Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisien…

Mt 5, 17-37

L’Évangile de Mathieu est l’Évangile le plus marqué par la culture juive, il emploie donc souvent ce procédé littéraire de l’hyperbole. S’arracher un œil ou se couper une main relève ici de l’exagération propre à l’hyperbole. C’est juste une manière de donner plus de force à ce que l’on affirme.

De nouveau l’Évangile nous invite à « penser autrement »

Les scribes et les pharisiens n’ont pas enseigné ni pratiqué ce que Jésus enseigne dans les versets. 1-12 (les béatitudes). Ils n’étaient pas pauvres d’esprit, car au lieu de reconnaître leurs péchés, ils voulaient se justifier (Luc 16:15; 18: 9-12).

Ils ont seulement mis l’accent sur les choses extérieures, la purification extérieure (15: 2; 23: 25-28) etc., mais Jésus enseigne la pureté du cœur (5: 8; 15:19). La justice enseignée par Jésus est plus grande que la justice indiquée et pratiquée par les scribes et les pharisiens; par conséquent, la justice des disciples de Jésus doit être plus grande que la « justice » de tels dirigeants. Les pharisiens s’étaient donné comme but d’être les meilleurs des juifs, par un respect de la Loi et le plus strict et le plus rigoureux possible. Ils étaient les plus pieux, les plus fervents. Sur ce plan, personne ne pouvait rivaliser avec eux,

Ils étaient hypocrites (ch. 23), satisfaits de la « justice » de l’apparence (Luc 11:42, 43), et ils « négligeaient la justice et l’amour de Dieu ». Leur justice était de parler beaucoup et de faire peu. « Dans le fauteuil de Moïse sont assis les scribes et les pharisiens. Donc, quoi qu’ils vous disent de garder, gardez-le et faites-le; mais ne faites pas selon leurs œuvres, parce qu’ils disent et ne font pas » (23: 2 , 3). Dans ce cas on remplace juste le mot Loi par le mot Amour et le tour est joué : l’Amour devient juste une nouvelle Loi, une Loi encore plus implacable que la précédente. Une loi se situant à un autre niveau.

Ils ont négligé des choses importantes. Mat. 23:23, « Vous donnez la dîme pour la menthe, pour l’aneth et le cumin, et vous laissez la chose la plus importante de la loi: la justice, la miséricorde et la foi. »

Ils n’aimaient pas les pécheurs, mais les condamnaient plutôt pour avoir mangé avec les autres pécheurs (Luc 5:30; 15: 1, 2). Jésus était associé aux pécheurs et nous devons l’imiter, car « Ceux qui sont en bonne santé n’ont pas besoin d’un médecin, mais des malades ».

Notre justice doit être plus grande, plus haute que la justice des scribes et des pharisiens en toutes ces choses pour entrer dans le royaume de Dieu.

Avec cette nouvelle logique, les disciples d’aujourd’hui sont appelés à faire de leur expérience de vie chrétienne, un chemin avec eux-mêmes et envers les autres.

Diana Mireya SIERRA op 001D3A5E-1BA3-4CEB-8A9A-FB8E0306D140_1_201_a

DISCIPLES D’AUJOURD’HUI

Mt 5,13-16

Avoir soin de découvrir le Mystère que recèle la Parole de Dieu est un défi, le défi de chaque jour qui nous confronte dans la suite du Christ.

Si l’Evangile d’aujourd’hui nous mets en garde dans notre mission de disciples à partir de la métaphore d’être sel de la terre et lumière du monde, déjà le prophète Isaïe dans l’ancien testament nous éclairait sur la praxis, le savoir-faire (Is 58,7-10).

On sait que le sel empêche la décomposition, c’est ainsi que l’alliance du sel signifie la pérennité d’un pacte, les disciples donnent saveur au monde et en assurent la survie devant Dieu.  D’ailleurs dans l’antique maison palestinienne, le boisseau c’est le lieu de la lampe lorsqu’elle ne sert à rien. Le v. 16 révèle la nature de cette lumière « afin de voir vos bonnes œuvres ».

A ce point-là, entre l’ancien et le nouveau testament il y a vraiment un lien de jonction.

