Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous

(Giotto) 

Tout est accompli. Les moments d’attente, de veille, sont à leur terme. Il est là, le Prince de la Paix, la Lumière qui éclaire tout homme, le Verbe fait chair. Il est né le divin enfant, le Sauveur du monde.  C’est Noël. Dieu parmi son peuple. Quelle joie !

« Le Seigneur a montré la sainteté de son bras aux yeux de toutes les nations. Tous les lointains de la terre ont vu le salut de notre Dieu » nous dit le prophète Isaïe. Pour cela éclatons en cris de joie.

 

En cette fête, saint Jean dans son évangile (Jn1, 1-18) nous invite à découvrir l’origine de ce don merveilleux que Dieu fait à toute l’humanité.

« Au commencement était le Verbe. Et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était  Dieu ». Saint Jean reprend volontairement le premier mot de la Genèse, « au commencement ». Ce mot n’est pas une précision d’ordre chronologique. Ce qui commence ici c’est ce qui commande toute l’histoire humaine, c’est l’origine, le fondement de toutes choses. Tout est mis sous le signe du Verbe qui est la Parole divine, Parole d’Amour, Dialogue. Voilà l’origine, le commencement de toutes choses. Tout a été fait par Lui. La création tout entière est le fruit du dialogue d’amour du Père et du Fils dans l’Esprit Saint. Il importe alors de rentrer dans ce dialogue car nous sommes crées dans ce dialogue et pour ce dialogue.

 

« Le Verbe était la vraie Lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde ». Il est la véritable  Lumière qui illumine l’esprit de tout homme. Mais « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu ». La question qui se pose est la suivante : qui sont les « siens » dont il s’agit? S’il fallait faire un sondage, beaucoup diront que le terme « siens » fait allusion au peuple d’Israël, ce qui n’est pas faut mais restrictif. Il s’agit en réalité de l’humanité entière. Chacun est donc concerné. Il nous faut résolument nous engager alors à réserver au Verbe incarné l’accueil approprié pour rentrer dans son salut.

 

À l’instar de Jean le Baptiste qui proclame à haute voix le mystère de celui  qui, non seulement est avant lui mais aussi est le commencement absolu, ouvrons nos cœurs et accueillons convenablement et sans réserve le Verbe, la Lumière, le Fils de Dieu afin de devenir véritablement enfants de Dieu car, « à ceux qui l’ont reçu, il leur a donné de devenir enfants de Dieu ». Il s’agit bien d’un don que Dieu nous fait en toute gratuité. Accueillir la Parole qui est source de vie, donne aux hommes une capacité. Cette capacité dispose l’homme à accéder à la dignité d’enfant de Dieu. Saint Jean dans sa première lettre nous le rappelle avec vigueur: « Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes » 1Jn 3,1

 

« Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu ». Ce qui est mis en valeur ici c’est le rapport entre la grâce et la liberté. En effet, devenir enfant de Dieu n’est pas le fruit du seul effort de l’homme. Accueillir la Parole, le Verbe, la Lumière qui éclaire tout homme, le Chemin qui conduit à Dieu, par la foi est une adhésion libre, personnelle de l’homme et de l’action de Dieu. C’est Dieu qui prend l’initiative de nous faire participer à la plénitude de la vie certes, mais encore faut-il que nous accueillons convenablement ce don, cette grâce. Que la grâce de l’Esprit inspire et éclaire ma liberté pour que je puisse faire naître en mon cœur le désir de la lumière et l’accueil de sa Parole.

 

« Et le Verbe s’est fait chair  et il a habité parmi nous ». Celui qui existait de toute éternité est entré dans le temps et dans l’histoire humaine.  L’incarnation du Verbe marque une nouveauté dans la manière dont Dieu communique avec les hommes. Cette Parole devient une personne. Par l’incarnation, Dieu, le Tout-Autre nous fait comprendre qu’il n’est pas un être enfermé dans sa transcendance souveraine. Il est le Dieu de l’Alliance qui communique par sa Parole. Le fait que cette Parole devienne un homme qui parle le langage des hommes révèle parfaitement l’identité de Dieu et son dessein d’amour pour les hommes. Nous sommes invités à avoir la foi en ce Verbe qui s’est fait chair et à Lui vouer une parfaite adhésion.

