Toussaint

Définition du saint :

Il connaît le pouvoir du péché en lui et de celui de son égoïsme …
Il est tenté d’amasser pour lui et de profiter des autres …

Il se sait capable de paroles mauvaises, de gestes durs …

Il lui arrive de refuser ce qui lui est étranger …. hommes, cultures …

Il éprouve des difficultés et des hésitations devant les décisions à prendre …
Il aime avoir le dernier mot …

 

Les saints collectionnent les défauts : quel réconfort pour nous leurs frères et leurs sœurs !!!

MAIS  ils croient qu’avec Jésus Christ ces fragilités ne sont plus une barrière infranchissable.

Car …

Le saint a conscience de ses limites …
Il ne se prétend pas meilleur que les autres …
Il ne se décourage pas …

Eveillé par l’Evangile, il est toujours de service.
Il offre la chaleur de son sourire.
Il donne un geste d’accueil, il partage et fait reculer le mensonge.

Il pardonne généreusement et avec humilité.

 

Les saints sont des étincelles de la lumière de Dieu.

Pa leurs paroles, leurs actes, ils donnent à voir et à entendre la sainteté  qui est en Dieu, qui EST Dieu.

Par leurs engagements, par leur travail solidaire, par leur justice et leur bonté, par leur fragilité et leurs souffrances, ils sont les traces visibles de l’amour de Dieu invisible.

Les saints, s’inspirant de l’Evangile, animés de l’Esprit du Christ, font progresser l’humanité vers la Vie. Ils la hissent à bout de cœur, de toute la force de leur désir de voir grandir le Royaume :

 

« Foule immense, que nul ne peut dénombrer,  foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tiennent devant le trône de l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.

Ils viennent de la grande preuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. » 1Jn 3

 

En sommes-nous ? Alors, bonne fête à chacun, à chacune !

                                     

 Sœur Françoise-Chantal Lelimouzin o.p.

O Dieu, monte toi favorable au pécheur que je suis

L’évangéliste Luc en 15, 2  écrit : «  Tous les collecteurs de taxes et les pécheurs s’approchaient de Jésus pour l’entendre. Les pharisiens et les scribes maugréaient : Il accueille les pécheurs et mange avec eux ! ». Luc signale que ces auditeurs, aux attitudes d’écoute opposées, étaient bien connus de Jésus. Dans la parabole qu’il nous offre ici, (Luc 18,9-14), Jésus veut amener ses auditeurs du moment à se situer en vérité face à eux-mêmes et devant la justice de Dieu.

La  scène est localisée au temple où chacun est monté pour parler au même Seigneur.

Le pharisien, debout, ce qui est la posture normale de la prière, mais, qui ici, tend à souligner l’orgueil de sa certitude  d’être juste, prie en lui-même : « Mon Dieu, je te rends grâce… », la belle formule liturgique de louange qui introduit sa prière, lui donne l’illusion d’être entré dans la relation  avec le  Dieu de l’Alliance. En fait, il prie « devant lui-même », car  son motif de rendre grâce, le centre sur lui-même. Il n’a rien à demander ; il se construit par ses œuvres parfaitement accomplies ; Il s’estime totalement fidèle à la loi et il en rajoute même aux observances, puisqu’il jeûne et s’acquitte de la dîme bien plus que ce qui est prescrit…

Bref, il semble ne rien connaître de la sainteté du Seigneur qui  remplit ce temple de la rencontre ! Une telle suffisance et autosatisfaction le comble de mépris pour les autres hommes qu’il juge moralement coupable tel le publicain monté en même temps que lui.

Celui-ci  « se tient à distance ». Peut-être se garde-t-il du regard du pharisien, et surtout  se sait-il  indigne de s’avancer dans ce haut lieu de sainteté divine. Mais il est là, avec pour toute offrande sa misère qu’il exprime de ses mains nues, dans le geste du pécheur.  Il vient mendier un regard de miséricorde, lui « qui n’ose pas lever les yeux » tant la conscience de son péché est aigüe. Il s’abandonne à la bonté du Père qu’il  connait, peut-être, par l’enseignement de Jésus.

Les deux hommes n’ont pas de nom ; ils sont moi, ils sont nous, ils sont les deux en nous !

Et Jésus veut réveiller les auditeurs que nous sommes, en nous exhortant à affiner la conscience que nous avons de notre être pécheur, à examiner la manière dont nous nous percevons face a notre Dieu,  la vérité de l’estime  que nous portons aux frères et à nous-mêmes : «  Je vous le déclare… qui s’élève sera abaissé et  qui s’abaisse sera élevé »

Dans sa magnifique simplicité et justesse, la belle prophétie de Michée, accompagne notre méditation «  On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le Seigneur exige de toi : rien d’autre que pratiquer la justice, aimer avec tendresse, et marcher humblement avec ton Dieu »  Mi 6,7.

 

Soeur Viviane Martinez op

La prière et la foi

« Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » demande Jésus au siens alors qu’il vient de les exhorter à ne pas se décourager de prier.