Le monde nous étonne avec la nature en flammes, les virus qui prennent place, surtout chez les plus démunis, les innombrables violations à tous les droits, violences incontrôlables, mais en même temps toute la solidarité pour la défense de la justice, les  efforts réalisés pour une conscience écologique, les dénonciations de violations etc. Cela atteint le sommet de notre foi et notre engagement de Chrétiens et Chrétiennes au nom de serviteurs de Dieu et des êtres humains.

Sel de la terre et lumière du monde, chacun seul et en communauté exerce sa mission universelle dans la foi par un enfouissement et un rayonnement plutôt que par une conquête de Chrétiens.

Etre Lumière du monde et sel de la terre n’est pas réservé aux seuls chrétiens, mais à tout être humain qui agit en faveur de la vie. A nous de le reconnaître et de l’annoncer! N’est-ce pas là aussi un défi?

 Sr Ruth Esperanza Torres C.SONY DSC

La présentation de Jésus au temple

Aujourd’hui comme hier, à qui sommes-nous capables de rendre un culte, voire de nous consacrer?

Pourquoi ne pas avoir inclus le verset 5 à la première lecture de ce jour Malachie ( 3, 1_4)
En effet , il éclaire pour moi toute la signification de ce jour. Quel est ce Dieu à qui l’on présente en offrande le bien le plus précieux d’un couple humain , la vie du premier né et encore aujourd’hui sa propre vie, par la consécration religieuse,pour certains.

Ce verset 5 nous dit: « Oui le Seigneur de l’Univers déclare : Je viendrai au milieu de vous pour vous juger. Je m’empresserai d’accuser ceux qui pratiquent la divination, qui commettent l’adultère, qui prononcent de faux serments, qui retiennent le salaire des ouvriers, qui oppriment les veuves et les orphelins ou qui font du tort aux étrangers, tous ceux qui ne tiennent aucun compte de moi. »
Par ces paroles, Dieu s’identifie aux plus faibles de la société car au travers d’eux Lui-même est atteint.
Ceci est au fondement des activités caritatives des religieuses et religieux, aujourd’hui encore car Dieu aujourd’hui comme hier, ne change pas.

Pour présenter l’offrande de nos vies, en toute justice, il faut donc avoir été purifié de ce qui nous empêche d’être à Lui en justice et vérité.
Jésus, le seul vrai juste est capable d’être tout entier offert à Lui et de nous entraîner dans ce don de nous-mêmes. C’est bien ce qu’éclaire la lettre aux Hébreux (2,14-18) « Il Lui fallait donc se rendre semblable en tout à ses frères, pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu, afin d’enlever les péchés du peuple ».
Comme tout au long de sa vie,Jésus ne cesse de se conformer aux usages des hommes afin de confirmer leur désir de fidélité à ce Dieu et d’assumer pleinement leur condition humaine pour les sauver de tous péchés et de la mort.

En venant au monde, et en étant présenté à Dieu par ses parents, comme n’importe quel autre couple humain le faisait, Jésus nous laisse entendre qu’il est pour nous, en sa condition humaine,seul  médiateur auprès du Père pour rétablir notre communion avec Lui. C’est pour cela que nous tentons de marcher à  sa suite.

Avec Syméon, nous pouvons dire : « Nos yeux ont vu le Salut que tu préparais à la face des peuples: lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » et nous pouvons proclamer avec Anne, les louanges de Dieu et parler du Seigneur à tous ceux qui attendent leur délivrance.

Belles missions pour tous les consacrés. Puissions nous y être fidèles par la grâce de Dieu et de son fils Jésus Christ.