 

À travers ce prologue saint Jean nous fait savoir que la gloire du Fils unique s’est manifestée. Il nous montre aussi l’attitude des hommes face au don de Dieu : l’accueil ou le refus. Refuser la Parole-Lumière c’est renoncer au don de vie qui vient de cette Parole et par conséquent retomber dans les ténèbres. La Parole incarnée, Jésus, nous révélera le mystère du Père. Nous sommes invités à contempler la vie divine effective en Jésus, vrai Dieu et vrai homme.

 

Sr Pascaline Bilgo

Dieu avec nous

 

Les textes liturgiques de ce quatrième dimanche de l’Avent, font mention d’un engendrement. Qui dit engendrement, dit transmission de la vie. Ce qui nous paraît logique à quelques jours de noël !

Le prophète Isaïe (7,10-16) dans la première lecture annonce la naissance du Fils de Dieu qui sera avec nous. Cette naissance s’établit dans la concrétisation de l’Alliance entre Dieu et son Peuple : « Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à- dire : Dieu-avec-nous). »

Quant à Saint Paul, il parle autrement de l’engendrement. Il souligne dans un premier temps l’insertion de Jésus dans la descendance de David :  » il est né de la race de David. » Puis, montre que Jésus est aussi notre Seigneur établi dans la puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts. Ainsi, un lien se fait voir entre nativité et résurrection, entre humanité et divinité de Jésus. Finalement, c’est à la lumière de la résurrection que les événements concernant Jésus ont été compris. Plus, disons que « l’obéissance à la foi », permet aussi de donner une réponse à cette bonne nouvelle qui nous est annoncée. La foi, elle-aussi, engendre car elle est obéissance d’une volonté qui s’engage en même temps que d’une intelligence qui accueille le message (Bonne Nouvelle)

Mathieu (1,18-24) dans son évangile nous présente deux figures emblématiques du mystère de l’Incarnation : Joseph et Marie.

Deux époux qui s’aimaient et étaient sur le point de mener une vie commune. Voilà que Marie se retrouve enceinte avant qu’ils aient habité ensemble. Quel coup dur pour Joseph !

L’ange intervient pour rassurer Joseph. Il n’a pas à craindre. Le Seigneur par la médiation de l’ange se révèle à Joseph et lui donne l’autorisation de prendre son épouse avec lui. Son inquiétude est donc levée. Dans le silence et la confiance, Joseph accepte de collaborer au projet de Dieu pour nous, en prenant Marie chez lui.

Sommes-nous capables de nous sacrifier pour les autres ? De les protéger ? Ne sommes-nous pas tentés de les dénoncer publiquement par nos calomnies afin de ternir leur réputation ? Quelle est la qualité et la profondeur de notre amour pour nos proches ?

Marie de son côté a accepté de porter cette grossesse et d’enfanter Jésus malgré tout ce qui aurait pu lui arriver. L’obéissance de Marie est un signe de sa foi en Dieu. Et nous, cherchons-nous à connaître la volonté de DIEU sur nous ? Sommes-nous prêts à faire ce que DIEU nous demande, même si c’est difficile ou que nous ne le comprenons pas ?

Saint Matthieu en expliquant le nom de Jésus : « le Seigneur sauve » et on l’appellera Emmanuel, c’est-à-dire « Dieu avec nous » nous montre le pilier de notre Foi : DIEU nous aime. Pour cela, il a envoyé son Fils, pour nous sauver du péché, mais aussi de tout mal.  Il sauve le monde entier : hommes, femmes, enfants, jeunes, personnes âgées, animaux, plantes… IL est avec nous dans toute notre vie, dans nos problèmes et dans nos difficultés, aussi bien que dans nos joies.

Que l’exemple de Joseph et Marie nous stimule dans nos rencontres de tous les jours et que l’Enfant Jésus qui naîtra dans quelques jours augmente en nous l’Espérance de vivre et d’aimer !