La foi et la prière vont de pair. Elles se nourrissent l’une l’autre. Tandis que la foi se déploie en prière, la prière assoit la foi. La prière est opiniâtre : l’homme ou la femme qui prie doit continuer de supplier même quand il n’y a plus de raison de croire qu’il sera entendu. Car nul ne sait par quel chemin la prière monte vers Dieu. Peut-être même que le fruit de la prière, c’est de faire grandir la foi ? On pourrait penser qu’il faut croire pour prier, mais peut-être faut-il avant tout prier pour croire.

Moïse le sait. Afin que le combat soit propice à Josué, il se tient sur les hauteurs et tout son corps se fait prière, debout, le bâton à la main, et la main levée. Mais voilà qu’il fatigue. Et lorsque son bras se baisse, les ennemis reprennent le dessus. On le fait assoir, mais cela ne suffit pas. Alors Aaron et Hour comprennent qu’il leur faut à leur tour devenir prière avec Moïse, et ce sont désormais trois corps qui veillent sur le combat et sur Josué. Deux d’entre eux ont saisi les mains du troisième afin qu’elles restent levées. Deux d’entre eux croient pour celui du milieu qui fatigue, et ce sont tous les trois qui prient.

Magnifique image de ce qu’est la prière : ce n’est jamais seulement une chose privée. Quand la foi de l’un s’affaisse, la foi des autres la tiennent par la main. « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux », dira Jésus ailleurs. Ce devrait être cela l’Église : la communauté de ceux qui croient les uns pour les autres, avec les autres, au nom des autres ; la communauté de ceux qui s’exhortent mutuellement à temps et à contre temps, se corrigent au nom de la vérité, s’encouragent à vivre dans la justice et la charité ; la communauté de ceux qui ensemble prient pour le monde et ses habitants.

« Le fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Saurons-nous encore compter les uns sur autres et nous demander de l’aide y compris pour prier ?

Ne baissons pas les bras !

 

Anne Lécu op    

Les dix lépreux

La lèpre ! Tout le monde connaît les terribles conséquences de cette maladie au temps de Jésus. Cette impureté révélée aux yeux de tous. D’ailleurs, déjà dans l’évangile de Luc (CH.5 v.12 et suivants), Jésus guérit un lèpreux en le touchant. Et les conséquences de ce geste sont multiples; Il le rend ainsi acteur de sa propre vie et l’affermit dans ses relations avec les autres. L’homme peut alors se réinsérer dans la société et la communauté des croyants. (cf. Vocabulaire Théologique de la Bible – VTB). Il est pur selon la Loi d’Israël.

Mais alors, pourquoi douze chapitres plus tard, trouvons-nous encore cette lèpre? Il faut ,dire que le contexte a bien changé du début de la prédication de Jésus en Galilée (Ch.5) à sa montée vers Jérusalem où il va subir sa Passion (Ch.17)

Il y a urgence: Jésus passe de la guérison d’un seul homme Juif, à la guérison de dix hommes dont un, au moins, est un étranger.

Quand on sait l’importance des nombres dans l’Antiquité et dans la bible, ça vaut le coup d’y regarder de plus près. Ainsi, d’une part, il est expliqué que le nombre dix évoque la totalité, l’intégralité, l’ensemble, la somme de tout ce qui compose quelque chose ( anagogie.online.fr).Et d’autre part que l’homme est d’une unité telle que l’on ne peut dissocier le corps et l’âme, et que nos actes religieux si spirituels qu’ils soient demeurent incarnés (cf.VTB). Il en va ainsi pour la communauté et les personnes qui la composent.

Pour mémoire, quand Abraham “ marchande”  auprès de Dieu , la survie de Sodome, il s’arrête au nombre de dix justes pour épargner la ville.(Gn.18 v.32). Donc dix hommes lépreux, une communauté, nous.

Nous pouvons alors penser que tout ce qui a été dit précedemment pour un lépreux est valable pour ces dix guéris, eux aussi, en chemin… Et pourquoi pas pour nous aussi…

Mais, dans notre évangile, Jésus est surpris , peut-être peiné, après tant d’années d’enseignement à son peuple, alors qu’il sait maintenant sa mort toute proche, qu’un seul, un étranger revienne vers lui pour rendre gloire à Dieu, Sans doute les autres sont-ils allés se montrer aux prêtres comme Jésus le leur avai dit, pour la constatation de leur guérison physique et leur réintégration dans la communauté.

L’étranger, lui, aura reçu cette grâce de se savoir guéri et sauvé par ce retour auprès de Jésus pour lui témoigner sa gratitude. Sa façon à lui d’incarner sa vie spirituelle.

Car rien ne compte désormais devant Dieu que la disposition profonde des coeurs. D’un coeur purifié peut jaillir la foi, la justice, la charité, la paix. Dès lors, la valeur de la pureté toujours requise, vient de ce qu’elle conduit à la rencontre du Christ dans notre quotidien jusqu’à son retour (PhI,10).