Sr Christine Panin op  

Quand Jésus appelle

L’évangile de ce dimanche nous invite à tourner nos regards vers les débuts de la vie publique de Jésus et de sa prédication. Jean le Baptiste s’efface par son arrestation pour lui laisser la place. Le temps des promesses cède à l’accomplissement de toutes les prophéties. Dieu par son Fils parle désormais avec son peuple en direct, sans intermédiaire. Jésus annonce que le Royaume de Dieu est tout proche, il est même là. Le Royaume s’est davantage approché des hommes, il vient dans notre monde, dans la réalité de chaque homme, là où il vit. C’est lui Jésus qui manifeste cette proximité de Dieu par son action. Dans ce texte il commence tout de suite, car le contenu de sa prédication est la libération de l’homme. Il guérit les malades et toute infirmité du corps. Il va initier les disciples qu’il appelle à venir derrière lui à cette mission. Sortir les hommes de ce qui les entrave vers la vie nouvelle qu’il inaugure par sa présence. Il prend Pierre et son frère André, ainsi que les deux fils de Zébédée comme collaborateurs de ce nouveau projet. De pêcheurs de poissons, il fera d’eux des pêcheurs d’hommes pour le Royaume qu’il annonce. De la mer à la terre, les nouveaux appelés laissant tout derrière eux, (le métier, la famille) suivent le nouveau Maître ; il va leur apprendre non seulement comment pêcher des hommes, mais surtout comment nouer une relation forte avec Lui, celle de la confiance qui implique un changement de vie, de regard sur le monde, autrement dit, une conversion, l’unique condition pour entrer dans le Royaume. Tirer les hommes de la terre vers le Royaume, c’est leur donner le salut.

Aujourd’hui encore, le Seigneur choisi des collaborateurs pour l’accomplissement de sa mission. Il appelle chacun, chacune de nous.

Sommes-nous d’accord pour tout quitter pour lui ?

 

Sœur Henriette Kaboré op    

 

 

 

 

C’est lui le Fils de Dieu

 

       OUI, J’AI “VU” ET JE RENDS CE TEMOGNAGE : C’EST LUI LE FILS DE DIEU  

 

Alors que nous venons de quitter le temps de Noël, en célébrant dimanche dernier la fête du baptême du Seigneur et que nous sommes entrés dans le cycle liturgique du Temps Ordinaire, la figure de Jean le Baptiste continue à nous accompagner. En effet nous écoutons de nouveau aujourd’hui le Précurseur qui parle de Jésus. D’ailleurs, ces paroles rapportées au début de l’évangile de Jean sont reprises dans chaque célébration eucharistique lorsque nous nous préparons à recevoir le corps du Christ:  » Voici l’Agneau de dieu qui enlève le péché du monde ».

Le Messie qu’il avait annoncé, pour qui il avait préparé le chemin est là, il s’avance au milieu de la foule. C’est Jésus de Nazareth. Il est vrai que  rien ne distingue Jésus des autres, mais Jean, inspiré d’en haut, reconnaît en lui le Messie, l’Envoyé de Dieu, et il en témoigne. Si Jésus, qui est l’Agneau de Dieu, enlève le péché du monde, c’est parce qu’il porte ce péché : autrement dit, Dieu, en la personne de Jésus, est venu s’unir à chacun de nous, il est venu toucher chacun de nous, en tout ce qui fait notre humanité, afin de réveiller, de stimuler et de porter vers le haut les talents, les  bonnes aspirations que nous avons au creux de nos vies, afin de guérir, de sauver, et d’abolir l’obscurité cachée au fond de notre cœur.

Historiquement, et humainement Jean a été conçu et il est né avant Jésus.  Mais en réalité, théologiquement parlant, Jésus vient  d’ailleurs. S’il peut nous sauver, c’est parce qu’il est plus qu’un homme. Si nous reprenons la méditation de son prologue, Jean l’Évangéliste nous redit la  « préexistence  » du Verbe par qui tout a été fait « , éternellement né du Père, Jésus reprend l’acte créateur. Ainsi donc, l’univers pourri par le péché, meurtri par toutes sortes de violence, empoisonné par le non-amour, va être « re-créé » de fond en comble.

 » Je ne le connaissais pas  » dit Jean-Baptiste, et pourtant c’était son cousin. Nous non plus, nous ne connaissons pas Jésus, tant que nous restons  seulement sur le plan humain.

 Alors, Jean rendit ce témoignage : j’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui. Je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit:  » l’homme sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est celui-là qui baptise dans l’Esprit Saint ».

Derrière l’apparence banale de cet homme de Nazareth, tout un mystère se cache. Il est oint, consacré, imprégné. L’Esprit de Dieu est descendu sur lui et demeure en lui. Présence ignorée, cachée, méconnue. Je ne le connaissais pas… Il est venu chez les siens dira l’Evangéliste, et les siens ne l’ont pas reconnu. ( Jean 1,5.10 ). A notre tour, nous qui prétendons parfois connaître Jésus, nous n’aurons, en fait, jamais de cesse de le découvrir. Il faut nous faire tout petit, tout pauvre, tout ouvert à la révélation.