Sœur Catherine Zongo op

 

Exposition de crèches

Comme chaque année, nos soeurs de saint Pierre Quiberon proposent une exposition de crèches pour celles et ceux qui veulent venir jusqu’à elles. en voici quelques unes en photo.

Si vous voulez nous envoyer vos photos de crèches, nous les publierons aussi 🙂

Belle fête de Noël à chacun

 

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »

Telle est la question de Jean Le Baptiste du fond de sa prison. Cependant, ce troisième dimanche de l’Avent  est appelé le Dimanche de la Joie. La joie devrait être le moteur, le centre de notre vie intérieure. Nous reflétons plus souvent la tristesse, voire l’indifférence que la joie de vivre.

« Ne craignez pas » ces paroles reviennent souvent dans l’Ecriture mais la peur peut nous paralyser, nous bloquer dans notre agir et dans nos paroles.

Dans le livre d’Isaïe, le Seigneur agit : les aveugles voient ; les sourds entendent ; les boiteux marchent ; le muet crie de joie. En lisant l’Evangile selon Saint Matthieu, nous avons la même énumération lors de la réponse de Jésus à Jean. Ce qui est annoncé par le prophète Isaïe se réalise par Jésus. Celui-ci révèle ainsi sa mission : envoyé par le Père pour réaliser son œuvre : apporter le salut au monde. Les miracles annoncés sont accomplis. Jésus en ajoute : les lépreux sont purifiés, ils sont réintégrés dans la société. Les morts prennent leur place et les petits, les pauvres entendent la Bonne Nouvelle. Oui, lors de la nuit de la Nativité, ce sont les bergers, les rejetés qui seront avertis en premier de la naissance du Fils de Dieu. Viendront ensuite les mages, des étrangers pour adorer le Messie. Et aujourd’hui, y aura-t-il un peu de chaleur humaine pour ces pauvres, ces étrangers. Une petite place, s’il vous plaît…

Mais, qu’êtes-vous allés regarder au désert ? Un roseau agité par le vent ?…Un prophète ? Et Jésus reprend un passage du prophète Esaïe « Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. »

La venue du Messie est annoncée ainsi que celle de Jean Le Baptiste. Oui, après avoir accompli sa mission, Jean Le Baptiste se retire et laisse le Christ se révéler. Mais il est habité par cette question « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » Se mettrait-il à douter ? Nous qui n’avons pas été témoins oculaires des événements, il est normal que nous doutions par moment. Mais lui …

Dans quelques jours, nous célébrerons la venue du Fils de Dieu parmi nous. Un jour, un enfant me fit cette remarque : « Pourquoi tout le monde fête Noël car tout le monde n’est pas croyant ? » Bonne question, n’est-ce pas. Au-delà d’une foi déclarée, l’être humain est entrainé à vivre ce moment de Paix, de Joie, parce que le « Tout petit » est le « Plus grand ».

Que ce dimanche soit vraiment un jour de joie avec un visage rayonnant. Il est venu au temps de Jean Le Baptiste, il vient aussi aujourd’hui. Savons-nous reconnaître les signes de sa présence ? Laissons-nous habiter.

 

Sœur Corine op.

En forme de catéchèse

Nous proposons une « catéchèse » adressée à des enfants du cours moyen II et sixième de collège.

{Deux jeunes amis juifs se rencontrent près du Jourdain, heureux de se rencontrer}

_ … Oui, je vais vendre du blé à Thishbé et toi ?

_  Moi, rendre visite à ma tante malade

_  Mais que se passe-t-il ? Vois tous ces gens qui s’acheminent vers le Jourdain ! Sais-tu pourquoi ?

_  Oh ! pour quelque nouveauté !

_  Oui !!! Une fameuse nouveauté ! Regarde ! Un homme vêtu comme Elie autrefois : d’un manteau en poil de chameau, un ceinture de cuir autour des reins et qui annonce… ?…la conversion !

_  Mais alors, ne cherchons plus : c’est un prophète ! Réjouissons-nous ! Le Seigneur ne nous a pas oubliés !