Sr. Christine Panin op

Lazare

 

« S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus. » Luc 16, 31.

 

Le texte de l’Évangile de ce jour est un peu déroutant. Il nous plonge dans l’Ancien Testament avec Abraham et Moïse. Le riche ne semble pas avoir la possibilité d’être pardonné, enfin il semble qu’il faille attendre la mort pour être heureux !

Finalement ce passage nous invite à mettre notre foi en pratique et à toujours nous convertir.

Ce pauvre couvert de plaies, à la porte du riche nous n’avons aucun mal de le voir dans nos rues, gares etc… il a un nom Lazare.

Le riche, vit tellement dans le luxe et l’indifférence qu’il ne voit même pas Lazare, à sa porte, dans sa rue et à la station de métro qu’il emprunte tous les jours ! Pire encore il ne le voit pas, mais ne connaît pas son existence !!!

A la mort, le riche (dont on ne connait pas le nom) connait Lazare mais n’a rien fait sur terre pour le soulager. Cette situation nous est familière. Belle invitation à changer notre regard, à nous convertir et à ouvrir notre cœur. N’attendons pas l’heure de notre mort. Dès aujourd’hui nous sommes invités à construire un Royaume de Justice et de Paix.

 

Qu’en ce dimanche, chacun ose prendre le chemin qui dérange, osons être attentifs de plus en plus à nos frères et prendre soins du nécessiteux.

Tantôt Lazare, tantôt riches nous devons mourir… alors préparons notre demeure future aujourd’hui par la charité mutuelle.

Sr Françoise-Marie op.

Le salut

Adieu le doux petit Jésus … l’exigence est là !

 

Dans la 2ndelecture de ce jour, saint Paul aux Ephésiens (1,9) va droit au but : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés ».Oui, nous le savons, tel est le dessein bienveillant de Dieu pour nous tous et pour chacun de nous, et St Paul poursuit : « afin que nous connaissions la vérité ».

Connaitre en vocabulaire biblique signifie vivre de, se laisser aimer par… Vivre et Aimer sont bien les buts ultimes de chacune de nos vies ! Les désirer fait de nous des co-créateurs, comme le signifie la genèse. Ainsi nous entrons dans le projet de Dieu.

Ici demeure la Bonne Nouvelle :  le Salut. Mais à bien y réfléchir, l’exigence est là. Jésus interroge chacun : où en es-tu ? quels choix fais-tu ? Nous sommes bien loin de certaines représentations (ou de certains discours faciles et osons dire simplistes) du doux petit Jésus… !

Dans cet évangile, Jésus nous invite à choisir entre Dieu et l’Argent. Notons bien que l’argent est personnifié : l’Argent. Au-delà de l’argent nécessaire à la vie, c’est de l’idole dont il s’agit et plus largement de toutes nos idoles, devant lesquelles nous sommes serviteurs ! Où en es-tu, nous redit Jésus, de ce qui te rend esclave, toi que j’ai appelé à la liberté, ultime projet que j’ai pour toi ? La question est donc : posséder et non être possédé !

Mais Jésus n’en reste pas là ! Il continue à nous interroger : où en es-tu de tes choix entre petites et grandes choses… entre les biens étrangers et nos biens ? et encore davantage : où te situes-tu : parmi les fils du monde ou ceux de la lumière ?

Alors me revient cette parole de l’apocalypse « les tièdes, je les vomirai »* : il nous faut choisir ! … afin que notre oui soit oui et notre non soit non !

Oui, tout est question de choix et donc de discernement, ce beau fruit de l’Esprit, lui notre Conseiller. Ce n’est donc pas par hasard que St Paul nous fait l’éloge de la prière dans la seconde lecture de ce dimanche.

Prions donc nos vies, nos choix, nos rencontres, nos joies et nos peines … afin de grandir dans la confiance et la liberté intérieure et demeurer des êtres debout pour la plus grande gloire de Dieu !

 

Sr Elisabeth LEMIERE

Voeux perpétuels de notre soeur Maria Esperanza

Ce samedi 14 septembre, jour de la fête de la Croix glorieuse, nous avons eu la joie de célébrer les voeux perpétuels de notre soeur Maria Esperanza.

Le frère Éric de Clermont Tonnerre, prieur du couvent de l’Annonciation, avait eu la gentillesse de proposer que la célébration ait lieu dans leur église conventuel.

Des soeurs venues de Lourdes, Toulouse, Rome, Tours, et ailleurs étaient là, ainsi que de membres de la famille de Maria Esperanza, venus de Colombie. C’est le frère Orlando Ruedo, compatriote de Maria Esperanza et socius du Maître de l’Ordre qui présidait la célébration.

La profession de notre soeur fut reçue par la prieure provinciale, soeur Véronique Margron.

D’autres photos suivront au fur et à mesure que nous les recevrons.

Merci de partager notre joie.