Par son prologue, Jean l’Evangéliste nous avait d’emblée entrainés au sommet : Jésus est le Verbe fait chair ; la lumière du monde ; le Fils unique de Dieu-Père que personne n’a jamais vu ; le Fils de Dieu sur qui descend et demeure l’Esprit ; celui dont parlent la Loi et les Prophètes.

Ce contexte éblouissant, qui durant trois ans “brûle”  littéralement toutes les étapes de la lente découverte par les disciples de la véritable identité de Jésus, nous avertit que nous ne pouvons pas rester à une lecture  superficielle et anecdotique de la Parole de Dieu, mais qu’il faut vraiment nous laisser transformer par elle, dans le quotidien de notre existence,  pour faire de ce temps liturgique « ordinaire » un temps « extraordinaire »  de rencontre avec le Seigneur et avec tous nos frères.

Hier nous avons commencé la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Le Christ  révélé par Jean, doit être notre unique lumière. Demandons au Seigneur que nos divisions entre chrétiens n’empêchent pas les autres de  voir cette lumière et de se laisser guider par elle.

Soeur Maria Fabiola Velasquez  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Laisser Jésus nous sauver

Mosaïque du père Marko-Yvan Rupnick
Basilique ND du Rosaire – sanctuaire de Lourdes

 

La semaine dernière nous fêtions l’Epiphanie, la manifestation de Dieu comme petit enfant faible et roi universel.

Cette semaine, la fête du baptême du Seigneur complète celle de l’Epiphanie en manifestant cette fois-ci la divinité de Jésus et non plus son humanité. Théophanie, « manifestation, révélation de Dieu » ; c’est bien cela qu’il s’agit de célébrer aujourd’hui. Il nous faut adorer Dieu fait homme dans sa divinité qui se révèle à nos yeux.

Alors que sur les rives du Jourdain Jésus demande à Jean de le baptiser dans le fleuve, celui-ci ne manque pas de lui répondre, stupéfait de sa demande : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! ».

Pourquoi Jésus se ferait-il baptiser par Jean ? Ce baptême est une démarche de conversion, une façon de préparer son cœur à la venue du Messie.

Pourquoi Jésus, le Messie, l’agneau sans tâche, agirait-il ainsi ? N’est-ce pas plutôt moi, Seigneur, qui dois me retourner vers toi, faire le premier pas, t’ouvrir mon cœur ? N’est-ce pas à moi d’apprendre à aimer ?

Telle est la grande œuvre de Jésus : accomplir toute justice en prenant notre place, en prenant sur lui nos péchés, et, ainsi, nous faire entrer dans la vie même de Dieu. Jésus prend sa place dans la file des pécheurs, décidés à changer de mentalité et à produire des fruits de conversion, et qui demandent pour cela d’être immergés dans le Jourdain par le Baptiste.

Scandale : celui que Jean avait annoncé et qu’il venait de définir comme « plus grand que moi » lui demande le baptême ! OUI, répond Jésus, c’est ainsi « qu’il convient que nous accomplissions toute justice. »

La justice de Dieu est cette cohérence particulière par laquelle Dieu réalise sa miséricorde envers nous, hommes pécheurs, pour manifester son dessein universel de Salut, et Jésus en est le médiateur. C’est là une étonnante et  surprenante œuvre d’amour, fruit d’un cœur libre, aimant, obéissant.

Ce « petit » baptême d’eau, que Jean-Baptiste accepte de donner, annonce déjà le grand baptême de la Passion, de la mort et de la Résurrection du Christ. Celui-là même dans lequel nous sommes plongés au jour de notre propre baptême.

Comme Jean, laissons-le nous sauver. Laissons-nous aimer par Lui en nous ouvrant à Lui. Telle est notre part. Nous entrerons alors un peu plus avant dans la vie de Dieu, Père, Fils et Esprit Saint.

Le baptême du Christ nous rappelle, à nous aussi, que par notre baptême, par la grâce de son Esprit, Dieu continue de nous murmurer jour après jour : « Tu es mon fils ».

