Méditation de l’Évangile du 5ᵉ dimanche de Carême (Jean 8, 1-11)

Chers frères et sœurs en Christ bonjour.

Saint Jean, dans ce passage, nous place devant trois attitudes profondément contrastées : celle des scribes et des pharisiens ; celle de Jésus face à eux ; et celle de Jésus envers la femme adultère. Ces attitudes révèlent un chemin de conversion auquel nous sommes tous appelés, particulièrement en ce temps de Carême et en cette Année de l’Espérance.

1 – L’attitude des scribes et des pharisiens : une condamnation sans appel

Les scribes et les pharisiens amènent devant Jésus une femme qu’ils exposent « au milieu » (v. 3), comme une coupable déjà jugée et condamnée. Ils cherchent moins la justice que l’accusation, en utilisant la Loi comme une arme. Leur cœur est fermé à la miséricorde. Ils enferment aussi cette femme dans son péché en la privant d’avenir. Ils ne voient en elle qu’une faute, un motif de condamnation très grave.

En effet, cette attitude questionne aussi nos propres regards envers les autres dans notre vie quotidienne. Ne sommes-nous pas tentés, nous aussi, de figer l’autre dans ses faiblesses ? De juger, de l’enfermer dans une étiquette et de penser que rien ne peut changer dans sa vie ? La dureté du cœur du chrétien est un grand obstacle à la miséricorde et, par là même, à l’espérance.

2 – L’attitude de Jésus face aux accusateurs : le silence qui appelle à la conscience

Jésus ne répond pas tout de suite. Il se baisse et écrit sur la terre. Ce geste énigmatique marque une pause, un espace de silence qui rompt la spirale de la violence. Puis il prononce ces mots : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre » (v. 7). Jésus ne nie pas la gravité du péché, mais il déplace la question vers le cœur de chacun de nous. Il invite à une prise de conscience humble, car nous sommes tous des pécheurs devant Dieu. Alors, un à un, les accusateurs s’en vont en silence, laissant la femme seule avec Jésus. Dans cette attitude, Jésus nous enseigne la patience, le respect de la liberté, et la force du silence intérieur qui ouvre à la vérité de soi.

3 – L’attitude de Jésus envers la femme : la miséricorde qui relève et ouvre un avenir

Jésus reste seul avec la femme, non pour la condamner, mais pour lui révéler une dignité nouvelle.
« Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus » (v. 10-11). Jésus ne minimise pas le péché, mais il ouvre un chemin de pardon en lui faisant confiance. Il croit qu’elle peut repartir de nouveau, se relever et vivre autrement. La miséricorde du Christ n’efface pas le passé, mais elle le transforme en point de départ vers une vie nouvelle. C’est une miséricorde qui redonne la liberté, qui rend l’espérance possible. Quelle interpellation pour chaque chrétien aujourd’hui, en cette Année de l’Espérance ?

Ce passage d’Évangile est un appel fort à vivre comme des artisans d’espérance.
Dans notre monde, souvent tenté par le jugement, le repli ou le découragement, Jésus nous invite à poser un regard neuf sur les personnes et les situations : À la manière de Jésus, sommes-nous capables de faire tomber les barrières et les pierres de nos jugements hâtifs au quotidien ? Pouvons-nous, dans nos relations communautaires, familiales, ecclésiales, laisser la place au silence intérieur, à l’écoute de la conscience pour accueillir l’autre avec bienveillance ?

Savons-nous croire en la possibilité, pour chacun, de se relever, d’être réconcilié et de repartir vers une vie renouvelée ?

Retenons que l’espérance chrétienne est enracinée dans cette conviction que la miséricorde a toujours le dernier mot.
Jésus nous appelle à être témoins et porteurs de cette espérance là où nous sommes : en relevant ceux qui sont à terre, en refusant de condamner, et en ouvrant des chemins de vie là où tout semble perdu.

Que ce temps fort de Carême nous prépare, par la grâce de Dieu, à devenir des semeurs d’espérance et de miséricorde dans nos communautés et dans le monde. Amen !

Bonne montée vers Pâques à tous.

