ? Nous conduit-elle sur le chemin de la vie éternelle ? Nous sommes souvent tentés de nous laisser enliser dans les préoccupations mondaines qui sont éphémères telles que : Comment faire pour être  plus riche ?  Plus puissant ? Comment avoir plus de plaisirs possibles en ce monde ? Ces aspirations et besoins matériels étouffent en nous le désir de la recherche de la vraie Vie si bien qu’il nous est presque impossible d’entendre la douce voix du Christ qui résonne à la porte de la conscience de nos cœurs.

Si Jésus a  demandé  au jeune homme d’aller vendre tout et de venir à sa suite pour avoir part à la vie éternelle, c’est parce qu’il a perçu son grand désir et sa ferme  volonté de se perfectionner.  La sincérité, le désir ardent et la soif de ce homme dans sa recherche de la volonté de Dieu, lui ont valu un regard particulier et plein d’amour du Christ : « Alors Jésus fixa sur lui son regard et l’aima ».Le regard du Christ est toujours plein de tendresse et très parlant. Les paroles de Jésus sont très exigeantes et demandent de l’abnégation et de l’oubli de soi. Avec le Christ il n’y a pas de complaisance, il faut savoir quitter tout et préférer Dieu plus que tout. Pour le Christ l’unique observance de la loi ne peut pas suffire pour avoir « la vie éternelle ». La Loi doit être enveloppée par la charité car la charité et l’amour vont de pair.

Nos bien matériels, nos richesses sous toutes leurs formes peuvent nous emmener à ne pas voir nos frères qui sont autour de nous ni faire attention à eux. C’est la raison pour laquelle Jésus nous demande à travers ce jeune homme « Va, vends tout ce que tu as, donne le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi ». La réponse de Jésus est bien claire. Pour suivre Jésus il faut un changement de vie qui permettra d’emprunter le vrai chemin qui conduit à la vie. Il ne suffit pas non plus de « faire »mais « d’être ».La question ultime qui se pose à tout chrétien, membre à part entière du Corps du Christ demeure celle-là : qu’est-ce qui est essentielle dans ma vie et quelle place occupe Dieu dans mon cœur ?

Puissions-nous ouvrir nos cœurs à cette parole du Christ afin qu’elle y trouve un écho favorable et nous bouscule à la radicalité pour lui et pour la vie éternelle. Amen.

 

Bonne fête de notre Mère la Bienheureuse Marie Poussepin. Qu’elle intercède pour nous au près du Seigneur. Amen.

 

Soeur Patricia Yameogo 

Des pharisiens s’avancèrent pour lui tendre un piège

Nous sommes prévenus … une question ambigüe qui prête à confusion va être posée à Jésus. « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »

L’interprétation de ce passage de la loi de Moïse, au Deutéronome 24, 1, était déjà très controversée.

« Soit un homme qui a pris une femme et consommé son mariage ; mais cette femme n’a pas trouvé grâce à ses yeux et il a découvert une tare à lui imputer ; il a donc rédigé pour elle un acte de répudiation et le lui a remis puis il l’a renvoyée de chez lui. »

Jésus pouvait-il s’appuyer sur ce passage pour légitimer le divorce ? S’il disait « oui » il allait à l’encontre de l’ensemble de son message fondé sur le respect de chacun d’autant que ce texte n’est pas à l’honneur de la femme, une fois de plus, puisque c’est l’homme qui décide ! et s’il répondait « non » il risquait de compromettre la véracité de loi mosaïque !

Mais Jésus fait remarquer la subtile différence entre « commandement » et permission. Jamais Moïse n’a commandé le divorce, mais : permis ». Et Jésus ne se prive pas de faire remarquer que cette permission n’était qu’une concession acceptée par Moïse à cause de la « dureté du cœur » de l’homme.

Des exégètes supposent que Moïse au  Dt 20, 1-4 ne pouvait que constater le fait social de la pratique du divorce, non pour l’encourager ou le recommander, mais pour y introduire un peu de justice. Rappelons-nous la situation de la femme à l’époque biblique et à d’autres ! Si l’homme devait rédiger un acte de répudiation, la femme retrouvait sa liberté et ne pouvait être l’objet d’un chantage !