_  Rejoignons-le… « Il s’appelle Jean le Baptiste », me souffle un voisin, car si un homme se reconnait pécheur, Jean le fait descendre dans l’eau et le baptise…

Devant tout le monde ? Il faut du courage !

_  Mais je réfléchis…moi aussi je suis pécheur, je veux me convertir, je veux retourner sur le chemin du Seigneur !

_  Tu me fais penser à ce que j’ai entendu à la synagogue, du prophète Isaïe, le shabbat précédent «  une voix crie dans le désert, préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers »

_  Mais, alors, cette voix qui crie, c’est Jean le Baptiste !

_  Attention ! Regarde ! Il y a des pharisiens et des Sadducéens, et ils n’ont pas l’air de se disputer comme ils font d’habitude à Jérusalem ! Ils s’approchent de Jean…Ce sont des puissants, des sages…de quoi vont-ils se repentir ?

Oh ! Jean n’y va pas de main morte «  engeance de vipère…qui vous a montré le moyen d’échapper à la colère de Dieu qui vient ?

_  …le Dieu qui vient…tu comprends ce que Jean leur dit ? « La colère de Dieu qui vient… » Se croyaient-ils sans péché…de vrais fils d’Abraham ? Mais c’est la fin de sa phrase qui m’intéresse… « La colère de Dieu qui vient ! Jean n’est-il pas en train de nous faire comprendre l’arrivée de quelqu’un d’important ?

_  Tu veux dire le Messie ?

Isaïe avait déjà annoncé sa venue et regarde ! Que de temps s’est coulé et nous ne voyons toujours rien…à moins que…

Ecoute ce que dit Jean : «  produisez du fruit qui témoigne de votre conversion.

_ Oui, pour être prêts, tous, à accueillir le Messie !

_  Jean a raison, en retournant à Capharnaüm je ne vivrai plus comme avant, j’ai honte !…

_  Que feras –tu ?

_  Tu vois, comme toi, je suis un marchand et très souvent je fausse la balance ! Et bien à partir de maintenant ma balance sera juste.

_  Bravo ! Tu me fais penser à la pauvre veuve Salomé qui passe chaque jour devant mon échoppe, je vais en parler à ma femme Myriam, nous pourrions l’inviter à déjeuner avec ma famille !

_  Selon toi, ce que nous voulons faire, pourrait être un fruit de conversion ?

_  Tu as tout à fait raison !

_  Si nous nous mettions dans la queue pour recevoir le baptême, tu as vu le monde ?

_  D’accord, de plus nous pourrons remercier Jean d’avoir accepté d’être « la bouche du Seigneur »,

_  Tiens ! Écoute ! C’est la réponse que nous cherchions « Je vous baptise dans l’eau en vue de la conversion. Celui qui vient derrière moi est plus fort que moi ! Et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales, lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu »

_  Oh ! Si Jean ne se trouve pas digne de dénouer ses sandales, qui est un travail d’esclave, ce ne peut-être que le Messie qu’il désigne !

_  Réfléchissons bien ! Selon Jean, le Messie viendrait pour rendre la justice, pour accueillir ceux qui peinent, pour refouler le mauvais grain qui brûlerait pour toujours…O Seigneur qu’il est grand ton nom ! Quelle miséricorde ne fais-tu pas à ces hommes qui oublient souvent qu’ils ont été créés à l’image à ta ressemblance !

_  Josué, c’est bientôt à nous d’être baptisés Nous nous reverrons à Jérusalem pour la Peshah. Quelle joie ! Nous irons dans la maison de Seigneur déposer notre fruit de conversion…et peut-être découvrir le Messie !

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Une diapo sur le Jourdain ? Sur le désert ?