Florence Ima

Sr. Florence Ima

 

 

 

 

 

 

 

 

Meditación del Evangelio del 5º domingo de Cuaresma (Juan 8, 1-11)

Queridos hermanos y hermanas en Cristo, buenos días:

San Juan, en este pasaje, nos sitúa ante tres actitudes profundamente contrastadas: la de los escribas y fariseos; la de Jesús ante ellos; y la de Jesús hacia la mujer adúltera. Estas actitudes revelan un camino de conversión al que todos estamos llamados, especialmente en este tiempo de Cuaresma y en este Año de la Esperanza.

1 – La actitud de los escribas y fariseos: una condena sin apelación

Los escribas y fariseos presentan ante Jesús a una mujer, que exponen « en medio » (v. 3), como si ya hubiera sido juzgada y condenada. Buscan menos la justicia que la acusación, utilizando la Ley como un arma. Su corazón está cerrado a la misericordia. También encierran a esta mujer en su pecado, privándola de cualquier futuro. No ven en ella más que una falta, un motivo grave de condena.

Esta actitud también interpela nuestra propia forma de mirar a los demás en nuestra vida cotidiana. ¿No estamos también nosotros tentados de fijar al otro en sus debilidades? ¿De juzgar, de encasillar, de pensar que nada puede cambiar en su vida? La dureza de corazón del cristiano es un gran obstáculo para la misericordia y, por tanto, para la esperanza.

2 – La actitud de Jesús ante los acusadores: el silencio que llama a la conciencia

Jesús no responde de inmediato. Se agacha y escribe en la tierra. Este gesto enigmático marca una pausa, un espacio de silencio que rompe la espiral de violencia. Luego pronuncia estas palabras: «Aquel de vosotros que esté sin pecado, que le arroje la primera piedra» (v. 7). Jesús no niega la gravedad del pecado, pero traslada la cuestión al corazón de cada uno de nosotros. Invita a una toma de conciencia humilde, porque todos somos pecadores ante Dios.

Entonces, uno por uno, los acusadores se marchan en silencio, dejando sola a la mujer con Jesús.
Con esta actitud, Jesús nos enseña la paciencia, el respeto a la libertad y la fuerza del silencio interior que abre a la verdad de uno mismo.

3 – La actitud de Jesús hacia la mujer: la misericordia que levanta y abre un futuro

Jesús se queda solo con la mujer, no para condenarla, sino para revelarle una dignidad nueva:
«Tampoco yo te condeno. Vete, y en adelante no peques más» (vv. 10-11). Jesús no minimiza el pecado, pero abre un camino de perdón confiando en ella. Cree que puede volver a empezar, levantarse y vivir de otra manera. La misericordia de Cristo no borra el pasado, sino que lo transforma en punto de partida hacia una vida nueva. Es una misericordia que devuelve la libertad, que hace posible la esperanza.

¿Qué nos dice esto a cada cristiano hoy, en este Año de la Esperanza?

Este pasaje del Evangelio es una llamada fuerte a vivir como artesanos de esperanza.
En nuestro mundo, tan tentado por el juicio, el repliegue o el desánimo, Jesús nos invita a mirar de forma nueva a las personas y a las situaciones:

 ¿A la manera de Jesús, somos capaces de derribar las barreras y las piedras de nuestros juicios precipitados en la vida cotidiana?  ¿Podemos, en nuestras relaciones comunitarias, familiares, eclesiales, dejar espacio al silencio interior, a la escucha de la conciencia, para acoger al otro con bondad? ¿Sabemos creer en la posibilidad, para cada persona, de levantarse, de reconciliarse y de comenzar una vida renovada?

Recordemos que la esperanza cristiana está enraizada en la convicción de que la misericordia tiene siempre la última palabra. Jesús nos llama a ser testigos y portadores de esa esperanza allí donde estemos: levantando a quienes han caído, negándonos a condenar, y abriendo caminos de vida donde todo parece perdido.

Que este tiempo fuerte de Cuaresma nos prepare, por la gracia de Dios, a convertirnos en sembradores de esperanza y de misericordia en nuestras comunidades y en el mundo. ¡Amén!

Feliz subida hacia la Pascua a todos.

Sr. Florence Ima