Mais Jésus n’en reste pas au niveau juridique, il veut rappeler la volonté première de Dieu. Il rapproche pour cela deux citations de la Genèse. 1, 27 et 2, 24 : « Le Dieu unique a créé l’homme et la femme à son image et a lié l’un et l’autre pour réaliser une entité nouvelle, indissoluble, dans l’amour ». (Michel Hubaut, « Quel est cet homme »)

Qui donc opère ce lien et fonde l’unité indissoluble du mariage, n’est-ce pas la parole fondatrice de Dieu ? Ainsi Jésus refuse toute polygamie et rappelle le dessein initial de Dieu.

Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! Car la prise de position de Jésus ne s’appuie pas sur des arguments juridiques mais sur la « vocation » originelle de l’amour humain, reflet de celui de Dieu !

Mais étant donné la condition de l’homme blessé, sans oublier celle d’aujourd’hui, l’idéal que Jésus propose, n’est-il pas une utopie irréalisable ?

Jésus connait le cœur de l’homme et de la femme, aliéné par des forces mauvaises…mais n’est-il pas venu pour le libérer de cette aliénation et lui permettre d’aimer à nouveau, selon le dessein de Dieu créateur ?

« Entre l’idéal vers lequel l’homme tend et ses limites, laissons place à la pédagogie de la miséricorde, de la croissance de l’être humain qui doit assumer ses échec et « croire » qu’un nouvel avenir est toujours possible. N’est-ce pas là toute la délicate question de la pastorale des divorcés ? » (Michel Hubaut, « Quel est cet homme ») et acceptée par notre Pape François…

Nous connaissons toutes autour de nous, dans nos familles, des situations douloureuses de couples désunis, de familles « recomposées », mais aussi des couples courageux qui rament souvent à contre-courant !

Que l’Esprit Saint éclaire la route, en fortifiant leurs efforts, de ceux et celles qui veulent, envers et contre tout sceller leur union en Dieu ! L’Amour ne sera-t-il pas toujours vainqueur ?

Soeur Monique Wagner o.p.

Pour compléter cette méditation, voir : un goût d’Evangile de Ph. Bacq- Edition Lumen Vitae. P 144…

Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes !

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Combien difficile à entendre est l’évangile de ce jour. Et pourtant salutaire.

Il y est question du nécessaire travail de séparation entre ce qui nous permet de vivre ensemble et ce qui tue nos relations. La leçon de Jésus est sérieuse : ce qui tue, nos conduites mauvaises, voir peccamineuses, il faut hardiment s’en débarrasser : « Coupe-le ». Mais encore faut-il les identifier. Travail de vérité nécessaire qui ne peut se faire seul, bien au contraire : « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous ».

La main qu’il faut couper, c’est celle qui prend, qui accapare, qui abime l’autre. La main qui refuse le verre d’eau à celui qui a soif.

Le pied qu’il faut couper, c’est celui qui se glisse dans l’entrebâillement de la porte, celui qui s’impose dans l’intimité de l’autre au lieu de marcher en sa compagnie.

L’œil qu’il faut arracher, c’est celui qui fige l’autre, guette sa faute, espionne, l’œil qui se repait de la misère du monde confortablement installé à l’abri.

Jésus prend bien soin de nommer ce qui va par paire : il nous restera une main pour donner, un pied pour marcher et un œil pour contempler.

 

A chacun de faire ce qu’il peut, là où il est, avec celles et ceux qui l’entourent pour expulser ces démons là, en commençant par sa propre vie. Au nom du Christ qui nous en supplie, comme avant lui Moïse :

« Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux ! »

 

Anne Lécu o.p.  Capture d_écran 2018-05-20 à 10.01.01

Pour vous qui suis-je ?