 

Soeur Monique Wagner

Avent

Le mot Avent vient du latin Adventus qui signifie Avènement. Et qui dit avènement, dit nécessairement un évènement qui peut être la venue de quelqu’un ou de quelque chose. L’ensemble des textes  de ce premier dimanche de l’avent attirent notre attention sur la venue d’un jour. Mais de quel jour s’agit-il ? Le prophète Isaïe nous dit dans la première lecture qu’il s’agit des derniers jours où « le Seigneur rassemblera toutes les nations dans la Paix éternelle du Royaume de Dieu». Dans ce texte, Isaïe nous dit qu’il viendra un jour où après avoir épuisé toutes les ressources des sciences, de l’économie et de la politique, les hommes comprendront enfin qu’ils ont vraiment besoin de Dieu. Ce jour-là, ils diront : « Venez ! Montons à la montagne du Seigneur, à la maison de Jacob ! Qu’il nous enseigne ces chemins et nous suivrons ses sentiers » (Is 2, 3). C’est lorsque toutes les nations accepteront d’écouter la Parole de Dieu et de la mettre fidèlement en pratique, que notre monde connaîtra la Paix véritable. Le jour où tous les hommes écouteront véritablement Dieu, la voix des armes se taira pour faire place à celle de l’amour. Toutes nos forces et nos armes de combat seront converties en outils de travail comme le voudrait Dieu dans cette vision d’Isaïe : « De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre ».Vivement qu’arrive ce beau jour que nous souhaitons toutes pour notre monde d’aujourd’hui balloté par toutes sortes de tempêtes.

Dans l’attente de ce Jour, Saint Paul nous invite dans la deuxième lecture à sortir de notre sommeil en nous conduisant honnêtement comme on le fait en plein jour, sans débauche, ni gourmandise, ni ivrognerie… C’est malheureusement ce que faisaient les gens au temps de Noé : « en ces jours-là, dit l’Evangile, avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait… Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis. » (Mt 24, 38).

On serait tenté de dire mais qu’ont-ils fait de mal ? Jésus ne dit pas que ces gens du temps de Noé étaient forcement mauvais. De fait, manger, boire et se marier sont des besoins essentiellement humains et normaux. Mais, ce que Jésus reproche à ces contemporains de Noé, c’est le fait qu’ils se sont laissés surprendre par la catastrophe : « Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis ».

Jésus leur reproche la superficialité de leur attitude, la légèreté et l’insouciance avec laquelle ils menaient leurs vies. Ils croyaient que leur vie terrestre durerait toujours et ils ont oublié la fragilité de la condition humaine. C’est ce que font beaucoup de gens aujourd’hui. Ils vivent sans penser à leur fin, comme s’ils étaient maîtres incontestables de leurs vies. Ils entreprennent des projets sans tenir compte de Dieu, ni des contraintes du temps et de la vie qui ne nous appartient pas.

C’est pourquoi Jésus nous dit aujourd’hui : « Veillez et soyez prêts car vous ne savez pas quand ces événements peuvent se produire ». Voici le cœur du message de l’Avent. Le chrétien doit rester éveillé et se préparer à toutes les éventualités, non pas par crainte ou par peur, mais parce qu’il veut utiliser le temps à sa disposition pour construire une société qui tienne compte de la présence de Dieu, le seul qui peut maintenir l’équilibre de notre vie et de notre monde soumis à toute sorte de catastrophes.

Voilà le sens du temps de l’Avent. Un temps qui nous est donné pour construire un monde plus juste, plus humain et plus fraternel ; un temps pour relire notre vie et l’orienter vers « La Venue du Seigneur ». 

L’avent est surtout un temps d’attente. Mais comment devons-nous attendre ? Nous devons  faire en sorte que cette attente ne soit pas passive mais active. Il s’agit pour chacun d’agir de sorte à donner un sens noble à son existence et à tout ce que nous faisons. Comme l’affirmait notre Pape émérite Benoit XVI que je cite : « si notre temps n’est pas rempli par un présent doté de sens, l’attente risque de devenir insupportable. Si notre présent reste vide et passif, chaque instant qui passe apparaît exagérément long, et l’attente se transforme en un poids trop lourd, parce que l’avenir reste tout à fait incertain ». Vivons-donc intensément ce temps de l’Avent en posant des actes qui ont une valeur d’éternité et nous serons toujours sereins, prêts à répondre à l’appel de Dieu à tout instant.

 

Que Dieu nous donne la force de rester toujours vigilants pour ne pas être surpris par la venue du Maître, Lui qui est venu, qui vient et qui reviendra dans les siècles et des siècles. Veillons , car nous ne savons ni le jour ni l’heure ».