 

Sœur Claudine Perquin op  

 

Nous avons vu son étoile

Nous avons vu son étoile à l’orient, et nous sommes venus adorer le Seigneur. (Mt 2, 1-12)

Nous voici le jour de l’Epiphanie, fête qui signifie : « Révélation » ou « manifestation », c’est à dire « Dieu se laisse voir », Dieu se montre à l’homme dans la personne de Jésus. L’Epiphanie, dans un sens profond, est l’annonce du salut pour tous les hommes. Cette fête a pris importance dans l’Eglise dès le XIIe siècle, et l’Evangéliste saint Matthieu, est l’unique à rapporter la visite des mages venus d’orient, pour adorer l’enfant.

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode…

Hérode semble être né pour régner et dominer. L’historien juif Flavius Joseph, le décrit comme un homme intelligent et passionné, tyran, comme quelqu’un qui vivait seulement pour ses intérêts, n’hésitant pas à se défendre au prix du sang. Hérode toujours a cherché à préserver son prestige, sa sécurité, et son pouvoir. Voilà l’homme qui a reçu l’annonce par les mages, de la naissance du « Roi des juifs ». Matthieu met en scène la royauté terrestre avec Hérode et la royauté divine, avec Jésus, le roi promis par Dieu. Le Roi des juifs n’était qu’un petit enfant humble et impuissant. Jésus est le Roi qui est venu non pour être servi, mais pour servir (Mt 20, 28). Matthieu utilisera à nouveau cette expression « Roi de juifs » pour sa crucifixion. Jésus : Roi de sa naissance à sa mort.

Or, voici que des mages venus d’Orient…

Qui sont ces mages ? D’abord, les mages n’étaient pas du peuple élu. Leur pays d’origine demeure imprécis, saint Matthieu les dit « venus d’Orient ».  Certains pensent qu’ils sont rois, trois rois : Melchior, Gaspar et Balthazar. Mais les évangélistes ne disent rien de ça.  Sûrement le chiffre trois est dû aux trois présents qui ont été apportés.  Les noms Melchior, Gaspar et Balthazar, n’apparaissent qu’au VIIe siècle.

Le moine anglais Bède, dans « Exposition  in Matthaei Evangelium », indique l’origine de ces trois mages. Les mages représenteraient les trois continents : L’Asie, l’Afrique et l’Europe, c’est-à-dire le genre humain. Ils sont trois comme les fils de Noé : Sem, Cham et Japhet. C’est à partir de ces trois fils que toute la terre fût peuplée. (Gn. 9,18-19).

Quelle que soit l’origine, les noms, le nombre, ce qui est important, c’est que Dieu rencontre l’homme, il se manifeste à tout homme, sans tenir compte de son origine et sa condition ; et c’est à l’homme de savoir écouter et comprendre les signes par lesquels Dieu se manifeste. Les mages ont vu dans l’étoile une manifestation, ils se sont mis en route, et sans le savoir, sont allés annoncer à Hérode la  Bonne Nouvelle de la naissance du Roi des juifs.

Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.

Le prophète Isaïe, l’avait annoncé « Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière » (Is.9.2). Il évoque ainsi la lumière que Dieu apporte et qu’il est lui-même. La lumière de Dieu ne peut que produire de la joie dans le cœur de chaque homme, la lumière ne peut que conduire à la vérité, à la vraie clarté.

Tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui…Ils ouvrirent leurs coffres et lui offrirent de l’or, de l’encens, et de la myrrhe.

Pas de paroles des mages, au moment de la rencontre de Jésus, « le Roi de juifs », seulement des gestes : « Tombant à ses pieds » avec ce gestes des mages, ils reconnaissent avec humilité la grandeur de Dieu. Les visiteurs portent des présents, qu’ils avaient pris pour le petit roi : de l’or, de l’encens, et la myrrhe. L’or, métal précieux par excellence, synonyme de beauté, de richesse et de gloire : En Jésus, il honore le roi. L’encens, qui dégage une fumée odorante qui s’élève et se répand par tout, est synonyme de prière et adoration : Il manifeste la divinité de Jésus. La myrrhe, parfum précieux, utilisé pour les noces et des ensevelissements : ainsi ce parfum évoquait-il l’humanité de Jésus destinée à la mort et sa sépulture.

Dieu veut nous sauver de la tyrannie de ce monde, pour cela il se manifeste à l’homme de tous les temps,  et nous sommes invitées à méditer sur les desseins de Dieu, pour l’humanité. Et pour nous sauver, il envoie son unique Fils.

 

Sr Maria Esperanza OLARTE-MATEUS.OP