La question de Jésus dans l’évangile est comme le bilan de son ministère en Galilée. Après sa prédication, ses journées sont remplies de guérisons et de miracles, les gens sont encore divisés à son sujet. L’idée leur vient de le comparer à un prophète ou à Jean le Baptiste, ou encore au prophète Elie. La demande de Jésus est une question de confiance, elle interpelle ses disciples. Que disent les gens ?…et vous que dites-vous ? Ce n’est pas un sondage d’opinion pour connaitre sa popularité. Jésus demande à ses disciple une prise de position personnelle. Le Christ ne demande pas de refléter les idées des autres, ni même de dire leur idée personnelle. Il leur faut prendre parti. Il attend une réponse existentielle de leur part. « Pour vous, qui suis-je ? »  Et Pierre lui répond sans reprendre l’énumération de la foule : « tu es le Messie. » Tout au long de l’histoire la même question revient. Qui est Jésus pour moi et qu’est ce que je vois en lui ? Quelle est ma perception de lui ? Quels visages donnons-nous Jésus dans notre vie de foi et dans notre Eglise ? Que disons-nous de lui ? Il ne s’agit pas de répondre de manière mécanique et stéréotypée, comme si c’était une leçon apprise. Suivant la réponse que je donne personnellement à cette question, ma vie sera ou ne sera pas transformée en profondeur. Pour chacun de nous qui est Jésus ? Une tradition transmise ? De la foi transmise reçue de nos parents, catéchistes, prêtres, religieux etc. Nous devons passer à une foi personnalisée dans le Christ ; et nous deviendrons, à notre tour des témoins, car c’est en cela que consiste le centre de la foi chrétienne. La profession de foi de Pierre marque un grand tournant dans la vie publique de Jésus. Il va désormais privilégier la formation de ses disciples. Il leur dévoile un secret d’amour, pour la première fois, il leur annonce sa Passion et sa résurrection : « il faut que le fils de l’homme souffre beaucoup qu’il soit rejeté ! Il sera tué et le troisième jour il ressuscitera » En parlant de sa Passion et de sa Résurrection à saint Pierre qui lui répond : « Tu es le Messie », Jésus ne fait que dire qu’il est bien le « Serviteur souffrant » dont parle le prophète Isaïe, celui dont Daniel parlait dans le psaume 22. Il rappelle à ses apôtres la dimension réelle qui est la sienne selon la révélation biblique. La riposte de Jésus aux reproches de Pierre a quelque chose de cinglant et de brutal : « passe derrière moi, Satan ! » Il veut faire comprendre que le salut de Dieu ne consiste pas à supprimer la souffrance, la mort et la haine par la force ou par un coup de baguette magique. C’est pourquoi Il nous invite à un changement de perspective dans l’image que nous avons de Dieu et nous appelle à marcher à sa suite, à entrer dans sa victoire qui sauve l’humanité dans le plus grand amour. Demandons la grâce au Seigneur de nous donner la force et le courage de le témoigner aux autres par une expérience plus profond de lui quel qu’en soit la situation dont nous vivons.

 

Sœur Madeleine DEDOUI Image-1.jpg

Ephata

Ses oreilles d’ouvrirent

sa langue se délia

et il parlait correctement.

L’opération accomplie par Jésus dans l’évangile de ce vingt troisième dimanche, renvoie aux gestes divins de la création par lesquels Dieu, dans sa mansuétude, façonna le corps humain auquel il donna vie.

Et il parlait correctement. C’est cette sollicitude dont déborde le cœur de Dieu pour l’homme, que Jésus manifeste aujourd’hui, pour signifier que l’acte créateur est permanent et que la main de Dieu est toujours posée sur sa créature. Jamais Dieu n’abandonne sa créature, pas plus qu’il ne la délaisse point dans ses souffrances aussi bien physiques, matérielles que spirituelles. Le prophète Isaïe nous donne cette assurance quand il déclare : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver »

Ce que Dieu a crée, il le protège, il l’accompagne et il en prend toujours soins. Le geste de Jésus rassure par rapport à la présence continue de Dieu dans notre vie et nous redonne confiance, en même temps qu’il renforce notre conviction en la toute puissance divine.

Des gens lui amenèrent un sourd et supplient Jésus de poser la main sur lui. Soyons donc confiants à l’instar de ses gens et espérons à chaque instant de notre vie que la bonté et la proximité divine ne nous feront jamais défaut. À chacun Jésus dit aujourd’hui : «  Effata » afin que nos oreilles s’ouvrent pour que nous écoutions les paroles de Dieu et que nos langues se délient pour que nous les proclamions avec certitude.

Daigne le Seigneur nous y aider tous.

Soeur Pascaline Bilgo