Fructueux Temps de l’Avent à vous chacune et à toutes !

 

 Sœur Patricia YAMEOGO                                                                                     

La présentation de Marie au temple

C’était hier la fête de la présentation de Marie au temple solennité pour nous, puisque ce jour là, nous renouvelons nos voeux. Mais cette année, la couleur de cette fête est particulière puisque nous célébrons les 25 ans de la béatification de notre fondatrice, Marie Poussepin. Aussi, demain, nous serons à Sainville en Beauce, première fondation de la Congrégation, pour solenniser cet anniversaire. (C’est l’excuse qu’à trouvé la webmaster pour poster le commentaire d’évangile ci dessous avec 24 h de retard). Bonne fête de toutes façons à chacune, à tous nos proches et à celles et ceux sans qui nous ne serions pas là, et à tous ceux pour qui nous sommes là.

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Présentation de Marie. Paris – 

Jour de fête pour les chrétiens d’Orient et d’Occident, de fait personne ne sait exactement les premières générations de chrétiens ont mis en honneur l’enfance de Marie. Aujourd’hui, elle est célébrée dans l’Eglise entière et beaucoup de personnes consacrées y puisent une part de leur spiritualité.

Comment en 2019, ce moment où Marie se présente au Temple comme une offrande au Dieu d’Abraham reçue par le Grand Prêtre et accompagnée de nombreux juifs pieux, peut-il nous rejoindre ?

Notre société et son rapport à l’enfance :

Il est normal, quand une personne devient célèbre que les informateurs recherchent d’où elle vient, on a besoin de cette référence à l’origine, nation, parents, famille… pour découvrir des signes avant-coureurs de sa performance actuelle. Dans l’Evangile, les juifs se sont longuement interrogés sur la parenté de Jésus à partir du moment où il attirait les foules et posait des actes qu’ils ne pouvaient expliquer et donc accepter ; « N’est-il pas le Fils du charpentier ? »

L’Eglise et le culte de Marie

En ce sens, il était juste de se poser la question sur les origines de Marie ; une intuition suffisamment étayée puisque la présentation au temple du garçon était obligatoire selon les coutumes du temps mais pas celle de la fille. Les Apocryphes décrivent le merveilleux de cet événement reconstitué à leur manière . Au cours des siècles la Vierge Marie a été très honorée dans les célébrations ecclésiales, toutefois, son culte, ne peut porter ombrage à la vie et la mission de son Fils ; le dernier Concile Vatican II lui a reconnu une place spécifique dans l’Eglise : Marie demeure toujours Celle qui a offert à Dieu l’Incarnation de son Fils.

L’enfance de nos jours une compréhension difficile

D’incommensurables progrès ont vu le jour pour protéger la vie avant et à sa naissance, la mortalité infantile est maitrisée et cependant la place de l’enfant comme « personne » à part entière peut être mise à mal. La Convention internationale des droits de l’enfant de l’ONU du 20 novembre 1989 énumère les différents domaines où s’exercent ces droits. Les débats éthiques actuels montrent qu’il est difficile d’accéder au mystère de la vie, de la recevoir comme un don et de la respecter et de la protéger comme telle.

Marie met en lumière la place de l’enfant

Marie, qui s’est faite offrande, s’est mise au service de la vie, elle qui avait renoncé à engendrer est devenue mère d’un fils et d’un peuple tout entier, car elle est aussi mère du Rédempteur participante jusqu’à la croix et la résurrection au mystère du Salut.

Nous pouvons la prier, et prier avec Elle afin que, elle aide toute personne à servir, faire grandir et protéger la vie reçue ; que les « vivants » qui croient puissent à leur tour se présenter devant le Seigneur comme une « offrande agréable », c’est ce que les chrétiens prient au cœur de chacune des célébrations de l’eucharistie.

 

Alors  Belle fête de la Présentation de Marie au Temple,

et à chacun, chacune qui, à sa mesure essaie de mettre sa vie sous le regard de Dieu plein de bonté du Père ou à la suite du Christ.

 

Monique Colrat OP